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L'ex-policier Roger Larivière attaque de front la division des affaires internes du SPVM

Roger Larivière, policier à la retraite du SPVM

Roger Larivière, policier à la retraite du SPVM

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ex-policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Roger Larivière a soutenu vendredi devant la commission Chamberland que les prémisses de l'enquête pour abus de confiance menée par la division des affaires internes à son endroit étaient complètement injustifiées.

Un texte de François Messier

M. Larivière a été ciblé après que des policiers d’une escouade régionale mixte l’eurent aperçu en discussion avec l’analyste en affaires judiciaires Stéphane Berthomet dans un restaurant de Montréal le 9 octobre 2014. Ils en avaient parlé à leur patron, Nicodemo Milano, qui avait transmis le dossier à Costa Labos, aux affaires internes.

Témoignant la semaine dernière, l’enquêteur au dossier, Normand Borduas, avait expliqué que M. Larivière avait consulté « sans justification », tout juste après sa rencontre avec M. Berthomet, un dossier concernant un ex-policier du SPVM, Mario Lambert. Ce dernier avait porté plainte contre le service en arguant qu’on ne l’avait pas adéquatement protégé du crime organisé.

M. Larivière a plutôt expliqué à la commission qu’il avait rencontré M. Berthomet, alors sous contrat avec Radio-Canada, pour qu’il le mette en contact avec les journalistes Alain Gravel ou Isabelle Richer, afin précisément de dénoncer le travail de la division des affaires internes, qu’il qualifie de « police de la police du SPVM ».

Le policier en avait contre la façon dont la division des affaires internes avait enquêté sur lui après que son ex-conjointe, aussi policière, eut déposé cinq plaintes contre lui. M. Larivière a finalement été acquitté sur toute la ligne par la cour, qui n’a pas cru le témoignage de son ex-conjointe. Ce jugement a été rendu en 2009.

Selon Roger Larivière, le patron de l’enquêteur Borduas, Costa Labos, était parfaitement au courant qu’il avait déposé une « plainte privée » contre la division des affaires internes dans ce dossier, bien avant qu’il ne rencontre Stéphane Berthomet. Il affirme qu’il le disait à qui voulait l’entendre.

J’ai été jusqu’à envoyer des courriels au ministre de la Sécurité publique, au ministre de la Justice, au directeur du service Marc Parent, ainsi qu’au DPCP, les informant des anomalies dans le dossier que je voulais dénoncer. Donc, je dénonçais la police de la police, et c’était connu par lui [Costa Labos], je le mettais même en copie conforme.

Roger Larivière

M. Larivière assure qu’il n’a transmis aucune information de nature « opérationnelle » à Alain Gravel, qu’il a rencontré après sa conversation avec M. Berthomet.

« Absolument pas, c’était mon dossier personnel. Au travail, j’ai toujours avisé les gens que les démarches que faisais concernaient mon dossier personnel. Et je ne m’en suis jamais caché. »

J’ai tenté à de multiples reprises de parler avec mon employeur, de lui faire voir ce qui se passait dans mon dossier. Que c’était personnel ce qui m’arrivait. Que ça n’avait rien à voir avec le policier, que c’était le citoyen. Mais eux ont toujours ramené ça à "c’est un policier". […] C’est clair que la position du SPVM était envahissante dans ma vie privée.

Roger Larivière

M. Larivière soutient qu’Alain Gravel, à l’époque animateur de l’émission Enquête, lui avait demandé des « preuves additionnelles » montrant que des policiers de la division des affaires internes « avaient fait des témoignages contradictoires devant certains tribunaux ».

Finalement, « une semaine après que j’ai obtenu ces preuves-là, il y a eu une perquisition chez moi », a-t-il relaté. L’enregistrement qu’il avait effectué pour l’émission n’a finalement jamais été diffusé.

M. Larivière a également expliqué qu’il avait consulté de façon tout à fait légitime le dossier du policier Mario Lambert à titre de contrôleur à la section des fraudes financières. M. Lambert avait porté plainte contre une personne qui pouvait être suspectée dans un autre dossier. Il était « très important » de vérifier cet élément, a dit le témoin. Si l’affaire s’était avérée, il se serait retiré du dossier.

Le dossier de Mario Lambert portait un numéro de fraude financière, a-t-il ajouté. En bout de piste, il était effectivement question de la sécurité de cet autre policier.

Roger Larivière allègue aujourd’hui que l’affidavit rédigé par l’enquêteur Borduas dans le cadre de son enquête pour abus de confiance « comporte des informations erronées ». Cette affaire fait l’objet d’une enquête de l’équipe mixte de policiers qui a été mise sur place pour se pencher sur les dossiers de la division des affaires internes du SPVM.

Cette équipe mixte a été créée l’automne dernier par le ministère de la Sécurité publique du Québec après que plusieurs policiers eurent allégué que la division fabriquait de la preuve. M. Larivière est l’un des policiers à l’origine de cette dénonciation.

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