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« Couillard cache la vérité sur Marc-Yvan Côté », dit Lisée

Les détails avec Nicolas Vigneault

Le chef du Parti québécois Jean-François Lisée juge que le premier ministre Philippe Couillard cache la vérité sur ses rapports avec l'ancien organisateur politique Marc-Yvan Côté, qui est accusé de fraude, d'abus de confiance et de corruption par l'UPAC.

« Si le premier ministre avait dit toute la vérité dès la première fois, on n’en serait pas là. On ne peut pas le croire, il n’a plus de crédibilité sur les questions éthiques », a déclaré le chef de l’opposition officielle en point de presse mercredi matin.

Le Journal de Montréal a révélé mercredi des courriels datant du mois d’avril 2012 qui montrent que Philippe Couillard était plus proche qu’il ne le disait de l’ex-organisateur politique Marc-Yvan Côté, banni à vie du Parti libéral du Canada en 2005 pour son implication dans le scandale des commandites.

Marc-Yvan CôtéMarc-Yvan Côté Photo : Radio-Canada

Dans les courriels échangés quelques mois avant de se lancer dans la course à la direction du Parti libéral du Québec, M. Couillard offre son soutien à M. Côté à la suite de la diffusion de reportages par l’émission Enquête à Radio-Canada. Il invite aussi M. Côté à venir se relaxer à sa résidence au Lac-Saint-Jean.

Marc-Yvan Côté, un ancien vice-président de la firme de génie-conseil Roche, est associé dans ces reportages à un système de dons politiques illégaux au provincial en échange de contrats.

Un message à caractère humain

À la période de questions à l’Assemblée nationale, Philippe Couillard a indiqué qu’il a tout simplement voulu envoyer un message à caractère humain.

J’ai tendu la main à quelqu’un qui, probablement, se sentait inquiet. Je pense que tout être humain qui se respecte aurait fait quelque chose du genre.

Philippe Couillard, premier ministre du Québec

M. Couillard a confirmé qu’à la suite de ces messages, les deux hommes ne se sont pas vus.

« Il n’est pas venu me rencontrer. Ensuite, on s’est vus quand je lui ai demandé de ne pas se mêler de ma campagne à la direction et, je répète, il ne s’en est pas mêlé », a affirmé le premier ministre.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, en point de presse mercrediLe chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, en point de presse mercredi Photo : Radio-Canada

« Philippe Couillard a essayé de nous faire croire que la chose la plus importante pour lui, lorsqu’il est devenu candidat à la chefferie, c’était de bien indiquer qu’il ne devait y avoir aucun rapport entre lui et Marc-Yvan Côté. Il aurait été plus crédible en disant que, cinq mois avant, il l’avait invité à son chalet. On ne sait pas quel autre élément caché existe et qu’on va peut-être découvrir la semaine prochaine ou la suivante », a mentionné Jean-François Lisée.

« C'est un calculateur »

« Souvent, j’ai pensé que c’était peut-être son mauvais jugement. Mais là, ce n’est plus permis de penser que c’est un mauvais jugement. C’est un calculateur, Philippe Couillard », a lancé Amir Khadir, député de Québec solidaire.

De quoi le futur chef du Parti libéral pouvait-il bien avoir envie de "brainstormer" avec le déshonorant récidiviste Marc-Yvan Côté?

Éric Caire, leader parlementaire adjoint de la Coalition Avenir Québec
Le chef de la CAQ François LegaultLe chef de la CAQ François Legault Photo : Radio-Canada

« Est-ce que le premier ministre peut au moins admettre qu’il a manqué de jugement? » a ajouté François Legault, le chef de la CAQ.

Marc-Yvan Côté a été arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) le 17 mars 2016, en compagnie de l'ex-ministre libérale Nathalie Normandeau, de son chef de cabinet Bruno Lortie et de deux autres ex-dirigeants de Roche.

Il doit répondre à des accusations de complot, de corruption, de fraude et d'abus de confiance au terme d'une enquête sur l'octroi de financement politique en échange de contrats publics.

Devant la commission Charbonneau, Marc-Yvan Côté a reconnu avoir contribué à faire du financement sectoriel pour le Parti libéral du Québec, sous Jean Charest, dans l’Est du Québec, notamment de la sollicitation pour une importante activité annuelle de financement de Nathalie Normandeau, à la demande de Bruno Lortie.

Il a affirmé qu'il récoltait bon an mal an de 10 000 $ à 15 000 $ à cette occasion.

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