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Divorce entre les Alouettes et Bear Woods

Bear Woods
Bear Woods Photo: Getty Images / Minas Panagiotakis

SHERBROOKE – Le double lauréat du titre de joueur défensif par excellence de l'Est lors des trois dernières années se retrouve désormais libre comme l'air. Bear Woods n'est effectivement plus un membre des Alouettes depuis lundi.

Un texte de Félix St-Aubin

Cette annonce a de quoi surprendre en raison de l'indéniable talent du secondeur intérieur, mais également puisqu'elle survient après une seule journée d'activités au camp d'entraînement.

Woods n'a pas ralenti au cours de la dernière saison, bien au contraire. Il a atteint des sommets personnels en 2016 pour les plaqués (125), les interceptions (2) et les échappés provoqués (3). Et c'est sans compter sa récolte de cinq sacs du quart, deux de moins que sa marque établie en 2014.

Le changement de main au sein de l'état-major montréalais a coïncidé avec quelques remaniements dans l'unité de Noel Thorpe. Woods est le troisième joueur défensif de renom à quitter l'organisation. Il suit les traces du plaqueur Alan-Michael Cash et du secondeur Winston Venable.

Les Argonauts de Toronto ont saisi l'occasion à deux mains d'ajouter deux anciens porte-couleurs des Alouettes avec les mises sous contrat de Cash et de Venable. Compléteront-ils le tour du chapeau avec Woods?

Le nouveau directeur général Jim Popp l'a vu gravir les échelons un à un depuis ses premiers pas dans la métropole québécoise en 2011. Il connaît sa valeur sur le terrain et sait que ses deux nominations dans l'équipe d'étoiles de la Ligue canadienne ne sont pas le fruit du hasard.

Une histoire à suivre.

Divergence d'opinions?

Présent aux abords du terrain du Coulter Field, domicile des Gaiters de l'Université Bishop's, Kavis Reed a adressé quelques mots aux médias pour expliquer sa décision de libérer l'un des meneurs d'hommes de la défense montréalaise.

« Nous discutions de cette éventualité depuis quelques mois et évaluions la situation afin de déterminer si un joueur pouvait prendre la place de Bear. Nous croyons fermement que nous misons sur quelques individus qui peuvent bien performer à la position de secondeur intérieur. »

Pour l'instant, trois joueurs sont perçus comme possibles remplaçants de Woods au centre du bataillon défensif : la recrue Anthony Sarao, le Québécois Nicolas Boulay et le nouveau venu Frédéric Plesius.

Sarao, un produit de la prestigieuse institution des Trojans de l'Université Southern California (USC), serait d'emblée le favori pour chausser les crampons de Woods. Mais rien n'est encore joué pour l'athlète de 24 ans.

Il vaut mieux prendre une décision une année plus tôt qu’une année trop tard. Lorsque tu crois fermement qu'un joueur plus jeune est mûr pour assumer un rôle similaire et pour se développer afin de devenir un joueur vedette, il faut prendre cette décision.

Le directeur général Kavis Reed

La manière de procéder dans le dossier Woods n'a pas semblé plaire à Jacques Chapdelaine. L'entraîneur-chef des Moineaux aurait apprécié que la libération du secondeur étoile survienne quelques jours plus tôt.

« D'après moi, une décision d'affaires devrait se produire avant qu'on arrive au camp d'entraînement. Dans le meilleur des mondes, ce serait comme cela », a indiqué Chapdelaine.

« J'en ai parlé avec Kavis, on a eu une bonne discussion très honnête et on est tous les deux d'accord. On aurait aimé que cette décision soit prise avant le camp d'entraînement. Malheureusement, les choses n'ont pas été faites comme ça », a-t-il enchaîné.

Chapdelaine a répété à quelques reprises qu'il acceptait l'étonnante manoeuvre de son supérieur, ajoutant toutefois au passage que « pour le respect et la dignité du joueur », il serait préférable d'agir d'une autre façon à l'avenir.

Anthony Sarao (no 56) et Christian McCaffrey (no 5)Anthony Sarao (no 56) et Christian McCaffrey (no 5) Photo : La Presse canadienne / Marcio Jose Sanchez

Le pilote n'a pas voulu établir une corrélation entre la terminaison du contrat de Woods et la présence de Sarao au poste de secondeur intérieur durant la deuxième journée du camp d'entraînement.

« C'est un jeune joueur qui fait bien. La décision n'a pas été prise en fonction de sa performance uniquement. Ce n'est pas strictement une décision de football. Anthony affiche une bonne progression, il a une courbe d'apprentissage, comme n'importe quel jeune joueur. »

« Je trouve qu'il a de bonnes qualités physiques, mais on doit lui donner une occasion de voir quelqu'un d'autre compétitionner avec lui. Il y a une possibilité pour [remplacer Bear Woods]. C'est un candidat, mais ça ne veut pas dire qu'il est nécessairement sélectionné [pour ce poste] », a-t-il renchéri.

Chapdelaine a rencontré ses protégés durant de longues minutes avant le traditionnel échauffement. Il leur a fait part de la surprenante direction empruntée concernant Woods, un joueur fort apprécié et respecté dans l'entourage de l'équipe.

« J'ai une philosophie quand même assez simple. Je dis aux joueurs que je vais les respecter. Leur bien-être m'importe. Nous voulons gagner et nous voulons les mettre dans une position de succès. J'ai exprimé aux joueurs la même chose que j'ai formulée publiquement », a assuré l'homme de 55 ans.

Et dire que la deuxième journée du camp d'entraînement n'est pas encore terminée.

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