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L’énigmatique Jupiter se dévoile peu à peu

Séquence d'images captées par la sonde Juno et dont la couleur a été modifiée.
Séquence d'images captées par la sonde Juno et dont la couleur a été modifiée. Photo: NASA/SWRI/MSSS/Gerald Eichstädt/Seán Doran
Radio-Canada

Les premières études publiées à partir des données recueillies par la sonde Juno, en orbite autour de Jupiter depuis bientôt un an, permettent aux astrophysiciens de mieux comprendre sa composition, sa magnétosphère et ses pôles. Sans compter les magnifiques images que la mission renvoie vers la Terre. Premier bilan de mission.

Un texte d'Alain Labelle

Juno a été placée en orbite autour de la géante gazeuse le 5 juillet 2016, après un voyage de 2,8 milliards de kilomètres depuis son lancement en 2011. L’orbiteur de la NASA a depuis réalisé un passage à quelque 5000 kilomètres du sommet nuageux équatorial de la planète gazeuse.

Il a également survolé les deux pôles de la planète. L’orbite elliptique de Juno permet aux scientifiques de la mission de réaliser des observations totalement nouvelles et de littéralement voir Jupiter sous un autre angle.

Selon le Dr Scott Bolton, du Southwest Research Institute aux États-Unis, les 46 recherches publiées dans la revue Science et les Geophysical Research Letters redéfinissent nos connaissances de la plus grosse planète de notre système solaire, mais aussi sur des planètes de type géante gazeuse en général, comme Saturne. Ces dernières ne possèdent pas de surface rocheuse comme Mars, Terre, Vénus et Mercure.

Ce que nous avons appris jusqu'ici est bouleversant, un véritable tremblement de terre... Ou devrais-je dire un tremblement de Jupiter!

Dr Scott Bolton
Cette image montre le pôle Sud de Jupiter lorsque la sonde Juno se trouvait à  52 000 kilomètres d'altitude. Les formes ovales sont d'énormes ouragans.Cette image montre le pôle Sud de Jupiter lorsque la sonde Juno se trouvait à 52 000 kilomètres d'altitude. Les formes ovales sont d'énormes ouragans. Photo : NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS/Betsy Asher Hall/Gervasio Robles

Un monde complexe, gigantesque et turbulent

Les neuf instruments embarqués sur la sonde ont détecté :

  • des masses brillantes de formes ovales à ses pôles, qui sont en fait de colossaux ouragans dont certains peuvent atteindre un diamètre de 1400 kilomètres;
  • un champ magnétique environ dix fois plus puissant que celui de la Terre, beaucoup plus intense que ce que prévoyaient les modèles mathématiques;
  • des aurores boréales qui se comportent de manière totalement différente de celles que l’on observe sur Terre. Elles sont en effet alimentées par les électrons qui sont aspirés dans la région polaire, ce qui tend à montrer que la planète alimente ses aurores en lumière;
  • des panaches d’ammoniaque qui se forment à partir de la zone équatoriale, formant des systèmes météorologiques géants ressemblant à une version à grande échelle des courants d’air qui s’élèvent de l’équateur terrestre et génèrent les alizés;
  • des sons étranges dans l’énorme magnétosphère de la planète, qui se contracte et se développe selon les mouvements du vent solaire.
Le couvert nuageux de Jupiter montre des tempêtes dans son hémisphère sud.Le couvert nuageux de Jupiter montre des tempêtes dans son hémisphère sud. Photo : NASA/JPL-Caltech/SwRI/MSSS/Bjorn Jonsson

Juno, qui pèse 3,6 tonnes et qui est aussi longue qu'un terrain de tennis, a aussi commencé à cartographier le champ magnétique de Jupiter.

Pour l’heure, les informations recueillies ne permettent pas de déterminer si elle possède un noyau solide, comme certains modèles le prédisent. Peut-être qu’il existe en son centre un petit noyau solide, mais sa composition reste inconnue.

Image de couleurs augmentées des aurores situées au pôle Sud de Jupiter. Image de couleurs augmentées des aurores situées au pôle Sud de Jupiter. Photo : NASA

La sonde Juno a réalisé 5 survols, sur les 33 prévus à la mission. Son prochain survol est prévu pour le 11 juillet prochain et doit analyser sa grande tache rouge.

Simulation du champ magnétique de Jupiter. Les lignes en bleu et en magenta correspondent à un champ intense. Celles en vert et en jaune plus faibles. Ces champs magnétiques influencent les vents sur Jupiter, ce qui les fait souffler à la fois à l'est et à l'ouest.  Plus les lignes sont fortes, plus les vents sont importants.Simulation du champ magnétique de Jupiter. Les lignes en bleu et en magenta correspondent à un champ intense. Celles en vert et en jaune plus faibles. Ces champs magnétiques influencent les vents sur Jupiter, ce qui les fait souffler à la fois à l'est et à l'ouest. Plus les lignes sont fortes, plus les vents sont importants. Photo : Université Newcastle

Toutes ces données et celles qui s’ajouteront d’ici la fin de la mission cet automne (elle pourrait être prolongée) aideront à mieux comprendre la création de notre système solaire, il y a environ 4,5 milliards d’années.

C’est que la formation de Jupiter a affecté le développement et la position de toutes les autres planètes de notre système. Selon les théories, l'immense champ gravitationnel de Jupiter aurait protégé la Terre du bombardement de comètes et d'astéroïdes.

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