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Parti conservateur : « À droite, juste après les superhéros... »

Candidats à la direction du Parti conservateur
Les candidats à la direction du Parti conservateur après un débat à Toronto, le 26 avril dernier. Photo: La Presse canadienne / Nathan Denette
Radio-Canada

Les conservateurs sont désormais tout à fait conscients de leur statut de parti d'opposition. Ils occupent de petits hôtels près de l'aéroport et ils doivent partager le Centre des congrès avec une réunion de jeunes déguisés en superhéros et en personnages de jeux vidéo.

Un texte de Michel C. Auger, animateur de Midi info

Pour trouver les conservateurs, c'est simple : il suffit de tourner à droite, juste après les superhéros qui, il faut le dire en toute justice, sont plus nombreux que les délégués conservateurs.

Bon, admettons d'emblée que le congrès n'est pas un vrai congrès. On pourra voter dans la salle, mais l'immense majorité des membres du parti ont déjà voté par la poste ou voteront dans leurs circonscriptions respectives d'ici samedi soir. Dans les circonstances, il n'y a guère de raison de venir jusqu'à Toronto, à moins d'être fortement motivé à passer un week-end près d'un grand aéroport.

La salle est donc pavoisée aux couleurs du parti, mais il n'y a pas d'affiches ou de photos des divers candidats, comme c'est toujours le cas lors de congrès à la direction. C'est donc un congrès seulement en bleu et tout en modération.

À cause du système préférentiel retenu pour le scrutin, il est très difficile de faire des prédictions. Les membres du Parti conservateur doivent voter parmi 14 candidats sur le bulletin de vote - Kevin O'Leary s'est retiré, mais les bulletins étaient déjà imprimés - et indiquer leurs 10 premiers choix. Quand un candidat finit au dernier rang, on compte les deuxièmes choix. Jusqu'à ce que quelqu'un obtienne 50 % des voix. Le tout pondéré par circonscription électorale, chacune représentant 100 points.

Bernier en tête

Même si les prédictions sont risquées, la plupart des observateurs présents à Toronto croient que c'est le député de Beauce, Maxime Bernier, qui est en tête. En fait, la surprise serait qu'il ne l'emporte pas. Ainsi, on apprenait jeudi que M. Bernier avait obtenu 50 % des dons de presque 60 % de tous les donateurs pour la semaine du 30 avril au 6 mai. Ce sont les seuls chiffres disponibles depuis le retrait de M. O'Leary.

Les candidats Erin O'Toole et Andrew Scheer suivent, et si la surprise devait survenir, elle viendrait sans doute de l'un d'eux.

Mais ce qui a surtout marqué cette campagne à la direction, c'est le peu d'intérêt qu'elle a soulevé. Les débats à 14 ou 13 candidats étaient trop lourds pour susciter l'intérêt et on avait nettement l'impression que plusieurs candidats de premier plan ont décidé de passer leur tour.

En fait, quand on voit les sondages, on ne peut pas les blâmer. Bien qu'on ne sache jamais, puisque le gouvernement n'est pas encore rendu à mi-mandat. Et que les difficultés commencent à s'accumuler à l'horizon pour le gouvernement Trudeau.

En attendant, à Toronto ce week-end, on va passer par tous les rituels d'un congrès à la direction : écouter les discours des candidats et égrener les annonces des résultats des tours de scrutin, même si l'ordinateur connaît déjà le nom du gagnant.

Dès lundi, le nouveau chef aura la lourde tâche de donner un nouvel élan au Parti conservateur, qui ne s'est pas encore tout à fait remis de sa défaite électorale d'il y a deux ans. Un parti qui n'est pas trop mal en point pour ce qui est du nombre de membres, du nombre de députés ou du financement.

Reste à lui trouver un message gagnant, un travail pour lequel le nouveau chef pourrait bien avoir besoin de l'aide des superhéros qui, heureusement, ne rôdent pas loin.

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