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Le gouvernement de l'Ontario entend protéger l'accès aux cliniques d'avortement

Le procureur général de l'Ontario, Yasir Naqvi
Le procureur général de l'Ontario, Yasir Naqvi Photo: Radio-Canada / Julie-Anne Lapointe

Le gouvernement de l'Ontario répond favorablement à la demande du maire d'Ottawa de protéger les femmes près des cliniques d'avortement.

Le procureur général de la province, Yasir Naqvi, a annoncé lundi matin que les libéraux déposeront un projet de loi à l'automne pour créer des « zones d'accès sécuritaires » près des cliniques d'avortement.

Le ministre n'a pas précisé en quoi consisteront ces mesures, mais il a assuré que le gouvernement consultera le milieu de la santé, des avocats et les groupes concernés pour élaborer le projet de loi.

« Toutes les femmes de l'Ontario ont le droit de prendre leurs propres décisions relativement à leur santé et elles méritent de pouvoir le faire librement », a déclaré M. Naqvi dans un point de presse en compagnie du maire d'Ottawa, Jim Watson.

Il y a eu des situations où elles se sont fait harceler et cracher dessus, se font appeler des noms.

Simone Thibault, directrice générale du Centre de santé communautaire du centre-ville d'Ottawa

Selon la directrice générale du Centre de santé communautaire du centre-ville d'Ottawa, Simone Thibault, la situation de certaines femmes et de certains employés est devenue intenable.

« Ce n'est pas évident. Tu t'en vas pour des soins médicaux et tout d'un coup, tu te fais harceler par des gens que tu ne connais pas. Ce n'est pas facile pour une femme qui est dans une situation très vulnérable dans le moment », explique Mme Thibault.

Cette annonce survient quelques jours à peine après que M. Watson eut saisi la province relativement à des patientes et des employés de la clinique Morgentaler, au centre-ville d'Ottawa, qui ont signalé avoir été importunés à répétition par des manifestants anti-avortement qui tentaient de les empêcher d'entrer dans la clinique.

« Certainement, s'il y a un problème maintenant d'ici l'adoption du projet de loi à l'automne de cette année, c'est nécessaire pour les membres du personnel, ou les femmes ou toute autre personne d'appeler le 911 et rapporter la situation. Certainement, la police est là pour protéger les personnes », a déclaré M. Watson.

En avril, le chef du Service de police d'Ottawa (SPO), Charles Bordeleau, a publié une déclaration dans laquelle il expliquait que les agents affectés à la surveillance des manifestations « ont la tâche difficile de veiller à la sûreté et à la sécurité de tous ceux qui sont impliqués ».

M. Bordeleau y soulignait également que des policiers ont été accusés de ne pas avoir respecté les droits des manifestants rassemblés à l'extérieur de la clinique.

Si le comportement est paisible, pourquoi est-ce que la présence de gens pro-vie serait un problème?

Louise Harbour, directrice générale d'Action pour la vie

Selon le chef Bordeleau, la clinique Morgentaler devrait faire appel aux tribunaux si elle « souhaite obtenir une zone autour des lieux dans laquelle les manifestations seraient interdites », puisque le SPO n'a pas l'autorité nécessaire pour le faire.

Des militants pro-vie inquiets

Pour l'association Action pour la vie, un groupe qui se dit « à caractère éducatif » et qui n'organise pas de manifestations, il faut d'abord prouver qu'il y a un comportement inapproprié avant d'adopter une loi restrictive.

« Premièrement, si ce comportement se passait réellement, il n'y a personne dans le mouvement pro-vie qui appuierait un tel comportement. Mais il faudrait quand même que la clinique ait à prouver ces accusations, il faudrait qu'il y ait un procès », a déclaré la directrice générale d'Action pour la vie, Louise Harbour.

Mme Harbour soutient que le mouvement pro-vie en est un « pacifique » et qu'en 23 ans d'existence, il s'agit de la première fois qu'on note des problèmes à la clinique Morgentaler.

« Le maire a dit qu'il examinait de quelle façon la Ville d'Ottawa pouvait appuyer la clinique, parce qu'il voulait éviter que la clinique ait à aller en cour et devoir payer des frais dispendieux, mais pourquoi? Il devrait y avoir une investigation », affirme Mme Harbour.

Avec les informations de Julie-Anne Lapointe

Ottawa-Gatineau

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