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Nomination de Madeleine Meilleur : la FCFA réclame une rencontre avec Justin Trudeau

Madeleine Meilleur

Madeleine Meilleur lorsqu'elle était procureure générale de l'Ontario en 2014..

Photo : La Presse canadienne / Colin Perkel

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) réclame une réunion avec le premier ministre Justin Trudeau au sujet du processus controversé ayant mené à la nomination de Madeleine Meilleur en tant que commissaire aux langues officielles.

La FCFA a invité tous ses organismes membres à une réunion, jeudi soir, afin d'aborder la question du processus de sélection de Mme Meilleur. Dans un communiqué publié vendredi, l'organisme explique que ses membres n'ont pu arriver à un consensus, mais que leurs inquiétudes demeurent entières.

« La FCFA constate que le gouvernement a répondu à son appel et a dévoilé publiquement les détails de son processus de nomination. Cependant, le fait que ce processus soit perçu, par une part importante de l’opinion publique, comme ayant mené à un choix partisan demeure le noeud du problème. Il est justifié de se questionner en ce qui a trait aux effets à court et long termes sur l’intégrité d’une institution qui revêt une importance primordiale pour les communautés francophones en situation minoritaire », explique Serge Quinty, directeur des communications de la FCFA.

L'organisme demande à voir le premier ministre Trudeau de toute urgence. « Il est plus important que jamais de clarifier de quelle manière le gouvernement prévoit protéger l’intégrité de la fonction de commissaire aux langues officielles. Il est essentiel que le premier ministre entende les communautés sur ces questions », souligne M. Quinty.

Deux préoccupations ont dominé la réunion des membres de la FCFA

La FCFA regroupe 7 organismes nationaux et 12 associations francophones provinciales ou territoriales, dont la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE). Marie-Claude Rioux, directrice générale de la FANE, a assisté à la réunion de jeudi soir. Selon elle, les participants n'ont pu adopter une position commune parce qu'ils étaient partagés entre deux préoccupations : d’une part, la crainte de se mettre à dos le fédéral et la prochaine commissaire aux langues officielles, et d’autre part, la remise en question du processus ayant mené à la sélection de cette dernière.

« Tout le monde, même au niveau de la FCFA, considère que Mme Meilleur est une excellente candidate. Il n’a jamais été question de remettre en question les compétences de Mme Meilleur. Mais le processus ne nous semble pas aussi transparent qu’on avait voulu le laisser entendre au début, et plus on en apprend, plus on s’inquiète. »

— Une citation de  Marie-Claude Rioux, directrice générale de la FANE

Madeleine Meilleur est une ancienne ministre libérale de l'Ontario. Plus tôt cette semaine, le gouvernement de Justin Trudeau a levé le voile sur le processus qui a mené à sa sélection. Les explications ont notamment permis d’apprendre que c’est la ministre Mélanie Joly qui a mené l’entrevue finale, ce qui a suscité un certain malaise dans la communauté, ravivant des allégations de partisanerie politique.

« C’est inquiétant pour une commissaire qui [...] est censée commencer avec un mandat clair et sans avoir à prêter flanc à la controverse avant même de commencer son mandat. C’est vraiment décevant, tout à fait décevant. Alors, il nous semble qu’il y a eu une mauvaise façon [...] de gérer ce dossier et de gérer ce processus d’embauche pour qu’il y ait autant de questions qui sortent par la suite », ajoute Marie-Claude Rioux en entrevue à l'émission radiophonique Le réveil Nouveau-Brunswick, d'ICI Acadie.

L'ancien député Yvon Godin exprime des craintes

Yvon Godin, ancien député néo-démocrate d’Acadie-Bathurst, au Nouveau-Brunswick, parle d’une apparence de conflit d’intérêts pour la nouvelle commissaire aux langues officielles et d’un manque de consultation des partis d’opposition par les libéraux de Justin Trudeau.

Yvon GodinAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'ancien député néo-démocrate Yvon Godin lance des reproches au gouvernement Trudeau à la suite de la nomination de Madeleine Meilleur en tant que commissaire aux langues officielles.

Photo : Radio-Canada

« L’agent du Parlement, le commissaire aux langues officielles, se rapporte au Parlement lui-même. Et quand un premier ministre, si je suis le premier ministre demain matin, j’aurai de la misère avec ça, de nommer quelqu’un de ma propre famille et dire que c’est lui qui va représenter le Parlement contre moi quand il y aura violation de la loi. Imaginez-vous dans quel contexte ils vont être. Ils n’auront pas besoin de se parler, ils vont savoir que : “Oh, il l’a fait, je ne taperai pas fort dessus.” C’est de ça que j’ai peur. Je pense que c’est ce qui va arriver. C’est l’apparence de conflit, et aussi ça va contre la loi parce qu’il n’y a pas eu de consultation avec les partis politiques. Il a dit aux partis politiques de l’opposition : “C’est ça qui va se passer” », lance Yvon Godin.

La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick dénonce aussi le processus de sélection, qu’elle juge entaché de partisanerie et d’apparence de conflit d’intérêts. La Société nationale de l'Acadie estime pour sa part que le processus de sélection manquait de transparence, et elle demande au gouvernement de le reprendre au complet en incluant dans le comité de sélection un représentant des communautés francophones minoritaires.

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