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Des femmes en Antarctique pour défendre la planète

Une femme photographie des glaciers en Antarctique
Une participante à la première expédition Homeward Bound en Antarctique en 2016 Photo: Homeward Bound

Deux scientifiques canadiennes se préparent pour un périple de trois semaines en Antarctique après avoir été sélectionnées par l'organisme australien Homeward Bound pour prendre part à une deuxième expédition au nom du leadership féminin et de la lutte contre les changements climatiques.

Un texte de Geneviève Milord

La Vancouvéroise Sylvia Struck, directrice du programme de sécurité de l'eau potable pour l'Autorité sanitaire des Premières Nations, et la Sherbrookoise Émilie Lefol, doctorante en écologie à l'Université de Sherbrooke, feront partie de la centaine de femmes de 13 pays choisies pour le grand voyage, qui se tiendra du 18 février au 11 mars 2018, après plusieurs mois de discussions et de formations.

Émilie Lefol devant un groupe de manchots sur l'île de la Possession dans l'Archipel de Crozet en Antarctique Émilie Lefol sur l'île de la Possession dans l'Archipel de Crozet en Antarctique Photo : Serge Fuster

C'est une formation internationale avec le but d'apporter une solution locale aux changements climatiques.

Émilie Lefol, doctorante en écologie à l'Université de Sherbrooke

« Tout au long de mon parcours d'étudiante, j'ai eu des barrières », raconte Émilie Lefol, dont les recherches portent sur l'hirondelle bicolore, l'oiseau annonciateur du retour des beaux jours. « J'ai étudié à plusieurs reprises les impacts environnementaux de différentes espèces animales; j'ai donc ce regard qui permet une vision globale. »

Homeward Bound souhaite créer un mouvement international de collaboration féminine en offrant cette occasion à un millier de femmes sur une période de 10 ans. Des femmes qui échangent leur savoir entre elles et qui rentreront ensuite chez elles avec pour mission de le diffuser avec une touche féminine.

Sylvia Struck sur le seawall à VancouverSylvia Struck sur le seawall à Vancouver Photo : Radio-Canada/Geneviève Milord

Les femmes sont intègres dans leurs décisions entourant les ressources, s'adonnent à la collaboration, sont inclusives; des qualités importantes pour un leader.

Sylvia Struck, directrice du programme de sécurité de l'eau potable pour l'Autorité sanitaire des Premières Nations

« L'eau est une ressource essentielle pour laquelle il n'y a aucune solution de rechange », explique pour sa part Sylvia Struck, qui a fait ses recherches doctorales sur la conservation de l'eau en Ouganda. « Les changements climatiques ont une incidence cruciale sur l'eau, provoquant plus d'inondations, de sécheresse. »

Sylvia Struck entourée de villageois de Kiribwa en OugandaSylvia Struck entourée de villageois de Kiribwa en Ouganda Photo : Sylvia Struck

La féminité gardienne de mère nature

Le projet Homeward Bound mise sur l'intelligence émotionnelle des femmes pour véhiculer un message scientifique au grand public.

« En tant que femme, on a une sensibilité, une vision différente de ce qui est généralement vu », estime Émilie Lefol. « En voyageant, on se rend compte que ce sont les femmes qui subissent le plus les changements environnementaux. En Inde ou en Afrique, ce sont elles qui subviennent au bien-être de leur famille, elles qui vont chercher de l'eau, de la nourriture. »

Les femmes vont devoir aller chercher de l'eau plus loin, moins s'occuper de leur famille pour aller chercher de la nourriture encore plus loin ou remettre en état leur maison ou leur champ, en raison des changements climatiques.

Émilie Lefol, doctorante en écologie à l'Université de Sherbrooke
Une femme marche entre des morceaux de glace en AntarctiqueUne participante à l'expédition Homeward Bound en Antarctique en 2016 Photo : Homeward Bound

Visibilité et inspiration

Les deux scientifiques canadiennes sont d'accord : les femmes sont moins bien représentées que les hommes dans le domaine de la science. « Il faut mener et influencer les jeunes filles qui vont se lancer dans des études en sciences, leur dire : "Allez, vous pouvez le faire" », insiste Émilie Lefol, qui avoue avoir été entourée de moins en moins de femmes au fur et à mesure qu'elle avançait dans ses études.

On crée une occasion en se montrant dans un rôle de direction. Les femmes verront des possibilités et non plus des barrières.

Sylvia Struck, directrice du programme de sécurité de l'eau potable pour l'Autorité sanitaire des Premières Nations

Pourquoi l'Antarctique?

« C'est une région éloignée qui a inspiré beaucoup d'aventuriers », raconte Sylvia Struck, qui pense que ce lieu, où l'on constate fortement les changements climatiques par la fonte des neiges, permettra de vivre une occasion unique de camaraderie.

Ce sera un retour pour Émilie Lefol dont la dernière mission d'étude sur le manchot royal l'a menée dans ce magnifique coin du monde.

Un manchot en contemplation devant la mer en AntarctiqueUn manchot en contemplation devant la mer en Antarctique Photo : Jordan Tucker

Colombie-Britannique et Yukon

Changements climatiques