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Mourir à la maison, un souhait réalisable?

La Dre Marie-Hélène Marchand avec son patient, André Parenteau, au domicile de ce dernier, à Montréal

La Dre Marie-Hélène Marchand avec son patient, André Parenteau, au domicile de ce dernier, à Montréal

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'objectif fixé par le ministre de la Santé Gaétan Barrette de permettre à deux fois plus de malades de mourir à la maison, plutôt qu'à l'hôpital, est réalisable, selon le directeur général de la Société de soins palliatifs du Grand Montréal, Bérard Riverin.

Un texte d'Anne Marie Lecomte

M. Riverin commentait jeudi les affirmations faites la veille par Gaétan Barrette, qui entend faire passer de 11 % à plus de 20 % le taux de personnes qui peuvent combler leur souhait de finir leurs jours à la maison.

Au Québec, selon les plus récentes données de 2012, seulement 11 % des patients ont pu mourir à la maison. Mais la situation s'est améliorée depuis, selon le DG de la Société de soins palliatifs du Grand Montréal, qui croit que cette proportion s'élève maintenant à 15 %.

Aussi Bérard Riverin approuve-t-il l'objectif de 20 % en 2020 cité mercredi par Gaétan Barrette. « C'est un plan ambitieux, mais réalisable », croit-il.

Dans la dernière décennie, le Québec s'était penché sur le droit de mourir dans la dignité et sur les soins de fin de vie, à l'occasion de deux commissions spéciales. En juin 2014, le gouvernement du Québec a adopté la loi 2 sur les soins de fin de vie qui oblige chaque établissement de santé à se doter d'un programme de soins palliatifs.

« Les soins palliatifs et ceux de fin de vie constituent le seul programme de soins à avoir été encadré par une loi spécifique au Québec », explique Bérard Riverin, qui rappelle de plus que le ministre de la Santé a déposé, en 2015, un plan quinquennal de développement en soins palliatifs et de fin de vie.

Une priorité gouvernementale

En clair, dit le DG de la Société de soins palliatifs du Grand Montréal, les soins palliatifs sont devenus une priorité gouvernementale. « Ce n'est pas que je veuille lancer des fleurs au ministre Barrette, dit-il. Mais c'est la première fois qu'on adopte un plan avec des cibles. »

Ce plan vise à accroître l'accessibilité à des soins de fin de vie de qualité dans l'ensemble de la province. Reste à savoir si Québec procurera au réseau le financement et les ressources nécessaires pour atteindre ce but. Bérard Riverin s'encourage du fait que le ministère de la Santé accorde, depuis 2015, 10 millions de dollars supplémentaires par année aux proches aidants.

Certes, c'est peu considérant que le budget annuel de la santé au Québec s'élève à 34 milliards de dollars. « Mais si l'on fait une bonne utilisation des ressources, nous devrions y arriver », dit M. Riverin.

Un partenariat nécessaire

Le DG de la Société de soins palliatifs du Grand Montréal mise notamment sur le partenariat entre les établissements et des organismes comme le sien. « Nous, on est petit et on s'occupe de 25 % de tous les cas de soins palliatifs à domicile à Montréal », affirme-t-il.

En cinq ans, la proportion de personnes décédées à la maison après avoir reçu des soins de la Société de soins palliatifs du Grand Montréal est passée de 18 % à 50 %.

La Société de soins palliatifs du Grand Montréal peut compter sur les services d'une quinzaine de médecins et d'une vingtaine d'infirmières, de douze préposés aux bénéficiaires, d'un psychologue et d'une soixantaine de bénévoles.

Les médecins seraient ouverts à l'idée

Avec le vieillissement de la population, Bérard Riverin pense qu'il y a « urgence d'agir ».

Et il assure que les médecins sont ouverts à l'idée de pratiquer davantage à domicile, « parce qu'ils y voient des avantages incontournables pour leurs patients et pour les proches de celui-ci ».

Les médecins sont ouverts, à la condition toutefois que « les incitatifs financiers soient présents » et qu'ils puissent disposer d'une équipe de soins complète, précise M. Riverin. « Si le médecin est seul autour du lit du malade, il y a un handicap majeur là ».

S'il est loin le temps où le docteur se déplaçait, trousse à la main, pour visiter les mourants. Bérard Riverin pense néanmoins qu'une proportion grandissante de gens souhaitent franchir l'ultime étape dans leur maison.

« La population a développé le réflexe d'avoir recours à la grosse structure hospitalière et, d'ailleurs, on était inconfortable avec l'idée de décéder à domicile, dit Bérard Riverin. Maintenant, on est en train de retrouver cette culture-là. »

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