•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Agression sexuelle : l'armée canadienne reconnaît son « manque de leadership »

Photo: La Presse canadienne / Clement Allard

Le chef d'état-major de la Défense, Jonathan Vance, dit accepter intégralement les conclusions d'une enquête interne qui affirme que les Forces armées canadiennes (FAC) ont fait preuve d'un manque élémentaire de leadership à l'égard de l'ex-caporale Stéphanie Raymond, congédiée des FAC après avoir porté plainte pour agression et harcèlement sexuels.

Le général Vance a publié mardi une déclaration dans laquelle il commente les conclusions d'une enquête interne qu'avait instaurée en 2015 son prédécesseur, Tom Lawson, pour faire la lumière dans ce dossier en particulier.

Les conclusions comme telles de la commission d'enquête n'ont pas été rendues publiques. Mais dans sa déclaration écrite, Jonathan Vance dit les accepter en totalité, précisant qu'une vaste partie des recommandations faites par les enquêteurs ont déjà été implantées. Les autres recommandations doivent être mises en oeuvre aussi rapidement que possible, a ajouté le chef d'état-major, sans en détailler la teneur.

Jonathan Vance fait état des problèmes soulevés par le rapport, soit l'incapacité des Forces armées canadiennes à saisir « les profondes répercussions de l'incident du 15 décembre 2011 » sur Stéphanie Raymond et le manque de leadership dans le traitement de sa plainte.

Stéphanie Raymond a été expulsée des rangs de l'armée en 2013, après avoir déposé une plainte formelle dans laquelle elle allègue avoir été violée et harcelée en 2011 par son supérieur hiérarchique, l'adjudant André Gagnon.

L'adjudant Gagnon a été acquitté en cour martiale dans cette affaire. Par la suite, Stéphanie Raymond a reçu des excuses de la part du général Lawson, qui a reconnu qu'elle n'avait pas été traitée correctement par ses supérieurs et qu'elle avait été congédiée à tort.

En 2016, la Cour suprême a reconnu à Stéphanie Raymond le droit de faire appel de l'acquittement de l'adjudant André Gagnon.

Le cas de Stéphanie Raymond : un catalyseur parmi d'autres

Stéphanie Raymond a été mise au courant mardi des conclusions de l'enquête interne et réclamerait qu'elles soient rendues publiques. La Presse canadienne rapporte, de plus, que l'ancienne caporale et son avocat ont reçu, du général Vance, une lettre dans laquelle ce dernier ne reconnaîtrait pas les représailles dont Mme Raymond a été victime, à la suite du dépôt de sa plainte.

Le cas de Stéphanie Raymond était l'un de ceux cités par le magazine L'actualité en mai 2014, dont les révélations ont mené à la création, deux ans plus tard, de la vaste opération « Honneur » destinée à mettre un terme aux inconduites de nature sexuelle dans les Forces armées canadiennes.

Cette opération visait à faire faire aux Forces armées un virage à 180 degrés après que la juge à la retraite Marie Deschamps eut décrié, au terme d'une enquête indépendante, la culture des Forces armées canadiennes « hostile aux femmes » et aux minorités sexuelles. Ce qui la rend « propice aux incidents graves que sont le harcèlement sexuel et l'agression sexuelle », avait alors statué Marie Deschamps.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

Justice et faits divers