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Électrifier tous les taxis du Québec d’ici 8 ans, est-ce possible?

Le reportage d'Alexandre Duval

Une petite voiture électrique conçue en Chine pourrait bientôt faire son apparition sur les routes du Québec. Un entrepreneur s'est donné une mission ambitieuse : convertir toute l'industrie du taxi de la province à l'énergie électrique d'ici huit ans. Pour ce faire, il mise sur le modèle e6 de la compagnie BYD.

Un texte d’Alexandre Duval

La BYD e6 est encore méconnue au pays ; elle est toujours en processus d’homologation par Transports Canada. Cependant, ailleurs dans le monde, elle roule dans plus de 50 villes réparties sur 5 continents.

Depuis un an, l’homme d’affaires québécois Yung Cuong est en discussion avec la compagnie. Comme la BYD e6 possède une autonomie d’environ 400 kilomètres, il est convaincu que les chauffeurs de taxi oseront tourner le dos aux véhicules à essence.

« Chaque véhicule de taxi consomme, bon an, mal an, à peu près 10 000 à 12 000 litres [d'essence] par année. Si on est capable de réduire […] la consommation de ces véhicules-là, ça fait beaucoup de volume », dit l’entrepreneur.

Si le chauffeur roule en moyenne de 150 à 175 kilomètres [par jour], on est encore dans le range qui lui permet de passer la journée au complet.

Yung Cuong, entrepreneur dans l'industrie du taxi
Yung Cuong, entrepreneur dans l'industrie du taxiYung Cuong, entrepreneur dans l'industrie du taxi Photo : Radio-Canada

Avec plus de 8300 véhicules, l’industrie québécoise du taxi représente une opportunité de choix pour l’électrification des transports, croit l'entrepreneur.

Il rappelle que le Québec traîne de la patte sur son objectif d’avoir 100 000 voitures électriques ou hybrides rechargeables sur ses routes d’ici 2020. Au 30 avril dernier, il n’en comptait que 15 425, selon la Société d’assurance automobile du Québec.

Un projet pilote dès l’automne?

Au début de l’année 2017, M. Cuong est entré en contact avec divers ministres du gouvernement Couillard. Son souhait est d’importer de 5 à 25 voitures dès l’automne afin de mener un projet pilote et de voir comment la BYD e6 se comportera, surtout en hiver.

Une voiture de BYD dans un contexte hivernalUne voiture de BYD dans un contexte hivernal Photo : BYD Canada

J’ai simplement besoin des responsables du gouvernement pour s'asseoir, former un comité et travailler ensemble.

Yung Cuong, entrepreneur dans l'industrie du taxi

Au cabinet du ministre des Transports, Laurent Lessard, on confirme que le dossier de M. Cuong est à l’étude. Une rencontre devrait d’ailleurs avoir lieu prochainement.

Le coauteur du livre L’auto électrique, hybride ou écoénergétique, Daniel Breton, a quelques réserves. Entre autres, il soutient que les véhicules chinois n’ont généralement pas les mêmes standards de qualité que les « européens, les coréens ou les américains ».

Il va s’agir de voir si un véhicule comme le véhicule BYD électrique va être capable de subir les affres du climat québécois.

Daniel Breton, consultant en électrification des transports
Daniel Breton, coauteur principal de L'auto électrique, hybride ou écoénergétiqueDaniel Breton, coauteur principal de L'auto électrique, hybride ou écoénergétique Photo : Radio-Canada

Des chauffeurs de taxis doutent aussi de l’efficacité de l’énergie électrique pour accomplir leur travail. « On laisse le chauffage en marche pendant toutes les heures de travail [l’hiver] et ça, ça consomme, lance Samir Benkirane. Ça bouffe l'autonomie du véhicule. »

« Moi je préfère au gaz, c'est beaucoup mieux, estime son collègue Rahim Moulay. Tu t'arrêtes, tu remplis ton gaz, tu repars, point! Tu n'attends pas deux heures pour charger! »

L’expérience de Téo Taxi, établi à Montréal depuis un an et demi, a toutefois démontré que l’expérience peut être concluante.

Aller chercher du financement

Si le projet pilote va de l’avant et qu’il offre des résultats satisfaisants, la prochaine étape pour M. Cuong serait d’obtenir une subvention du gouvernement.

En plus du rabais maximal de 8000 $ déjà offert par le programme québécois Roulez électrique, M. Cuong croit que le gouvernement devrait offrir 5000 $ additionnels à tout chauffeur de taxi qui se procurerait la BYD e6.

Avec ce rabais, il deviendrait réellement avantageux de faire le saut vers l’électrique, dit-il, puisque la BYD e6 se détaille environ 60 000 $ américains, actuellement.

« Le coût d'achat de ce véhicule-là correspond exactement aux économies [que les chauffeurs] vont avoir en roulant avec une voiture électrique. Ça veut dire que tout le monde est gagnant. »

Environnement