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Andrew Scheer élu chef du Parti conservateur du Canada

Le reportage de Raphaël Bouvier-Auclair
Radio-Canada

Les militants conservateurs ont causé la surprise en se donnant comme chef Andrew Scheer plutôt que Maxime Bernier, qui était pourtant considéré comme le favori dans cette course depuis des mois.

Il aura fallu 13 tours de scrutin pour que l'ancien président de la Chambre des communes parvienne à obtenir une majorité simple d'appuis et à coiffer au poteau le député de la Beauce.

Le nouveau capitaine du navire conservateur l'a emporté de justesse avec 50,95 % des points, et ce, après avoir occupé la deuxième position derrière son rival québécois à tous les autres tours.

Dans son discours de victoire au centre des congrès d'Etobicoke, en banlieue de Toronto, celui qui se présente volontiers comme un « Stephen Harper avec un sourire » a affirmé qu'un « nouvel espoir » venait de naître.

Devant la foule qui l'a chaudement applaudi, l'élu pratiquement inconnu du grand public il y a quelques mois a aussi souligné à quel point le Québec était important pour défaire le gouvernement libéral aux prochaines élections.

Nos excellents résultats au Québec en 2015 sont un signe que nous pouvons faire encore mieux en 2019. Pour moi, il est essentiel que nous ayons des députés conservateurs à Montréal.

Andrew Scheer

« Contrairement à Justin Trudeau et les 39 autres députés libéraux, nous allons [nous] occuper du Québec », s'est-il ensuite exclamé.

Le député a aussi réitéré son intention d'éliminer la « taxe carbone » du gouvernement de Justin Trudeau.

En succédant à Stephen Harper, qui brillait par son absence au congrès, Andrew Scheer est ainsi devenu le deuxième chef du Parti conservateur du Canada (PCC) issu de la fusion entre le Parti progressiste-conservateur et l'Alliance canadienne.

Le nouveau chef a d'ailleurs rendu hommage à l'ancien chef du parti lors de son discours de victoire. « Un homme dont j’ai pu apprécier le leadership et qui m’a fait vraiment entrer dans le mouvement conservateur. »

Le mode de scrutin préférentiel a profité au camp du député de la Saskatchewan, qui a fait le plein des deuxièmes et troisièmes choix qui lui étaient attribués au fur et à mesure que ses adversaires se retrouvaient hors jeu.

Pendant des mois, l'appui dont jouissait celui qui siège depuis 2004 à Ottawa au sein de la députation conservatrice ne se traduisait pas en intentions de vote.

Le père de cinq enfants a notamment rallié les députés antiavortement du caucus conservateur. Il a cependant promis que s'il était élu chef, il ne permettrait pas aux députés d'arrière-ban de rouvrir ce débat.

Cela n'a cependant pas empêché Andrew Scheer de déléguer à la manifestation annuelle antiavortement, sur la colline du Parlement à Ottawa, des députés qui l'appuient afin qu'ils le présentent comme « un des trois candidats pro-vie ».

Défaite crève-coeur pour Maxime Bernier

L'entrevue de Patrice Roy avec le nouveau chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer

Il s’est également dit satisfait de sa campagne.

« J’ai fait ce que j’avais à faire, sans compromis sur les idées. Une campagne basée sur les principes et j’en suis très fier. »

Andrew Scheer a devancé Maxime Bernier dans sa région de la Beauce.

Plusieurs analystes estiment que la volonté de ce dernier d’en finir avec la gestion de l’offre lui a fait perdre des votes.

Andrew Scheer admet que cet enjeu a joué en sa faveur.

« Je pense que ce soir, c’est un message. Le Parti conservateur appuie le système de gestion de l’offre et sous mon leadership, je vais maintenir cet appui pour nos régions, les agriculteurs, les familles qui travaillent tous les jours. »

Selon le coprésident de la campagne de Maxime Bernier au Québec, Jacques Gourde, c'est la position d'Andrew Scheer en faveur de la gestion de l'offre qui lui a permis de se sauver avec la victoire.

Car la course à la direction conservatrice, a-t-il soupiré en fin de soirée samedi, s'était carrément transformée en « référendum sur la gestion de l'offre ».

Quand on lui a demandé, lors d'un point de presse post-victoire, si le poids du vote des producteurs agricoles avait fait pencher la balance en sa faveur, le nouveau chef a acquiescé.

Mais il a soutenu que la mobilisation pour le maintien du système dépassait les frontières québécoises, et qu'elle était aussi présente « en Colombie-Britannique, dans des régions de l'Ontario, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick ».

 

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Avec les informations de La Presse canadienne

Politique