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Les hommes et les femmes inégaux devant l'asthme allergique

L’asthme allergique est deux fois plus fréquent chez les femmes, qui développent des formes plus sévères de la maladie.

L’asthme allergique est deux fois plus fréquent chez les femmes, qui développent des formes plus sévères de la maladie.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les hormones telles que la testostérone agissent sur le système immunitaire et influent sur la susceptibilité à l'asthme allergique. Explications.

Un texte d'Alain Labelle

L'asthme frappe environ 8,1 % des Canadiens de 12 ans et plus, soit environ 2,4 millions de personnes. Les premières manifestations surviennent habituellement pendant l’enfance.

C’est une maladie respiratoire complexe définie par une hyperréactivité bronchique et une inflammation chronique des voies respiratoires.

Des études montrent qu’il existe des disparités entre hommes et femmes. Les scientifiques remarquent une plus grande prévalence chez les garçons par rapport aux filles avant l'âge de 10 ans, alors que cette tendance s'inverse à la puberté.

Ainsi, chez l'adulte, l’asthme allergique est deux fois plus fréquent chez les femmes, et elles développent des formes plus sévères de la maladie.

Dans le cas de l’asthme allergique, certaines cellules du système immunitaire des personnes atteintes sécrètent anormalement des protéines cytokines Th2. Celles-ci participent à la réaction inflammatoire des bronches lors d’une crise asthmatique.

Une nouvelle population de cellules immunitaires a récemment été identifiée dans les poumons, les cellules lymphoïdes innées de type 2 (ILC2). En raison de leur capacité à produire des médiateurs de l'asthme allergique très précocement après une sensibilisation des poumons avec un allergène, ces cellules exercent une fonction centrale dans l'initiation et l'orchestration des réponses immunitaires conduisant au développement de la maladie.

La piste sexuelle

Le chercheur français Jean-Charles Guéry et ses collègues du Centre de physiopathologie de Toulouse-Purpan se sont intéressés au lien entre le système immunitaire et les hormones sexuelles, qui pourrait en partie contribuer aux différences entre les hommes et les femmes.

Ils ont d’abord mis en évidence le fait que, comme chez les humains, les mâles souris développaient un asthme allergique aux acariens beaucoup moins sévère que les femelles. Ce même type de réponse a été observé lorsque les chercheurs induisaient une inflammation pulmonaire. Cette différence disparaissait chez les mâles castrés, tandis que la « castration » des femelles n'avait aucun effet, suggérant un rôle clé des hormones mâles.

Dans des expériences in vitro, l’équipe de recherche a ensuite montré que la testostérone inhibe le développement des ILC2, tandis qu'un anti-androgène, molécule diminuant l'activité des hormones mâles, avait l'effet inverse.

De plus, chez des souris mâles non castrées, mais ne portant aucun récepteur aux androgènes sur leurs cellules lymphoïdes innées de type 2, les chercheurs ont constaté une prolifération plus importante de ces dernières dans les poumons associées à une inflammation plus sévère. Cette dernière observation confirme le rôle clé du récepteur aux androgènes dans les pathologies respiratoires dépendantes des ILC2.

Le récepteur aux androgènes pourrait représenter une nouvelle cible thérapeutique, dans le but d'inhiber l’action des cellules lymphoïdes innées de type 2 chez les patients asthmatiques.

Une citation de : Jean-Charles Guéry

Selon les auteurs de ces travaux publiés dans The Journal of Experimental Medecine (Nouvelle fenêtre), ces nouvelles connaissances pourraient permettre de créer, à moyen terme, un nouveau traitement de l'asthme allergique chez l’être humain.

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