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Vivre 6 mois par année loin de sa famille pour marquer des touchés

Cory Watson et sa famille

Cory Watson et sa famille

Photo : Annie-Pier Gorup

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Jouer dans la Ligue canadienne de football (LCF) implique souvent le fait de déménager loin de sa ville natale et de ses proches six mois par année. Certaines conjointes choisissent de suivre leur compagnon à des milliers de kilomètres de la maison, d'autres comme la Montréalaise Annie-Pier Gorup, décident de « garder le fort » loin de la zone de buts.

Un texte de Marie-Pier Mercier

Avec le début des camps d’entraînement des équipes de la LCF la semaine dernière, nombreux sont ceux qui viennent de dire au revoir à leur famille. C’est le cas de Cory Watson, receveur de passes des Eskimos d’Edmonton, qui a pris un vol de Montréal vers la capitale albertaine en laissant sa conjointe, Annie-Pier Gorup, et ses filles de 1 et 3 ans, 3600 kilomètres derrière lui.

« Le départ a été difficile parce que je sais que je ne reverrai pas mes enfants et ma conjointe avant un long moment. Assis dans l’avion, j’ai sorti les photos de mes deux filles... et cela m’a rendu triste. »

— Une citation de  Cory Watson, receveur de passes des Eskimos d'Edmonton

« On ne se reverra pas avant le match opposant les Eskimos au Rouge et Noir à Ottawa, dans la capitale fédérale, au mois d’août », explique Annie-Pier Gorup.

« On va le voir pendant la partie, depuis les estrades, et trois heures par la suite en tête à tête. Ce sera tout jusqu'à la prochaine fois », dit-elle. Une prochaine fois qui n'aura pas lieu avant la semaine de relâche des Eskimos à la mi-septembre ou lors du match opposant Edmonton à Montréal au mois d'octobre.

Cory Watson, receveur de passe des Eskimos d'EdmontonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Cory Watson, receveur de passe des Eskimos d'Edmonton

Photo : Radio-Canada / Richard Marion

Le football fait partie de la vie de Cory Watson depuis 21 ans. Aujourd’hui âgé de 33 ans, il prend plaisir à y jouer depuis qu’il a 12 ans.

« Partir, c’est excitant aussi. Je sais que je retourne dans quelque chose que j’aime. J’adore le football. Je suis content de retrouver mes coéquipiers, mes entraîneurs, les nouveaux jeux », explique-t-il.

S’habituer à la distance

Ensemble depuis presque 10 ans, Cory Watson et Annie-Pier Gorup vivent séparés la moitié du temps, depuis presque le début de leur relation. Après cinq ans avec les Blue Bombers de Winnipeg, il entame cette année sa troisième saison avec les Eskimos d’Edmonton.

« La distance, c’est une chose, mais aussi surprenant que cela puisse paraître, on s'y habitue », explique Annie-Pier Gorup. « Ce qui est difficile, ce sont les périodes de transition. Quand il nous quitte, il y a des ajustements, et quand il revient, il y en a aussi. »

Des ajustements plus difficiles pour les deux filles, constate le couple, puisqu'elles ne se sont pas encore habituées à la distance.

« Tous les matins, la plus jeune venait me rejoindre de mon côté du lit, et la plus vieille, du côté de maman. Je crois que c’est ce qui leur indique maintenant que papa n’est plus là. »

— Une citation de  Cory Watson, receveur de passes des Eskimos d'Edmonton

Une réalité qui a apporté son lot d'anecdotes

« Il y a une différence entre accoucher pendant la saison de football et à l’extérieur de la saison. »

— Une citation de  Annie-Pier Gorup, conjointe de Cory Watson

Le couple a eu sa première fille pendant le mois de février 2014. Cory Watson était alors à la maison pendant trois mois. « C’était extraordinaire pour nous deux », explique Annie-Pier Gorup.

L'aînée des deux filles de Cory Watson et Annie-Pier GorupAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La plus vieille des deux filles de Cory Watson et Annie-Pier Gorup

Photo : Radio-Canada

Leur deuxième accouchement s’est toutefois déroulé au mois d’août 2015, en plein coeur de la saison. « On a dû organiser d’avance la date de l’accouchement en raison des matchs et des pratiques. Cory a pris un vol pour venir me rejoindre directement à l’hôpital. Six heures plus tard, j’accouchais et le lendemain, à cinq heures, il reprenait l’avion pour repartir à Edmonton », ajoute-t-elle.

La plus jeune des deux filles de Cory Watson et Annie-Pier GorupAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La plus jeune des deux filles de Cory Watson et Annie-Pier Gorup

Photo : Radio-Canada

Cette décision de vivre ainsi s'explique par des raisons professionnelles, financières et, plus récemment, par la nécessité de garder une proximité avec l’entourage immédiat, en raison de la naissance des filles, selon Annie-Pier Gorup. Pour elle, c’est important de garder un réseau de soutien des parents, des beaux-parents et des amis afin de ne pas se sentir isolée.

« J’ai une carrière qui est importante ici, à Montréal, à laquelle je voulais participer. Aussi, les perspectives de revenu font que nous avons des obligations qui se dédoublent. Nous avons une hypothèque à Montréal et un loyer à payer à Edmonton. Pour nous, c’est logique de faire cela ainsi », explique-t-elle.

Il y a également des incertitudes quant au fait de pouvoir continuer à jouer pour la LCF, ainsi que des difficultés d'avoir des perspectives à long terme, explique Annie-Pier Gorup.

« En regardant en arrière et si j'avais su que Cory allait passer cinq ans à Winnipeg, peut-être que nous aurions fait les choses autrement, mais habituellement, c’est une année à la fois dans la LCF », affirme-t-elle.

Le hors-saison

Avec l'expérience de la distance, la famille s’est créé une vie et une routine qui lui plaisent. Il est vrai que ce n’est pas toujours facile de vivre loin de l’autre pendant la moitié de l’année, dit Annie-Pier Gorup, mais les moments réunis sont « fantastiques ».

Annie-Pier Gorup, conjointe de Cory Watson, receveur de passes des Eskimos d'EdmontonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Annie-Pier Gorup, conjointe de Cory Watson receveur de passes des Eskimos d'Edmonton

Photo : Radio-Canada

« Quand Cory est à l’extérieur, c’est moi qui garde le fort, mais quand il revient, il met vraiment la main à la pâte. »

— Une citation de  Annie-Pier Gorup, conjointe de Cory Watson

« Cory est un papa très impliqué et lorsqu’il revient à la maison, il prend presque tout sous son aile. Il veut passer le maximum de temps avec ses filles », raconte Annie-Pier Gorup. « C’est un peu le contrepoids d’être parti pendant six mois. Moi, cela me donne un petit répit. »

« Je dirais que je suis chanceux de jouer au football pour passer du temps de qualité avec mes filles pendant le hors-saison. J’essaie de rattraper le temps perdu. C’est ce qui est le plus important pour moi. »

— Une citation de  Cory Watson, receveur de passes des Eskimos d'Edmonton

Une réalité qui se terminera peut-être bientôt avec la fin du contrat entre le receveur et les Eskimos d’Edmonton, à la fin de la saison 2017. D'ici un retour définitif au bercail, Annie-Pier Gorup est fière de son conjoint. « On ne choisit pas le métier des gens qu’on aime. J’admire et je trouve extraordinaire qu’il puisse vivre de sa passion à un niveau aussi élevé », conclut-elle.

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