•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des groupes communautaires contestent des hausses de loyer imposées par la CSDM

Quelque 150 personnes travaillant dans le milieu communautaire ont manifesté devant les bureaux de la Commission scolaire de Montréal pour contester les hausses de loyers faramineuses qui leur seront imposées l'année prochaine.
Quelque 150 personnes travaillant dans le milieu communautaire ont manifesté devant les bureaux de la Commission scolaire de Montréal pour contester les hausses de loyers faramineuses qui leur seront imposées l'année prochaine. Photo: Radio-Canada / Diana Gonzalez
Radio-Canada

Près de 150 personnes issues du milieu communautaire ont manifesté, mercredi, devant les locaux de la Commission scolaire de Montréal (CSDM). Ils dénoncent les hausses de loyer faramineuses que la CSDM compte leur imposer dès cette année pour occuper certains de ses locaux, habituellement loués à prix modique.

Les manifestants cherchaient à attirer l’attention des commissaires, réunis lors d'une séance ordinaire du conseil des commissaires, sur les conséquences d’une hausse du prix de leur loyer.

Les organismes présents ont avancé que ces augmentations engendreront une situation intenable à court terme pour la plupart d’entre eux.

C’est notamment le cas du Centre de la petite enfance (CPE) Alexis le Trotteur, situé dans le Mile-End, un des organismes visés par une hausse de loyer.

La direction du CPE débourse actuellement 77 000 $ par année pour occuper un local de la CSDM, un montant fixe depuis 2013. La CSDM veut faire passer ce montant à 122 000 $ en 2018. Cela constitue donc une hausse de 58 %.

Pour le directeur du CPE, Guy Arsenault, il s’agit-là d’un scénario catastrophique.

« Pour la première fois, je suis dans une impasse, se désole-t-il. J’ai une limite, nous gérons des fonds publics. On a une responsabilité sur ces fonds publics et on ne peut pas engager des fonds qu’on n’a pas. »

Même son de cloche du côté du centre communautaire Le Chez-Nous de Mercier-Est, un établissement qui offre des services aux personnes âgées.

Le centre loue actuellement une ancienne cour d’école qu’il a transformée en stationnement pour ses membres. L’organisme voit le montant demandé pour son loyer passer de 1 $ annuellement à 30 000 $, soit une hausse fulgurante de 30 000 %.

« Nos membres sont sous le choc et sont absolument inquiets, de même que notre conseil d’administration, parce que nous n’avons pas cette somme-là », explique Léon Fortin, le directeur de l'organisme.

La clientèle du centre de communautaire « Le Chez-Nous de Mercier-Est » est outrée par la hausse de 33 000 % du prix du loyer de l'organisme.La clientèle du centre de communautaire « Le Chez-Nous de Mercier-Est » est outrée par la hausse de 33 000 % du prix du loyer de l'organisme. Photo : Radio-Canada

Un déficit à combler

La présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, a défendu le choix d’imposer des hausses aussi importantes en invoquant un manque à gagner de près de 3 millions de dollars pour assurer l'entretien et le maintien de ses bâtiments.

En effet, la location génère des revenus de 6,4 millions de dollars annuellement. Cependant, l’entretien des locaux et des bâtiments, souvent vétustes, entraîne des dépenses estimées à 9,6 millions de dollars.

La CSDM se voit ainsi forcée de refiler une partie de la facture aux organismes communautaires, puisqu’elle ne peut assumer à elle seule « à même le fonds destiné aux élèves » ce déficit de 3 millions de dollars.

« La situation est telle qu'on a des travaux d'ampleur à mener dans les immeubles excédentaires de la CSDM, travaux qui ne sont pas financés par le gouvernement du Québec ou par aucun partenaire. Donc, on est dans l'obligation de faire des augmentations juste pour maintenir en état ces bâtiments-là », a précisé Catherine Harel Bourdon.

Les organismes communautaires, qui ont pris la parole durant la période de questions, aimeraient quant à eux voir une forme d’arrangement basé sur leur capacité de payer.

Pour l’instant, la commission scolaire semble vouloir aller de l’avant avec ses augmentations de loyer. Catherine Harel Bourdon n’exclut pas la possibilité de négocier certains aspects de la hausse avec les organismes.

Si on pouvait, on vous offrirait des baux à rabais, on offrirait la gratuité.

La présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon

Par exemple, dans le cas du centre communautaire Le Chez-Nous Mercier-Est, la CSDM propose de revoir la superficie du stationnement loué, de façon à faire baisser la facture.

La CSDM espère également l'intervention de la Ville de Montréal et du gouvernement du Québec dans le dossier, afin de trouver des « solutions permanentes au manque d'espaces abordables » pour héberger les organismes communautaires de la métropole dans le cadre de son plan d'action sur le développement social.

Avec les informations de Jacques Bissonnette et de Diana Gonzalez

Grand Montréal

Éducation