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Les Québécois consomment moins d'alcool qu'il y a cinq ans

Du vin qu'on verse dans un verre

Du vin qu'on verse dans un verre

Photo : iStock

Radio-Canada

Si la moyenne des Québécois consomment de l'alcool plus modérément qu'il y a cinq ans, plus d'un million et demi d'entre eux continuent de consommer de façon excessive, selon une enquête d'Éduc'alcool. Une situation que l'organisme attribue à l'inaction du gouvernement.

En cinq ans, la consommation moyenne hebdomadaire est passée de 3,3 verres à moins de 3 verres par personne. La consommation au cours d’une seule occasion a également diminué, passant de 2,5 à 2,2 verres.

En contrepartie, 6 % à 7 % des répondants admettent boire des quantités excessives d'alcool de façon hebdomadaire.

De plus, 11 % des consommateurs d'alcool estiment que leur consommation nuit à leur santé. C’est pratiquement le double d’il y a cinq ans.

Le gouvernement montré du doigt

Selon le directeur général d’Éduc’alcool, Hubert Sacy, cette hausse résulte d’une plus grande prise de conscience à la suite des efforts de sensibilisation menés par l’organisme, mais est également le reflet de la réalité.

La situation aurait sans doute été bien meilleure, n’eût été de l’insoutenable indifférence et du laxisme continuel de l’État québécois, dont toutes les décisions relatives à l’alcool sont systématiquement à l’opposé de ce qu’il convient de faire.

Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool

Pour enrayer la banalisation de la consommation excessive d’alcool, l’éducation à elle seule ne suffit pas, note Hubert Sacy. Le directeur souligne que les individus qui consomment trop sont déjà bien au fait des effets de leur consommation, et ne seront pas influencés par l’éducation, mais plutôt par les contextes de consommation, lesquels relèvent du gouvernement.

« On demande au gouvernement de faire son travail, c’est-à-dire d’arrêter de banaliser l’alcool dans la société, d’arrêter de dire qu’ils font baisser les prix de l’alcool, de mettre des barrages policiers davantage sur les routes, de rendre le cours Action Service obligatoire », a précisé M. Sacy en entrevue à RDI.

Le cours Action Service est une formation donnée par l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ) qui s'adresse à tous les propriétaires et les employés d'établissements détenant un permis d'alcool. La formation permet, entre autres choses, d'apprendre à identifier et à gérer les clients qui boivent trop dans le but de prévenir tout incident et d'assurer la sécurité des clients et de l'établissement.

La consommation d'alcool des Québécois en bref :

  • 8 Québécois sur 10 boivent de l'alcool;
  • 6 Québécois sur 10 boivent de la bière;
  • le vin est la boisson la plus populaire, consommée par les trois quarts des Québécois;
  • la consommation moyenne d'alcool est passée de 3,3 à 3 verres par semaine en cinq ans;
  • la consommation au cours d'une même occasion est passée de 2,5 à 2,2 verres;
  • 1 consommateur sur 10 a senti que sa consommation nuisait à sa santé physique.

Source : Éduc'alcool

Les barrages routiers influencent les comportements

L'alcool au volant demeure l'une des questions prioritaires pour l'organisme. Éduc'alcool soutient que « le premier déterminant des changements de comportements sur les routes est la perception que l’on va se faire arrêter si l’on viole les lois ». Autrement dit, un individu sera davantage porté à conduire avec des facultés affaiblies s'il croit qu'il ne sera pas arrêté.

Les résultats de l'enquête semblent confirmer cette tendance : 6 % des répondants admettent avoir pris le volant alors qu’ils avaient dépassé la limite légale pour conduire. Parallèlement, 7 conducteurs sur 10 disent n'avoir aperçu aucun barrage policier au cours de la dernière année.

Méfiance injustifiée de la consommation régulière

Ironiquement, si les Québécois semblent tolérer une consommation excessive lorsqu'elle est occasionnelle, ils jugent sévèrement une consommation modérée régulière, même lorsqu'elle se situe à l’intérieur des limites de consommation d’alcool à faible risque.

De fait, l'enquête révèle qu'une femme qui prend 2 verres par jour, 5 jours par semaine, et un homme qui prend 3 verres, 5 jours par semaine, sont perçus comme des alcooliques en puissance par 6 Québécois sur 10. Même lorsque leur consommation se limite à 1 verre par jour, 5 jours par semaine, près de 4 individus sur 10 évoquent l’alcoolisme.

Éduc'alcool voit dans ces résultats l'occasion de rééquilibrer chez les Québécois le rapport quantité-fréquence dans la consommation d’alcool, afin de dédramatiser la consommation régulière, pourvu qu’elle soit modérée, et mettre en garde contre la consommation excessive, même occasionnelle.

Les résultats proviennent d'un sondage Crop réalisé par téléphone pour le compte d'Éduc'alcool auprès de 1139 Québécois adultes.

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