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Tour des Canadiens : du rêve au cauchemar en raison de locataires d'Airbnb

La Tour des Canadiens

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Certains propriétaires de condos dans la Tour des Canadiens, au centre-ville de Montréal, regrettent leur achat. Le tapage nocturne, le va-et-vient incessant et les traces des fêtards de passage, qui ont loué l'un des nombreux condos de l'immeuble destinés uniquement à la location à court terme, minent leur vie.

Un texte de Maxime Bertrand

Lorsque Paul Ostiguy a quitté la campagne et a emménagé dans la Tour des Canadiens, il croyait vivre un rêve. Un rêve qui lui a coûté plus de 500 000 $. Mais il a vite déchanté.

« Quand j'ai déménagé dans la Tour des Canadiens, c'était wow! Downtown, la vie downtown, le glamour [...] Un matin, je me lève, je viens de faire de la marche, puis j'arrive dans le couloir ici et y a un immense tas de vomissures, en plein milieu du tapis, oui [...] Les vomissures continuaient jusqu'au condo qui est seulement loué sur Airbnb. »

Paul OstiguyAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Paul Ostiguy

Photo : Radio-Canada

Selon M. Ostiguy, l'édifice est presque vide pendant la semaine. Mais la fin de semaine, avec la tenue d'événements au Centre Bell, comme le hockey et les spectacles, il se remplit. Et cette affluence laisse des traces. « C'est le bruit, c'est la boisson, ça peut être des visites fréquentes de la police. »

Également propriétaire d'un appartement dans la Tour des Canadiens, Brian Beauchamp déplore le fait que l'édifice s'apparente à un hôtel. Mais contrairement à un hôtel, il n'y a pas de sécurité.

« Il y a des dommages qui se font, les gens brisent les serrures quand ils font le party [...] Et en bout de ligne, ce sont les proprios qui paient pour ça. »

L'emplacement de la tour et la proximité des principaux centres d'intérêt de la ville font de l'immeuble un lieu de prédilection pour les courts séjours. Plus de la moitié des appartements sont destinés à la location, selon des propriétaires résidents et des agents immobiliers.

« Actuellement, c'est une vocation qu'on peut appeler condotel, donc, on peut l'occuper, on peut louer à court terme, on peut louer à long terme », soutient Frédéric Le Buis, agent immobilier chez Sotheby's International Québec.

Rien dans la déclaration de copropriété remise aux acheteurs n'empêche expressément la location Airbnb.

Les deux propriétaires que nous avons rencontrés affirment s'en être rendu compte, mais trop tard.

« Nous, on a acheté en 2013, donc, ça fait quand même un petit bout de temps. Airbnb commençait à ce moment-là donc, ce n'est pas quelque chose qu'on a vérifié. Mais avoir su, peut-être qu'il y a moins de gens qui auraient acheté. »

Les propriétaires mécontents peuvent changer la donne en convoquant une assemblée de copropriétaires et en procédant au vote. Mais ils devront l'emporter contre des investisseurs qui ont acheté de nombreux appartements pour les louer et qui pourraient tenir au statu quo.

« Il y a beaucoup d'immeubles au centre-ville qui sont confrontés aux mêmes choses et il y en a qui limitent carrément la durée de location. Il y a beaucoup d'immeubles à Montréal où il y a une durée de location minimum d'un an », dit Frédéric Le Buis.

Les principaux promoteurs de la Tour des Canadiens n'ont pas voulu commenter le dossier.

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