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Comment l’attentat de Manchester interpelle les jeunes d'ici

Ariana Grande

Ariana Grande

Photo : Invision / Evan Agostini

Radio-Canada

Un peu partout au Canada, l'attentat-suicide de Manchester qui a fait 22 morts et une cinquantaine de blessés à la sortie d'un concert de musique pop a touché des adolescents qui semblent maintenant plus interpellés par le terrorisme.

Un texte de Dorothée Giroux, de L'Heure du monde

« Cela m’a fait vraiment beaucoup pleurer de savoir que des gens ont pu être aussi méchants en s’attaquant aux fans d’Ariana Grande. Tous ceux qui étaient au concert de Manchester étaient là pour avoir du plaisir. »

Élizabeth, 15 ans, qui porte une longue queue de cheval comme son idole et un chandail avec l’inscription « Ariana Grande », a vu la chanteuse américaine à deux reprises au Centre Bell, à Montréal.

La première fois à 13 ans, en compagnie de sa mère, la deuxième, à 14 ans, en compagnie d'une amie. Elle garde un souvenir inoubliable de chacun de ces spectacles.

« C‘est une des plus belles soirées de ma vie. Je me rappelle quand la musique s’est arrêtée, j’avais le sourire étampé dans la face, raconte l'adolescente. J’étais super heureuse. Mais pour eux à Manchester, ce moment a été gâché. Ces jeunes étaient réunis là pour voir Ariana Grande et ils ont perdu la vie ou ont été blessés en assistant à son concert. Elle a probablement ces morts sur la conscience, même si ce n’est pas de sa faute. »

Malgré cet attentat, Élizabeth, une étudiante en troisième secondaire, n’a pas l’intention de se priver de spectacles.

J’espère que ça ne va pas changer la façon de voir des concerts, la musique est quelque chose qui nous réunit, c’est important dans notre culture, je vais y aller quand même.

Élizebeth, une adolescente qui admire la chanteuse Ariana Grande

Des adolescentes choquées

Béatrice, Anaïs, Léa et Alessia vivent à Alma, au Lac-Saint-Jean, à plus de 5000 kilomètres de l’aréna de Manchester.

En visite scolaire à Montréal le lendemain de l’attentat, ces filles de 13, 14 et 15 ans se disent, pour la première fois, touchées par un acte terroriste.

« Je me mets vraiment à la place des gens de mon âge, je suis capable de me comparer, beaucoup plus que si les victimes étaient des adultes. Il y avait plein d’enfants, ça me choque que cet endroit ait été ciblé. Je ne sais pas c’est quoi le but des terroristes. Ce n’est jamais une bonne idée de faire un attentat, mais encore moins à cet endroit, bondé de jeunes », a indiqué l'une des filles.

Ces quatre étudiantes de l’école secondaire Camille-Lavoie pensent aux jeunes de leur âge qui, à des milliers de kilomètres, subissent les répercussions du concert de Manchester.

« Quand on est plus jeunes, on ne s’attend pas à ce que quelque chose d’aussi grave puisse arriver à nos amis ou à notre famille. Pour les amis des victimes, ça doit être tout un choc. Je n’aimerais vraiment pas ça être à leur place, surtout que quand on est plus jeunes, on contrôle moins nos émotions et on a moins de ressources pour y faire face. Un adulte qui vit un deuil oui, il le vit de la même façon, mais il a plus de trucs pour passer au travers, tandis qu’un jeune va avoir beaucoup plus de difficultés à passer à travers un deuil », a dit l'une d'elles.

Les étudiantes voudraient que l’école les informe davantage, par des conférences sur le terrorisme et des ateliers, sur la façon de se sortir de situations critiques et dangereuses.

Une des enseignantes qui accompagne le groupe en visite scolaire à Montréal a lancé une conversation avec les élèves. Dominique Fortin leur a demandé s’ils connaissaient les motifs des terroristes. Les réponses des jeunes : « racisme, méchanceté, des gens qui ne tiennent pas à leur vie ».

Dominique Fortin va continuer la conversation sur ce qui a provoqué une certaine onde de choc chez les adolescents.

L'objectif est d’ouvrir la discussion pour qu’ils soient informés de ce qui se passe un peu partout dans le monde par rapport au terrorisme et d’enlever certains préjugés, de faire en sorte qu’il n’y ait pas de généralisation.

Dominique Fortin, enseignante à l'école secondaire Camille-Lavoie, d'Alma

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