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Québec injecte 69 millions supplémentaires dans les soins à domicile

Un médecin qui prodigue des soins à domicile en compagnie d'un patient et d'une proche aidante, à Montréal Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette, a annoncé vendredi des investissements supplémentaires de 69 millions de dollars pour le soutien à domicile des malades. De cette somme, 60 millions serviront à l'embauche de personnel professionnel.

Ces investissements seront faits de façon récurrente.

Ils serviront aussi à l’achat d’équipement, à un programme de formation sur les outils de cheminements cliniques informatisés et à la coordination des équipes interprofessionnelles.

Le gouvernement de Philippe Couillard s'enorgueillit d'avoir investi près de 520 millions supplémentaires en soutien à domicile depuis son arrivée en poste, en avril 2014.

Mercredi dernier, à l'occasion de l'ouverture du Forum sur les meilleures pratiques en soutien à domicile, à Montréal, le ministre de la Santé avait révélé son intention de doubler la proportion de Québécois qui peuvent finir leurs jours à la maison. Il s'agit d'un souhait exprimé par la majorité de la population.

Toutefois, en 2012, seuls 11 % des patients en fin de vie avaient pu mourir à la maison.

« D'ici 2020, doubler ce chiffre, aller à 20 % et plus, pour nous, c'est un objectif », a déclaré Gaétan Barrette.

Le Québec est avant-dernier au Canada quant à la proportion de patients qui meurent ailleurs qu'en milieu hospitalier.

À un moment donné, on n'aura plus assez d'urgences : la population vieillit.

Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec

Des millions « nettement insuffisants », selon la CSN

En réaction à l'annonce du ministre, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a réagi ainsi par communiqué : « Les 69 millions qui seront investis cette année sont nettement insuffisants pour rattraper le retard du Québec dans le soutien à domicile ».

La CSN affirme que le gouvernement Couillard a infligé des compressions budgétaires aux soins et services à domicile. Et même avant les années d'austérité, dit la Centrale, ce secteur était sous-financé.

« Le ministre Barrette chiffre lui-même à 4 milliards les investissements nécessaires pour répondre à l’ensemble des besoins actuels en soutien à domicile », dit encore la CSN.

En 2014-2015, le ministère de la Santé et des Services sociaux a consacré un total de 1,8 milliard à l'ensemble des services à domicile, y compris les crédits d'impôt et un programme lié à l'aide domestique.

Ce sont les régions de Montréal, de la Montérégie et de la Capitale-Nationale qui en ont récolté la plus grande part.

En dépenses directes aux services à domicile, les dépenses du gouvernement s'élevaient à 1,3 milliard de dollars. De cette somme, 56 %, soit 763 millions de dollars, ont été consacrés au soutien à l'autonomie des personnes âgées.

En soins à domicile pour personnes souffrant de déficience physique, les dépenses étaient de 253 millions de dollars, et en santé mentale, de 5,2 millions de dollars.

À l'hôpital comme à la maison, les soins sont similaires

Devant l'assemblée réunie pour clore le Forum, vendredi, le ministre Barrette a expliqué qu'il ne fallait pas opposer les soins prodigués en milieu hospitalier à ceux offerts à domicile. « On ne peut plus opposer les soins à domicile à ce qui se fait à l'hôpital, a-t-il souligné. On doit avoir une approche pas identique, mais similaire. »

« Quand on est rendus à dire, dans un forum, qu'on est capable de traiter des pathologies aiguës chez des gens sévèrement malades à la maison, ça veut dire qu'on n'a plus besoin d'hôpital, estime Gaétan Barrette. Mais ça veut [aussi] dire qu'on a besoin d'une équipe pour le faire ».

Lorsqu'il prodigue des soins à domicile, cependant, le personnel soignant doit inclure dans sa démarche les proches aidants, a nuancé Gaétan Barrette. « C'est une différence fondamentale », dit-il.

Et les médecins?

La Dre Eveline Gaillardetz, rattachée au CLSC de Verdun, visite des patients à la maison. Bien qu'elle approuve l'annonce faite par le ministre Barrette, elle se questionne sur le recrutement des médecins : « Comment allons-nous attirer les médecins pour les soins à domicile ? »

Elle déplore qu'« aucun incitatif » ne soit prévu pour les jeunes médecins fraîchement diplômés pour les intéresser à la pratique à domicile.

Elle souligne que les soins à domicile ne se résument pas à maintenir quelqu'un chez lui en lui apportant de l'aide domestique par exemple. « Les soins à domicile, c'est aussi, beaucoup, des soins aux malades en perte d'autonomie, vulnérables, et qui consultent à répétition les services d'urgence », explique la Dre Gaillardetz.

Mme Gaillardetz constate que le gouvernement semble avoir été sensibilisé à cette réalité. « Le ministre a bien entendu que nos patients sont aussi instables et ont besoin d'autant de soins médicaux intensifs, à domicile », dit-elle.

Avec les informations de Michel Marsolais

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