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La mort d'une migrante clandestine unit la communauté ghanéenne

L'avenue Boundary marque la frontière canado-américaine, juste à l’est d’Emerson.

Photo : Radio-Canada / Cameron MacIntosh

Radio-Canada

La présidente de la communauté ghanéenne du Manitoba se dit troublée par la découverte du corps d'une femme au Minnesota, à moins de 1 kilomètre au sud de la frontière canadienne vendredi dernier.

Le bureau du shérif du comté de Kittson, dans l'État du Minnesota, confirme que Mavis Otuteye, une Ghanéenne âgée de 57 ans, est possiblement morte d'hypothermie en tentant de traverser illégalement la frontière canado-américaine à proximité d’Emerson. Une autopsie finale est toujours attendue, mais l’autopsie préliminaire révèle que la mort de la femme est attribuable à l'hypothermie.

« C'est très troublant, affirme la présidente de l’Union ghanéenne du Manitoba, Maggie Yeboah. J'aimerais qu'il y ait quelque chose de plus que nous puissions faire. »

« Peut-être pourrions-nous aller là-bas et voir si nous pouvons aider à effectuer des arrangements funéraires », dit-elle. Mme Yeboah aimerait avoir des réponses aux nombreuses questions qu’elle se pose au sujet de la victime. Elle se demande, entre autres qui est elle est, ce qui l’a poussée à risquer sa vie, si elle a des enfants.

Nous ne pouvons pas abandonner son corps, sans rien faire.

Maggie Yeboah, présidente de l’Union ghanéenne du Manitoba

Les champs entourant le poste frontalier d'Emerson, à l’extrême sud du Manitoba, sont devenus une véritable voie pour les réfugiés qui espèrent faire une demande d’asile au Canada.

Selon les données du gouvernement fédéral, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a intercepté 477 demandeurs d’asile au Manitoba au cours des quatre premiers mois de 2017.

En vertu de l’Entente sur les tiers pays sûrs, accord signé entre le Canada et les États-Unis le 5 décembre 2002, les migrants doivent faire leur demande de statut de réfugié dans le premier pays où ils arrivent. Ainsi, les personnes ayant déjà demandé l’asile aux États-Unis ne peuvent pas présenter une autre demande au Canada si elles arrivent par un poste-frontière officiel.

Le député conservateur à la Chambre des communes Ted Falk et le préfet de la municipalité rurale d’Emerson-Franklin, Greg Janzen, estiment tous les deux qu’il est temps de remédier aux lacunes de l’accord pour permettre « d'encourager les personnes à entrer au Canada en toute sécurité aux ports d'entrée ».

« Le Canada dispose d'un processus juridique sûr et sécurisé à tous ses aéroports et passages frontaliers terrestres pour les personnes qui souhaitent revendiquer le statut de réfugié », indique Ted Falk dans un courriel.

Beaucoup de gens traversent illégalement et dangereusement la frontière en raison de l’entente actuelle, disent les deux hommes.

Le député de la circonscription fédérale manitobaine de Provencher ajoute : « Il ne suffit plus de surveiller simplement la situation. »

Des migrants ont mis leur vie en péril pour traverser la frontière. Certains en gardent des séquelles graves, comme deux réfugiés ghanéens, qui ont perdu leurs doigts après avoir subi des engelures.

Les migrants doivent planifier leur périple, conseille un Ghanéen qui a perdu tous les doigts, Seidu Mohammed. Il ajoute toutefois qu’il ne peut pas dire aux gens de ne pas tenter de se rendre au Canada. Pour certaines personnes, c'est une question de vie ou de mort si jamais ils étaient expulsés des États-Unis et renvoyés dans leur pays d'origine.

Le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Raph Goodale, n’est pas du même avis: « Cela ne vaut jamais la peine de mettre sa vie en danger », écrit-il dans un courriel.

Selon les informations de Kelly Malone et Austin Grabish, CBC News

Manitoba

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