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Éducation en français en C.-B. : l’offre ne suit pas la demande

Le rapport du Comité sénatorial permanent des langues officielles pour renforcer l'apprentissage du français en C.-B.

Le rapport du Comité sénatorial permanent des langues officielles pour renforcer l'apprentissage du français en C.-B.

Photo : Radio-Canada / Harold Dupuis

Radio-Canada

Des sénateurs déplorent le manque d'accès à l'éducation en français en Colombie-Britannique dans leur dernier rapport, mais reconnaissent la popularité grandissante des programmes.

Un texte de Noémie Moukanda

Dans sa présentation, la présidente du Comité sénatorial permanent des langues officielles, Claudette Tardif, affirme qu’entre 1997 et 2014, le nombre d’inscriptions dans les écoles du Conseil scolaire francophone (CSF) a augmenté de plus de 75 % et que cette hausse est de 65 % dans les programmes d’immersion française. Mme Tardif estime que ces chiffres devraient faire l’objet d’une célébration, mais au lieu de cela, elle constate l’ampleur des défis et l’urgence de la réponse.

L’offre ne répond malheureusement pas à la demande. Le nombre de places dans les écoles demeure insuffisante et l’état désuet des infrastructures [constitue] des obstacles majeurs à l’éducation en français.

Claudette Tardif, présidente du Comité sénatorial permanent des langues officielles

Le rapport, intitulé Horizon 2018 : Vers un appui renforcé à l’apprentissage du français en Colombie-Britannique, comprend 17 recommandations. Il est le fruit de huit mois de travail. Près de 55 personnes ont été auditionnées et le Comité sénatorial en a rencontré 150 lors des visites des lieux. Les sénateurs ont rencontré des élèves de la Colombie-Britannique qui « ont exprimé avec éloquence leur enthousiasme à l’égard de la langue française et des perspectives qu’offre le bilinguisme ». « Des rêves brisés », se désole Claudette Tardif.

Claudette Tardif (en rouge), présidente du Comité sénatorial permanent des langues officiellesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Claudette Tardif (en rouge), présidente du Comité sénatorial permanent des langues officielles. entourée de Raymonde Gagné et de Bertrand Dupain à Vancouver

Photo : Radio-Canada / Harold Dupuis

La faute à Ottawa

Le rapport, déposé au Sénat, place Ottawa devant sa responsabilité de garant des langues officielles et donc de l’article 23 de la Charte des droits et libertés. D’ailleurs, ces 17 recommandations ont pour dessein de « permettre au gouvernement fédéral de respecter ses engagements en matière de langues officielles », souligne Mme Tardif.

La présidente du Comité sénatorial ajoute que les deux gouvernements, fédéral et provincial, doivent collaborer avec les intervenants en éducation en français pour que les recommandations de ce rapport soient mises en oeuvre. Car, croit-elle, les conclusions peuvent être étendues à l’ensemble du Canada. Cependant, le ministère de l'Éducation de la Colombie-Britannique avait refusé de participer à l'étude.

La bataille de Rose-des-vents

Le comité sénatorial se range derrière les parents de l'école Rose-des-vents dans l'ouest de Vancouver qui se battent en cour contre la province pour obtenir des écoles et des ressources similaires à celles des anglophones. Les parents revendiquent notamment de nouveaux terrains dans la métropole.

Nous exhortons la ministre des Services publics et d'Approvisionnement à intervenir auprès de la Société immobilière du Canada pour assurer l'acquisition de ces terrains, afin d'y construire deux écoles qui répondront aux besoins de la communauté francophone de Vancouver.

Raymonde Gagné, membre du Comité sénatorial

Le directeur du CSF, Bertrand Dupain pense que le fait qu'il soit reconnu « par les plus hautes instances de l'État que le gouvernement ne nous aide pas, qu’il nous met des bâtons dans les roues, c'est quelque chose de positif ».

Le français pour tous

Le rapport demande aussi au ministère de l'Éducation d’ouvrir l'accès au programme d'immersion française à quiconque souhaite apprendre la langue de Molière. Une requête qui tombe à un moment où ce programme pourtant populaire voit ses classes diminuer et qu’il subira d’autres compressions en septembre à cause d'une pénurie d’enseignants qualifiés.

Par ailleurs, le comité sénatorial se penche également sur le niveau postsecondaire. Claire Trépanier, directrice du Bureau des affaires francophones et francophiles (BAFF) de l'Université Simon Fraser, estime que ce portrait élargi qui part de la petite enfance est encourageant et « important pour les jeunes de la province ».

La réaction de Patrimoine canadien devrait être connue au plus tard en 2018 lorsque celui-ci présentera son rapport pluriannuel. Le comité sénatorial l’encourage, entre autres, à « bonifier l’enveloppe destinée à la collaboration intergouvernementale en éducation ».

D'après les informations de Geneviève Milord

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