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Pensionnats autochtones : Trudeau invite le pape à s'excuser

Le reportage de Marc Godbout
Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau a demandé lundi au pape François de présenter les excuses officielles de l'Église catholique aux victimes des pensionnats autochtones canadiens, à l'occasion d'une « conversation extraordinaire », « émouvante » et « réfléchie », a-t-il dit. La rencontre qui s'est tenue au Vatican était encadrée par un protocole rigide.

Le premier ministre du Canada a soulevé comme prévu cette demande d’excuses formelles concernant la responsabilité de l’Église catholique pour les nombreux abus commis dans les pensionnats autochtones.

« Je lui ai parlé du désir profond des Canadiens d'avancer vers une véritable réconciliation avec les peuples autochtones, et j'ai souligné comment il pouvait y contribuer en présentant des excuses », a-t-il raconté lors d'un bref point de presse au terme de la rencontre.

Il m'a rappelé que toute sa vie a été consacrée à aider les personnes marginalisées du monde, à se battre pour elles. Et il m'a dit qu'il compte travailler très bientôt avec moi et avec les évêques canadiens pour tracer le chemin que nous allons prendre afin d'y arriver.

Justin Trudeau, après avoir discuté avec le souverain pontife

« Je l'ai invité à venir au Canada dans les prochaines années », a ajouté M. Trudeau. Les autorités canadiennes espèrent que le pape profitera de cette visite pour présenter ses excuses aux communautés autochtones.

Il s’agissait de l’un des 94 appels à l’action formulés à l’issue de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Le rapport de décembre 2015 demandait que les excuses soient présentées par le souverain pontife lui-même en sol canadien.

M. Trudeau avait mentionné à l’époque qu’il ne pouvait pas obliger le pape à s’excuser, mais qu’il souhaitait « ardemment un engagement constructif de l’Église ».

En 2009, le pape Benoît XVI avait exprimé sa peine quant aux traitements subis par les Autochtones dans les pensionnats, sans toutefois s’excuser.

La pression est grande sur Justin Trudeau pour faire avancer ses promesses envers les Premières Nations. Son gouvernement est critiqué en ce moment pour les retards dans les travaux de son Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Les attentes sont énormes et l’obtention d’excuses du pape François serait un symbole fort pour les peuples autochtones du Canada.

Le premier ministre Justin Trudeau à la rencontre du pape François.Le premier ministre Justin Trudeau à la rencontre du pape François. Photo : Reuters

Un tête-à-tête dans la plus grande intimité

Les deux hommes ont aussi profité de leur rencontre d'une trentaine de minutes pour aborder les thèmes de l’intégration, de la liberté religieuse et de la situation au Moyen-Orient.

« Je l'ai félicité pour le leadership dont il fait preuve sur la scène mondiale en matière de changements climatiques, a aussi mentionné Justin Trudeau. Nous avons parlé de l'importance de souligner les fondements scientifiques du besoin de protéger la planète. »

Dans un bref communiqué diffusé après la rencontre, le Vatican a de plus précisé qu’il a été question de la contribution de l’Église catholique au Canada et des relations entre Ottawa et le Saint-Siège.

Le Vatican entretient des relations avec plus de 180 pays. Des visites de dignitaires étrangers se déroulent sur une base quasi quotidienne. Il accorde de 450 à 500 audiences privées par année.

Comme le veut la tradition, Justin Trudeau a remis un cadeau au pape après leur entretien, qui se déroulait au palais apostolique.

Il lui a remis un des rares exemplaires des notes originales des premiers Jésuites au Canada. Cette collection de volumes Relations des Jésuites a été publiée en 1972 et regroupe des rapports annuels rédigés par les missionnaires jésuites en Nouvelle-France. Le pape a aussi reçu un dictionnaire montagnais-français écrit par un père jésuite au 17e siècle.

Stephen Harper, qui avait rencontré le pape François en 2015, n’a jamais demandé d’excuses en lien avec les pensionnats autochtones. Son audience avait duré 10 minutes.

La dernière visite d’un souverain pontife au Canada remonte à 2002. Jean-Paul II était venu à Toronto pour célébrer la Journée mondiale de la jeunesse.

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