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Famille : la guerre des écrans

Photo de Victor allongé dans un lit et branché sur des électrodes.

Victor s'est prêté à un test au Centre d'études avancées en médecine du sommeil.

Photo : Radio-Canada / Gildas Meneu

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Télévision, ordinateur, console de jeu, tablette, téléphone intelligent : les écrans se multiplient. Nous les utilisons chaque jour, pour le travail et les loisirs. Mais en abuser peut entraîner d'importants problèmes de santé. Démonstration.

Un texte de Gildas Meneu de Remue-ménage

Dans la famille d’Isabelle Lukawecki, on compte pas moins de 13 écrans. Les parents sont accros à leur téléphone, les ados, à leur tablette. La mère de quatre enfants trouve la situation ingérable.

Portrait d'Isabelle et Jonathan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Isabelle et Jonathan ne savent plus comment gérer les multiples écrans de leurs ados.

Photo : Radio-Canada

J'ai l'impression que les enfants deviennent paresseux. Ils ont accès à tout. Ils peuvent rester chez eux et voir leurs amis en vidéo. Ils n’ont même pas besoin de sortir.

Isabelle Lukawecki, mère de quatre enfants

Mais dans la maison, une règle subsiste : les repas en famille. Au moins une fois par jour, tout le monde mange ensemble. Pour se parler.

On demande aux enfants de laisser la tablette. Ils la cachent souvent derrière la chaise. Dès qu’on a le dos tourné, ils prennent leurs messages.

Isabelle Lukawecki, mère de quatre enfants

Cette famille n'a rien d'unique. Les écrans sont partout : 90 % des foyers québécois sont connectés à Internet et la majorité d’entre eux possèdent ordinateur, télé connectée, console de jeux et téléphones intelligents.

Les parents constatent que leurs deux aînés passent facilement 80 % de leur temps d’éveil devant un écran. Une statistique que les recherches confirment.

 
  • Près de 2 jeunes sur 3 passent plus de 2 heures par jour devant des écrans durant leurs moments de loisirs.
  • Près de 1 jeune sur 5 passe 35 heures ou plus par semaine devant un écran.

Une lutte incessante

Martin Lessard, chroniqueur techno à l’émission La sphère à Radio-Canada Première, vit la même chose à la maison. « J’ai deux adolescents. Il ne faut pas le prendre personnel. On aime être en lien avec les autres. Si un outil nous le permet, c'est normal d'en être fou. »

Portrait de Martin LessardAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Martin Lessard, chroniqueur à l'émission La Sphère, ICI Radio-Canada Premiere

Photo : Radio-Canada

Je suis toujours en train de discuter du temps d'écran. Les écrans, avant, c'était du divertissement. Maintenant, si je coupe Internet, je coupe leurs liens sociaux.

Martin Lessard, chroniqueur à l’émission « La sphère » à ICI Radio-Canada Première

Les aînés d’Isabelle, Victor, 16 ans, et Daphnée, 13 ans, auraient bien du mal à se séparer de leur tablette. Ils l’utilisent à la fois à l’école et à la maison. Daphnée avoue l’utiliser au moins six heures par jour, et dit avoir de la difficulté à se concentrer lorsqu’elle fait ses devoirs.

Portrait des adolescents Victor et DaphnéeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Victor et Daphnée, et leurs tablettes numériques préférées.

Photo : Radio-Canada / Gildas Meneu

À chaque fois que je fais mon devoir, il y a quelque chose qui se passe sur ma tablette. Ça me déconcentre.

Daphnée, 13 ans

Ce qui perturbe Daphnée, ce sont les notifications. Une véritable plaie, selon le chroniqueur Martin Lessard. « C’est une invention du diable. C’est quelque chose qui vient te titiller du coin de l’oeil, un signal qui t’indique que quelqu'un s'intéresse à toi. La recette parfaite pour rester collé à un écran. »

Santé, lumière bleue et sommeil

À court d’arguments pour inciter ses ados à décrocher des écrans, Isabelle s'inquiète pourtant pour leur santé. Et les études lui donnent raison. Manque de sommeil, myopie prématurée, problèmes de colonne vertébrale : ces appareils peuvent à la longue nuire à la santé.

La lumière bleue, particulière, est émise par tous les écrans. Elle inhibe la production de mélatonine, la fameuse hormone du sommeil. Les écrans retardent et rendent difficile l’endormissement. « Il y a une quinzaine d’années, on a découvert dans nos yeux la mélanopsine, un pigment particulièrement sensible à la lumière bleue », explique Véronique Daneault, associée de recherche au Centre d'études avancées en médecine du sommeil de l'Hôpital du Sacré-Coeur de Montréal.

Portrait de Véronique Daneault, associée de recherche au Centre d'études avancées en médecine du sommeilAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Véronique Daneault, associée de recherche au Centre d'études avancées en médecine du sommeil.

Photo : Radio-Canada / Gildas Meneu

Quand on regarde de la lumière bleue, on vient stimuler notre cerveau. On lui donne un signal d'éveil, ce qui est en contradiction avec la préparation au sommeil.

Véronique Daneault, associée de recherche au Centre d'études avancées en médecine du sommeil

Pour réduire l’effet de cette lumière, Véronique Daneault recommande d’éviter tout écran deux heures avant de se coucher.

La myopie, un véritable fléau

Autre conséquence de la surutilisation des écrans : la myopie prématurée. En Amérique du Nord, les enfants souffrant de myopie sont deux fois plus nombreux qu’il y a 20 ans.

L’Organisation mondiale de la santé a déjà sonné l'alarme. Le nombre de cas de myopie est encore plus préoccupant en Europe et surtout en Asie, où, dans certains pays, 98 % des adultes sont myopes.

D’autres facteurs sont en cause, comme la génétique, mais, de plus en plus, les experts montrent du doigt l’abus d’écrans en tous genres.

Image des cervicales d'un cou humainAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Déplacement cervical dû au syndrome du cou texto.

Photo : Radio-Canada

Syndrome du cou texto

Depuis quelques années, les chiropraticiens constatent que le cou souffre de l'utilisation des téléphones intelligents. La tête penchée, cette posture typique lorsqu'on consulte notre appareil, peut avoir des conséquences graves à long terme.

La chiropraticienne Marie-Hélène Boivin le confirme : « On ne voit presque plus de courbes cervicales normales. Il y a toujours un petit quelque chose. Les épaules des patients sont arrondies vers l’avant. »

On ne prend pas cette situation au sérieux. À long terme, cette posture peut créer des problèmes respiratoires, des douleurs chroniques et un dos voûté prématurément.

Marie-Hélène Boivin, chiropraticienne
Portrait de Marie-Hélène Boivin, chiropraticienneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marie-Hélène Boivin, chiropraticienne.

Photo : Radio-Canada / Gildas Meneu

Conseils aux parents

Pour éviter ces problèmes de santé, il n’y a malheureusement pas tant de solutions. Il faut simplement passer moins de temps devant nos écrans préférés.

La Société canadienne de pédiatrie recommande que les tout-petits de moins de 2 ans ne soient exposés à aucun écran.

Les enfants de 2 à 4 ans ne devraient pas y passer plus d’une heure par jour. Et pas plus de deux heures par jour pour les enfants de 5 à 11 ans.

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