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Chefferie du Parti conservateur : rupture ou continuité avec l’ère Harper?

Candidats à la direction du Parti conservateur du Canada lors du débat en français à Québec en janvier 2017.
Candidats à la direction du Parti conservateur du Canada lors du débat en français à Québec en janvier 2017. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Stephen Harper n'assistera pas samedi au dévoilement du nom de son successeur. Si son absence est remarquée sur le plancher de la convention, ses idées, elles, sont toujours bien présentes. La preuve? Peu de candidats suggèrent une véritable rupture avec ses politiques. Mais peut-être font-ils fausse route, parce que c'est celui qui propose de brasser la cage qui semble avoir le plus de chances de l'emporter.

Une analyse de Fannie Olivier

On n’efface pas si facilement l’empreinte d’un chef qui a passé plus de 10 ans à la tête d’un parti. D’autant que l’emprise de Stephen Harper – qui ne laissait rien au hasard et avait l’habitude de tout fignoler dans les moindres détails – était grande sur le Parti conservateur.

Dans la lutte pour sa succession, l’ensemble des 13 candidats ont rapidement voulu rompre avec son style froid. Mais le programme de la plupart d’entre eux s’inscrit dans la continuité de celui de Stephen Harper.

Ainsi, sur le plan économique, tous promettent un retour rapide à l’équilibre budgétaire. Tous suggèrent de sabrer l’appareil d’État pour équilibrer le budget. Tous souhaiteraient baisser l’impôt des entreprises et des particuliers.

Tous, à l’exception de Michael Chong, s’opposent à la tarification du carbone. À part lui, aucun ne propose d’action musclée pour lutter contre les changements climatiques.

En ce qui a trait à l’avortement, comme Stephen Harper, la plupart des candidats, qu’ils soient pro-choix ou pro-vie, promettent de laisser le débat clos, mais de ne pas empêcher les députés d’amener le sujet sur le tapis.

À quelques exceptions près, la plupart sont favorables à un retour au seuil d’immigration de l’ère Harper, un peu inférieur au seuil actuel, et veulent privilégier l’immigration économique... quoique tous ne s’entendent pas sur la façon de sélectionner les nouveaux arrivants.

Bien sûr, on ne peut s’attendre à ce qu’un conservateur revête des habits libéraux ou néo-démocrates, ou encore à ce qu’il réinvente la roue.

Mais peut-être que les candidats ont sous-estimé la soif de leurs membres pour du changement. Parce qu’aux dernières nouvelles, c’est Maxime Bernier, celui qui propose le plus de secouer les puces du parti, qui semble avoir davantage de chances de l’emporter.

Est-ce en raison de ce besoin de fraîcheur que les campagnes des ex-ministres très identifiés à l’ère Harper, comme Lisa Raitt ou Chris Alexander, ne sont jamais vraiment parvenues à prendre leur envol?

Et Maxime Bernier?

Les idées de Maxime Bernier détonnent. Ce libertarien assumé s’oppose à la gestion de l’offre et à ce qu’il appelle le « cartel » du sirop d’érable. Il mettrait fin aux subventions aux grandes entreprises comme Bombardier, privatiserait Postes Canada, transférerait tous les points d’impôt fédéral en santé aux provinces.

Avec cette plateforme, Maxime Bernier ne se fera certainement pas que des amis. Le député de la Beauce est loin d’être consensuel. Ce n’est probablement pas non plus un très bon joueur d’équipe, si l’on en croit les appuis assez modestes qu’il compte au sein du caucus.

Mais il a fait le pari, au cours de cette bataille, de mettre de l’avant des idées qui tranchent avec celles du reste de ses adversaires. Il est parvenu à projeter l’image d’un politicien de convictions, plutôt que celle d’un stratège ou d’un calculateur comme Stephen Harper.

C’est particulièrement habile, à un moment où les électeurs d’un peu partout semblent aimer les politiciens qui brisent les codes, qui bousculent. Les membres conservateurs seront-ils charmés par cette façon de faire? La réponse se trouve dans la composition du vote qui sera dévoilée samedi.

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