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Les Aborigènes d'Australie veulent plus qu'une réforme constitutionnelle

Une manifestante est posée de dos et tient une pancarte lors d'un rassemblement à Sydney en 2015.

Une manifestante tient une pancarte sur laquelle on peut lire : « Votez non à une réforme constitutionnelle ».

Photo : Reuters / David Gray

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les Aborigènes de l'Australie, dont l'histoire rappelle celle des Autochtones du pays, veulent plus qu'une simple reconnaissance de leur existence dans la Constitution, qui doit se faire par référendum. Ils réclament leur souveraineté et une réforme structurelle, peut-on lire dans une déclaration écrite à la suite d'un sommet il y a quelques jours.

Un texte de Fanny Samson

Environ 250 Aborigènes et Indigènes du détroit de Torress, qui représentent 3 % de la population australienne, se sont réunis du 23 au 26 mai à Uluru, dans le Territoire du Nord, dans le cadre d’un sommet sur la reconnaissance constitutionnelle de leur peuple.

Au Canada, les droits des peuples autochtones sont reconnus dans la Constitution depuis 1982. Mais en Australie, les lois fondamentales ne mentionnent pas les peuples aborigènes et indigènes.

Un référendum sur la reconnaissance de ces peuples dans la Constitution devait se tenir ce mois-ci, pour souligner le cinquantième anniversaire de la première consultation, qui a permis aux Aborigènes de devenir des citoyens à part entière en 1967. Toutefois, l’échéance a été reportée en 2018.

 

Une « vraie réforme » réclamée

Après trois jours de rencontre et six mois de dialogues à travers les différentes régions de l’Australie, les Aborigènes ont émis une déclaration commune, dans laquelle ils affirment que leur souveraineté n’a jamais été cédée.

Le texte stipule que le haut taux d’incarcération, la détention de mineurs et la prise en charge des enfants par l’État démontrent que de réels changements sont nécessaires. « Ces dimensions de notre crise démontrent que le problème est structurel », lit-on.

Ils souhaitent qu'une commission soit lancée afin d'aboutir à un traité.

« Nous voulons une réforme constitutionnelle pour donner du pouvoir à notre peuple, pour reprendre notre place dans notre pays. »

— Une citation de  Déclaration commune

La demande d’une réforme est suivie d’une déclaration qui indique que les Aborigènes et les Indigènes du détroit de Torress sont les premiers peuples souverains de l’Australie.

Ils réclament aussi une présence aborigène au parlement, ancrée dans la Constitution.

« En 1967, nous avons été considérés. En 2017, nous voulons être entendus. »

— Une citation de  Déclaration commune

Les délégués aborigènes et indigènes vont poursuivre leurs discussions avec le gouvernement au courant des prochains mois.

Une personne tient une pancarte sur laquelle on peut dire « Décolonisez, ne reconnaissez pas. »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des Aborigènes manifestaient en 2015, près des bureaux du gouvernement à Sydney, en Australie.

Photo : Reuters / David Gray

Plus qu’un symbole

L’histoire des Aborigènes est marquée par diverses interventions, qui n’ont pas eu les effets espérés par ces peuples fondateurs. Certains groupes aborigènes ont signé des traités territoriaux, mais il n’y en a pas à l’échelle nationale, indique la directrice du département d’anthropologie de l'Université Laval, Sylvie Poirier.

« Ce que les Aborigènes demandent, c’est que ce soit plus précis et que ça aille beaucoup plus loin, vers une reconnaissance de leur souveraineté. »

— Une citation de  Sylvie Poirier, directrice du département d’anthropologie à l’Université Laval

Le gouvernement australien a présenté ses excuses officielles aux Aborigènes pour la première fois en 2008. Un geste plutôt symbolique, soutient Mme Poirier, puisque cela « n’a pas eu d’effets concrets. »

« Ils se disent, encore aujourd’hui, c’est uniquement symbolique. »

— Une citation de  Sylvie Poirier, directrice du département d’anthropologie à l’Université Laval

« L’Australie comme le Canada ont déclaré leur souveraineté sur des territoires déjà occupés par des groupes autochtones. La déclaration de cette souveraineté n’a pas tenu compte de la présence intérieure des groupes autochtones », rappelle la professeure.

Les conditions sociales et économiques ne sont pas sans rappeler celles des Autochtones du Canada. Des Aborigènes ont été forcés de quitter leur territoire, le taux de mortalité infantile est élevé et l’espérance de vie est moindre.

Avec les informations de The Guardian, Le Monde, Reuters, et RFI

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