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Les cinq défis d'Andrew Scheer

Le nouveau chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, s'adresse aux militants à la suite de son élection, le 27 mai 2017, à Toronto.

Le nouveau chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, s'adresse aux militants à la suite de son élection, le 27 mai 2017, à Toronto.

Photo : Reuters / Mark Blinch

Radio-Canada

Très peu de gens auraient donné gagnant Andrew Scheer quand il a pris place sur les blocs de départ de la course conservatrice, dans une relative indifférence. Comme la tortue dans la fable de La Fontaine, Andrew Scheer n'a pas connu de départ canon et il a fait son petit bonhomme de chemin sans se laisser distraire. Mais le marathon vers l'élection générale de 2019 ne fait que commencer pour lui et d'importants chantiers l'attendent d'ici là.

Une analyse de Fannie Olivier, correspondante parlementaire

1- Ressouder son parti

Si la bataille entre les 13 candidats à la chefferie est restée relativement polie, il y a des attaques qui peuvent laisser des traces. M. Scheer devra s'affairer à panser des plaies ouvertes dans la lutte pour s'assurer qu'elles cicatrisent bien. Il aura à prouver qu'il est bel et bien le candidat « rassembleur », comme il s'est plu à le répéter, surtout en fin de campagne, pour se faire valoir devant son principal adversaire, Maxime Bernier, plus polarisant.

Il devra faire plus que se présenter devant les caméras avec les candidats défaits pour prouver qu'il sait recoller les pots cassés. Il aura aussi à les écouter, et même à adopter certaines de leurs idées, en gardant en tête qu'il n'a gagné qu'avec 51 % des voix, au dernier tour du scrutin.

2- Se faire connaître hors des cercles conservateurs

Qui est Andrew Scheer, nouveau chef de l'opposition officielle, pratiquement anonyme dans la population générale avant d'être élu à la tête du Parti conservateur?

Le Saskatchewanais de 38 ans, père de cinq enfants, devra se présenter aux Canadiens. Les deux ans qui séparent sa victoire comme chef de l'élection générale de 2019 ne seront pas de trop pour se faire connaître. D'autant que son adversaire principal, Justin Trudeau, maître incontesté des réseaux sociaux, jouit d'une notoriété exceptionnelle.

3- Faire preuve d'audace

Les membres conservateurs ont voté en faveur du candidat qui représentait le plus la continuité avec les années Stephen Harper. Mais c'est justement ces idées-là qui ont été rejetées par l'électorat lors du dernier scrutin.

Celui qui a été qualifié de « Stephen Harper avec un sourire » pourra-t-il l’emporter aux prochaines élections en changeant uniquement le contenant et pas le contenu? Près d'un tiers des membres ont voté au premier tour pour Maxime Bernier, un candidat aux propositions qui détonnent. M. Scheer pourrait devoir s'en inspirer et faire preuve à son tour d'audace.

4- Se préparer à des attaques sur ses positions antiavortement

Andrew Scheer est parvenu à gagner en partie parce qu'il a su rallier le vote des adeptes du conservatisme social, opposés à l'avortement. Il commence déjà à en payer le prix, alors que les libéraux s'affairent à le définir sur cet enjeu. Il a promis qu'il ne rouvrira pas le débat de lui-même, mais il ne s'opposera pas à ce que des députés amènent le sujet aux Communes.

Or, si quelqu'un le fait et que M. Scheer, désormais chef, vote comme il l'a fait par le passé, c'est-à-dire afin de restreindre l'accès à l'avortement, quel message ce geste enverra-t-il au reste des troupes conservatrices? Le casse-tête du nouveau chef conservateur sur cette thématique ne fait que commencer.

5- Respecter ses engagements au Québec

Andrew Scheer doit une partie de sa victoire aux circonscriptions rurales, particulièrement au Québec, où il a fait le plein d’appuis d’agriculteurs en faveur du maintien de la gestion de l’offre. Dans son discours après le dévoilement des résultats, il a promis que les conservateurs allaient « s’occuper » du Québec.

En matière de défense des dossiers québécois, il a suscité de grandes attentes. Il devra désormais respecter ses engagements s’il espère augmenter la députation québécoise conservatrice.

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