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À Paris, un festival partiellement « interdit aux Blancs » fait polémique

La mairesse de Paris, Anne Hidalgo

La mairesse de Paris, Anne Hidalgo

Photo : La Presse canadienne / Christophe Ena

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

En France, des voix s'élèvent pour dénoncer la tenue d'un festival « afroféministe militant », qui prévoit des espaces accessibles exclusivement aux femmes noires. Alors que la mairie de Paris demande carrément l'interdiction du festival, le collectif Mwasi, qui organise l'événement, se dit victime d'une campagne d'intimidation.

Le Nyansapo Fest, présenté comme le premier festival afroféministe militant à l’échelle européenne consiste en un mélange de concerts, de tables rondes et de conférences portant sur le racisme et le sexisme envers les femmes noires. Il doit se dérouler dans un local du 11e arrondissement qui appartient à la Ville de Paris, du 28 au 30 juillet prochain.

La polémique autour du festival découle de la division de ses accès. Le Nyansapo Fest doit en effet être séparé en quatre zones : un espace « non mixte femmes noires » (80 % du territoire), un espace « non mixte personnes noires », un espace « non mixte femmes racisées », et un dernier « ouvert à tou.te.s », peut-on lire sur le site web de l’événement.

Image représentant le premier Nyansapo Festival, un événement afroféministe prévu du 28 au 30 juillet prochain à Paris.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier Nyansapo Fest, un événement afroféministe, doit se dérouler à Paris du 28 au 30 juillet prochain.

Photo : Courtoisie: Collectif Mwasi

L'annonce du festival a fait bondir sur Twitter la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, qui a condamné avec fermeté la tenue de cet événement « interdit aux Blancs ».

La mairesse écrit en outre qu'elle envisage de « poursuivre les initiateurs de ce festival pour discrimination » et qu’elle compte saisir le préfet de police pour interdire la tenue de l’événement.

 

Des visions qui s'entrechoquent

Un organisme militant, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), a pris position vendredi contre le festival sur Twitter, estimant que le « combat antiraciste est devenu l’alibi d’un repli identitaire ».

Le président de la LICRA, Alain Jakubowicz, a également dénoncé un festival qu’il qualifie de « terrifiant et désespérant » dans un entretien accordé à La Chaîne info, un média français.

La tenue du Nyansapo Fest a aussi fait réagir le Front national (FN), par l’entremise de Wallerand de Saint-Just, président du FN au sein de la région de l'Île-de-France (Paris).

Dans un tweet publié vendredi, Wallerand de Saint-Just s’insurgeait contre « un festival interdit aux Blancs dans des locaux publics » et priait Anne Hidalgo de s’expliquer sur ce scandale.

Le principe de « non-mixité » au cœur du débat

Des associations militantes considèrent qu’il est nécessaire d’avoir des espaces non mixtes pour créer des rapports de force en réponse aux manifestations de discrimination visant certaines classes de citoyens.

Les partisans de la « non-mixité » arguent que les espaces sécurisés de discussions (safe space) permettent de libérer la parole des groupes minoritaires ou des populations marginalisées en favorisant les échanges entre participants sans crainte de jugement, de condamnation ou de culpabilisation.

Les détracteurs du principe soutiennent pour leur part que ce genre d’initiative nuit au dialogue social en accentuant les différences entre les citoyens.

Dans un communiqué diffusé sur Facebook, le collectif Mwasi se dit victime d'une « campagne d'intimidation et de harcèlement orchestrée par la fachosphère, élus FN, trolls d'extrême droite, mais aussi la LICRA, leurs allié.e.s de la gauche-pas-raciste et aujourd'hui la maire de Paris, Anne Hidalgo ».

Le collectif ajoute que cette « campagne d'intimidation » s'inscrit « dans la longue tradition du Parti socialiste de vouloir détruire toute initiative des racisé.e.s qu'ils ne peuvent pas récupérer ».

Sur son site web, le collectif Mwasi se décrit comme une organisation afroféministe créée en 2014, qui lutte « contre les discriminations liées à la classe, au genre, à la sexualité, à la santé, à la religion ».

En plus de prendre part à des activités militantes, le collectif soutient aussi des projets entrepreneuriaux et sociaux développés par des « afrodescendants » de même que la création de contenu culturel et éducatif destiné à ce même groupe.

Le collectif Mwasi, qui se dit « non mixte », se défend en outre d’être contre les « hommes […] ou les autres groupes ethnoraciaux », affirmant plutôt que son action est pensée de façon à favoriser l’émancipation et l’autodétermination de ses membres (les femmes noires).

Les organisateurs du festival comptent aller de l'avant malgré les menaces. « On est là, on [ne] bouge pas, notre festival sera militant, radical et flamboyant », ont-ils fait savoir sur Facebook.

L'organisation de l'événement dépend du sociofinancement, le collectif Mwasi ayant choisi la plateforme « Le pot commun » pour recueillir des dons.

Avec les informations de Le Monde, LCI, et L'OBS

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