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Ottawa octroie 4 M$ à la recherche sur la maladie de Lyme

Les détails avec Anne-Louise Despatie

La ministre de la Santé du Canada, Jane Philpott, a annoncé mardi un investissement de 4 millions de dollars afin de diagnostiquer plus rapidement et de mieux traiter la maladie de Lyme, qui frappe chaque année près d'un millier de Canadiens.

Un texte d'Anne-Marie Lecomte

Ces fonds supplémentaires seront dévolus à la création d’un réseau de recherche, a expliqué Jane Philpott en conférence de presse, mardi, à Ottawa.

Depuis 2009, la maladie de Lyme chez les humains est une maladie à déclaration obligatoire à l’échelle nationale. En 2015, on avait enregistré 914 cas au Canada et en 2016, 840 cas.

La ministre Philpott estime qu'il est important que les Canadiens soient informés du risque de contracter cette maladie infectieuse causée par la bactérie Borrelia burgdorferi, qui se transmet aux humains par la morsure de certains types de tiques infectées.

La morsure de ces tiques minuscules ne cause généralement aucune douleur, et la maladie s'accompagne d'une grande variété de symptômes. Par conséquent, son diagnostic s'en trouve compliqué, explique Mme Philpott, qui, en tant que médecin de famille en Ontario, a eu elle-même à traiter de ces cas d'infection.

« Et pratiquement chaque été, dit-elle, quelqu'un à mon chalet de Big Rideau Lake est victime d'une morsure de tique ».

La population de tiques qui peut être porteuse de la maladie de Lyme est en expansion et elle est maintenant établie dans diverses régions du Canada.

Jane Philpott, ministre de la Santé du Canada

Ainsi, des régions qui semblaient épargnées auparavant sont maintenant touchées. C'est le cas d'Ottawa : mardi dernier, Santé publique Ottawa a désigné cette ville comme zone à risque pour la maladie de Lyme, une première dans la capitale fédérale.

 

Le projet d'Elizabeth May

Fin 2014, le gouvernement fédéral avait adopté un projet de loi pour lequel un cadre vient d'être établi afin :

  • de surveiller médicalement l'évolution des taux d'incidence et des coûts économiques liés à la maladie de Lyme;
  • d'éduquer et de sensibiliser les médecins et autres professionnels de la santé;
  • d'établir les lignes directrices pour prévenir et identifier la maladie, de même que de mettre en commun les bonnes pratiques.

C'est la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, qui avait présenté ce projet de loi à la Chambre des communes. La première lecture du projet avait été menée en juin 2012. Depuis, l'initiative d'Elizabeth May a bénéficié du soutien unanime et non partisan des députés et des sénateurs, selon Mme May, qui était aux côtés de la ministre Philpott lors de la conférence de presse, mardi.

Éduquer les citoyens et aussi les médecins

De l'avis de Mme May, les citoyens de partout au pays sont maintenant à risque de contracter la maladie de Lyme. Mais parce qu'ils ne sont pas toujours conscients de cette nouvelle réalité, les médecins ne posent pas toujours le bon diagnostic : « Devant un patient qui se plaint d'étranges picotements musculaires, un médecin croira avoir affaire à un cas de sclérose en plaques ou de fibromyalgie ou encore de fatigue chronique », explique Elizabeth May.

Pareilles erreurs diagnostiques sont d'autant plus regrettables que, plus le temps passe, plus l'état du patient va se détériorer. En revanche, « il est facile de remettre un patient sur pied lorsque la maladie est détectée tôt », dit Elizabeth May.

Santé Canada cite les signes et symptômes suivants pouvant être observés lors de l'infection par la maladie de Lyme : éruption cutanée, fièvre, frissons, maux de tête, fatigue, douleurs musculaires et articulaires, etc.

S'ils ne sont pas traités, des symptômes plus graves peuvent se produire et durer pendant des mois, voire des années. Par exemple : maux de tête, paralysie faciale, douleurs intermittentes des muscles, des os, des articulations et des tendons, troubles cardiaques, etc.

Dans de rares cas, la maladie de Lyme peut entraîner la mort.

Les efforts du gouvernement de Justin Trudeau ne paraîtront peut-être pas suffisants aux yeux de ceux qui se préoccupent de ce dossier, dit en substance la chef du Parti vert du Canada, mais « c'est une bonne étape », dit-elle.

« Plus de recherche est nécessaire, mais trop peu de chercheurs s'y consacrent », déplore-t-elle, ajoutant qu'en Europe, où l'on assiste aussi à une expansion de la maladie, « des vaccins sont envisagés ».

Les changements climatiques au banc des accusés

Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique par intérim au Canada, considère que « nous sommes à la croisée des chemins dans la lutte contre la maladie de Lyme ». Les années à venir seront cruciales pour colliger les données et accroître les connaissances.

De plus, de dire Mme Tam, les autorités gouvernementales coopèrent avec les spécialistes du climat : « Nous devons être vigilants relativement aux changements climatiques [...] L'établissement de la population de tiques est souvent lié à la température et à l'environnement.

« Si une région en particulier se réchauffe de manière inhabituelle, cela crée des conditions favorables d'établissement pour les tiques et, par extension, pour la maladie de Lyme », affirme Theresa Tam.

Vigilance!

Avec la saison estivale qui s'amorce, il est recommandé de repérer sans tarder les tiques et de les retirer rapidement s'il y a eu morsure.

La tique se retrouve dans des régions boisées et dans les endroits où se trouvent de hautes herbes.

Le port de vêtements longs de couleurs pâles, de souliers fermés et d'un chapeau est de mise. Et il ne faut pas lésiner sur le chasse-moustiques.

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