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Le sort des témoignages d'anciens pensionnaires autochtones devant la Cour suprême

En compagnie de sa petite-fille et d’autres membres de sa communauté, Tom Roberts a entrepris une marche de guérison d’une durée de six jours qui le mènera de son ancien pensionnat de Prince Albert à sa maison de Stanley Mission, en Saskatchewan.

En compagnie de sa petite-fille et d’autres membres de sa communauté, Tom Roberts a entrepris une marche de guérison d’une durée de six jours qui le mènera de son ancien pensionnat de Prince Albert à sa maison de Stanley Mission, en Saskatchewan.

Photo :  Tom Roberts

CBC News
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La Cour suprême du Canada se penche aujourd'hui sur la confidentialité de dizaines de milliers de témoignages livrés par des survivants de pensionnats pour Autochtones.

Au cœur du litige figurent plus de 35 000 témoignages recueillis par le Processus d'évaluation indépendant, mis sur pied pour permettre aux victimes d’être indemnisées pour les torts subis dans les pensionnats. Il ne s'agit pas des témoignages recueillis lors de la Commission de vérité et réconciliation.

 

Les rencontres individuelles qui ont eu lieu dans le cadre du Processus d'évaluation indépendant avaient pour objectif de déterminer le dédommagement à verser à chacun des pensionnaires. Presque tous les cas ont été réglés et plus de 3 milliards de dollars ont été versés aux survivants en reconnaissance des dommages sociaux, culturels, physiques et sexuels subis.

Confidentiels, les documents du Processus d'évaluation indépendant pourraient maintenant être détruits.

Des avis partagés

Des voix s’élèvent cependant pour qu’ils soient conservés, mais les opinions varient énormément sur le sujet.

Pour certains, les conserver constituerait la plus grande violation de la vie privée dans l'histoire du Canada. Pour d’autres, les détruire équivaudrait à blanchir l’un des chapitres les plus sombres de l'histoire du pays.

Des compromis sont suggérés, comme, par exemple, rendre les témoignages anonymes ou demander à chacun des pensionnaires de décider du sort de ses documents personnels.

Les organisations autochtones ne s’entendent pas non plus sur cet enjeu. L'Assemblée des Premières Nations défend la destruction des documents tandis que la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan préconise leur préservation.

« Les Canadiens doivent savoir »

Tom Roberts, qui a été présentateur à CBC pendant 27 ans en Saskatchewan, est aujourd'hui intervenant auprès des anciens pensionnaires de la communauté de Lac La Ronge. Lui et ses frères et sœurs ont passé de nombreuses années au pensionnat de Prince Albert, où il leur était interdit non seulement de parler leur langue crie maternelle, mais également d'avoir tout contact entre eux.

Selon lui, il est essentiel que chaque élément de preuve soit préservé.

« Les Canadiens doivent savoir ce qui s’est passé. Ce n'est pas une histoire orale, tout est documenté. »

— Une citation de  Tom Roberts

« Des survivants hésitent encore à partager des souvenirs aussi douloureux et souvent honteux, mais cela doit être fait. Pour pouvoir guérir, il faut laisser aller cette frustration et cette colère », estime Tom Roberts.

La décision de la Cour suprême du Canada est attendue au cours des prochains mois.

 

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