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Vente de Tembec : entre inquiétudes et prudence

Les installations de Tembec à Témiscaming

Les installations de Tembec à Témiscaming

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un autre fleuron québécois passe à des intérêts étrangers. La forestière Tembec, qui compte environ 3000 employés, dont 850 en Abitibi-Témiscamingue, est vendue à l'entreprise américaine Rayonier Advanced Materials, pour plus d'un milliard de dollars.

Avec les informations de Tanya Neveu et Angie Landry

La société entend garder un siège de décision canadien à Montréal et maintiendra ses activités et des emplois de Tembec au Canada et en France. Tembec possède plusieurs installations en Abitibi-Témiscamingue, ce qui engendre près de 850 emplois.

Quels impacts pour la région?

« Ça peut pas être pire que c'était. Les gens disent que c'est juste du positif. » Au dépanneur, à l'épicerie et dans la rue, on ne parle que de la vente de Tembec. À Temiscaming, l'entreprise est présente depuis 44 ans et emploie aujourd'hui près de 800 personnes.

La direction de Rayonier a promis de maintenir toutes les activités de Tembec et de garder un siège social canadien à Montréal. La mairesse de Témiscaming, Nicole Rochon, a appris la nouvelle en matinée jeudi. Même si elle estime qu'il est encore tôt pour réagir, elle croit que l'engagement de Rayonier à respecter les investissements prévus chez Tembec est rassurant.

« On sait que Tembec avait annoncé plusieurs millions au Québec et en Ontario, assure Mme Rochon. Il y a aussi le fait que ça va complémenter les opérations au niveau du taux de change », explique-t-elle, assurant qu'elle allait suivre avec attention le dossier du maintien des emplois dans la région.

« La personne à qui j'ai parlé ce matin s'est quand même faite rassurante. »

— Une citation de  Nicole Rochon, mairesse de Témiscaming

À La Sarre, où Tembec est un moteur économique avec plus de 150 travailleurs à l'usine de bois d'oeuvre et plusieurs emplois périphériques en transport et en foresterie notamment, le maire Normand Houde a aussi été surpris par cette nouvelle jeudi matin. Il indique d'ailleurs avoir rencontré la direction de Tembec il y a quelques semaines pour s'assurer que l'entreprise maintenait sa volonté de moderniser les installations de La Sarre.

« Je voyais les subventions qui s'en allaient au Témiscamingue et ils nous ont promis depuis 8-9 ans de faire des transformations à l'usine de La Sarre et ça ne grouillait pas, explique-t-il. Donc, ils sont venus nous rencontrer pour nous confirmer que des transformations commenceraient cet automne pour environ 9 ou 10 millions. »

« Ils nous ont confirmé ce matin que les transformations vont continuer à se faire et qu'il n'y aura aucun changement au niveau du personnel. On est obligés de les croire. [Mais] on est inquiets quand même. »

— Une citation de  Normand Houde, maire de La Sarre
Panneau de l'usine de Tembec à Témiscaming, au TémiscamingueAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'usine de Tembec à Témiscaming, au Témiscamingue

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Le ministre des Forêts rassuré par les intentions de Rayonier

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs s'est dit rassuré de la volonté de Rayonier Advanced Materials de maintenir les emplois au Québec dans la foulée de la vente de Tembec à l'Américaine. À la suite d'un entretien avec l'actuel président et chef de la direction de Tembec, James Lopez, Luc Blanchette s'est dit rassuré du maintien des emplois en production et en administration. Le ministre s'est aussi dit rassuré que le bureau de direction de Montréal demeure.

Il ajoute que Rayonier a aussi promis de continuer à investir dans ses installations au Québec en échange de tarifs hydroélectriques avantageux consentis à Tembec par le gouvernement.

« Auparavant le Parti québécois consentait à des tarifs réduits, mais il n'y avait pas de contreparties de demandées, rappelle M. Blanchette. Donc, nous on dit : ''oui on va vous donner tant de liquidités auprès d'Hydro-Québec, mais en contrepartie, on exige et on demande des travaux d'investissements'' et [c'est ce] qu'ils vont faire. »

« Donc, on a une assurance, les emplois sont là, sont maintenus, mais en plus il y aura du développement technologique qui se fera. Nous on considère que c'est une bonne nouvelle. »

— Une citation de  Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs

Concernant la vente d'un autre fleuron de l'économie québécoise après St-Hubert et Rona, Luc Blanchette a mentionné qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter, notamment parce que cette transaction est aussi synonyme d'attraction d'investissements et de diversification des marchés. Il évalue par ailleurs que les entreprises québécoises font davantage d'acquisitions à l'extérieur du Québec que l'inverse.

Des airs de déjà-vu

Cette transaction inquiète toutefois le président du syndicat des travailleurs de Tembec à Témiscaming, Roger Gauthier. Il compare cette transaction à celle de l'entreprise Rio Tinto lors de l'acquisition du géant canadien de l'aluminium Alcan, en 2007. « Quand il y a une consolidation de deux entreprises, souvent il y a des victimes de pertes d'emploi, plaidet-il. Là, ça nous concerne. Même si M. Lopez dit qu'on va avoir un bureau central à Montréal, j'aimerais bien parler avec la gang d'Alcan et de Rio Tinto pour voir ce qu'ils en pensent! »

« On est inquiets des emplois, on est inquiets de la région, [vont-ils] penser au coeur de la région, [vont-ils] penser à nous autres? [Vont-ils] penser à la ville, aux scieries.. à Bearn, à La Sarre? On est tous inquiets de ça! »

— Une citation de  Roger Gauthier

Unir les forces

James Lopez et Paul BoyntonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président et chef de la direction de Tembec James Lopez et son homologue de Rayonier Advanced Matirials Paul Boynton se félicitent de la transaction.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La vice-présidente aux ressources humaines et affaires publiques chez Tembec, Linda Coates, estime qu'il s'agit d'une bonne nouvelle. Elle explique que les activités de l'entreprise Rayonier sont complémentaires avec celles de Tembec.

« En unissant les deux entreprises, ça va créer une entité beaucoup plus forte et beaucoup plus diversifiée. Rayonier a vraiment une seule spécialité, et c'est une cellulose de grande pureté, alors nous allons ajouter beaucoup à leur portefeuille. »

— Une citation de  Linda Coates

Mme Coates rappelle que Tembec possède plusieurs spécialités, soit la production de produits forestiers, de pâte à haut rendement, de carton couché et de papier journal.

Si la firme américaine Rayonier Advanced Materials, de Jacksonville, en Floride, offre 807 millions de dollars américains, c'est principalement pour mettre la main sur l'expertise développée par Tembec dans le secteur de la fibre cellulosique.

Les conseils d'administration des deux entreprises ont approuvé à l'unanimité cette offre d'achat amicale, qui accordera aux actionnaires de Tembec une prime de 37 % par rapport au prix des actions à la fermeture des marchés hier après-midi.

Rayonier promet de respecter les projets d'investissements dans quatre usines québécoises annoncés récemment, et de maintenir les activités de Tembec au pays.

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