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Système de paye Phénix : le gouffre financier se creuse

Une image noir et rouge avec un signe de dollar qui représente le système de paye Phénix.

Le système de paye Phénix

Photo : Radio-Canada / Isabelle Plamondon

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement Trudeau annonce un nouvel investissement de 142 millions de dollars sur deux ans pour venir à bout des problèmes liés au système de paye Phénix.

Dans une nouvelle mise à jour, mercredi, le député de Gatineau et secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Steven MacKinnon, a précisé que ces investissements sont nécessaires pour rétablir le système de paye des fonctionnaires fédéraux.

« Il s'agit d'une situation ou nous avons besoin davantage de capacité et c'est en anticipation de cela, mais aussi dans l'optique de régler le problème une fois pour toutes, que nous proposons ces mesures aujourd'hui », a dit M. MacKinnon.

En avril, Radio-Canada révélait qu'Ottawa faisait son deuil des économies de 70 millions de dollars par année que Phénix devait générer et qu'il réinvestissait cet argent dans les ministères pour leur permettre de gérer les coûts additionnels engendrés par les problèmes du système.

Les nouveaux investissements de 142 millions de dollars font grimper la facture totale pour régler les problèmes de paye à plus de 400 millions de dollars. Réparer le système aura coûté plus cher que sa mise en oeuvre.

Embauches supplémentaires

Les millions supplémentaires seront consacrés, entre autres, à l'embauche de 200 nouveaux conseillers en rémunération, à Miramichi et dans les bureaux satellites, « afin de combler le trou massif laissé par le gouvernement précédent », indique un document explicatif.

Par ailleurs, le gouvernement Trudeau entend prolonger le fonctionnement de ces bureaux aussi longtemps que nécessaire pour aider à rattraper le retard dans le traitement de la paye des fonctionnaires.

Le fédéral effectuera la semaine prochaine une mise à jour au sujet de l'évolution du nombre de problèmes de paye dans la fonction publique.

Un nouvel outil de gestion des cas

Par ailleurs, le groupe de travail ministériel chargé de corriger le système de paye annonce la création d'un nouvel outil qui permettra aux conseillers en rémunération d'être tenus informés de l'évolution dans le système des transactions pour chaque employé.

Ce nouvel outil, espère-t-on, permettra d'améliorer les informations communiquées aux fonctionnaires.

Ras-le-bol des conservateurs

Le député de Beauport-Limoilou, Alupa Clarke, a indiqué que sa formation était fatiguée d'entendre les libéraux blâmer l'ancien gouvernement Harper pour tous les maux de Phénix.

« Le gouvernement est élu! Ils [les libéraux] sont là depuis un an et demi. Écoutez, à un moment donné, il faut qu'ils arrêtent de tout blâmer sur les épaules des autres. »

— Une citation de  Alupa Clarke, député conservateur de Beauport-Limoilou

M. Clarke rappelle que sur les 700 conseillers en rémunération renvoyés en raison de l'adoption de Phénix, « les libéraux ont mis à la porte 250 employés sur ces 700, entre février et avril 2016, alors même que les rapports disaient qu'il fallait garder l'expertise en place ».

Les syndicats satisfaits, mais prudents

L'annonce d'investissements supplémentaires pour régler les problèmes du système Phénix réjouit les syndicats de fonctionnaires qui réclament depuis des mois cette mesure.

Le président de l'Association canadienne des agents financiers, qui représente les gestionnaires financiers du gouvernement fédéral, Dany Richard, veut se tenir loin des querelles politiques.

« On ne cherche pas à trouver qui blâmer, conservateurs ou libéraux. Ce qu'on veut vraiment c'est régler le problème », explique-t-il. « Les mesures qui ont été prises récemment, ça montre un pas dans la bonne direction, alors ça, c'est bien. Mais pourquoi avoir pris aussi longtemps? C'est ça qui est décevant. »

À l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), le vice-président national, Stéphane Aubry, déplore le manque de précisions sur la participation de l'entreprise qui a conçu Phénix dans la résolution des problèmes.

« On n’a pas parlé [...] de l'entente avec IBM et de son implication à résoudre cette situation-là ni de sa responsabilité », souligne-t-il.

M. Aubry ajoute que l'IPFPC aurait aimé que le gouvernement fédéral fasse davantage appel à ses ressources à l'interne pour résoudre les problèmes de Phénix.

Avec les informations de la journaliste Catherine Lanthier

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