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Votre intelligence en 52 gènes

Ces résultats fournissent pour la première fois des indices clairs sur les mécanismes biologiques sous-jacents à l’intelligence.
Ces résultats fournissent pour la première fois des indices clairs sur les mécanismes biologiques sous-jacents à l’intelligence. Photo: iStock
Radio-Canada

En analysant les données génétiques et les résultats à des tests d'intelligence obtenus par plus de 78 000 personnes, des chercheurs néerlandais ont découvert de nouveaux gènes et de nouvelles voies biologiques associés à l'intelligence humaine. Suivez-vous?

Un texte d'Alain Labelle

L’intelligence est certainement l’un des traits humains les plus étudiés puisqu’elle est régulièrement associée à la réussite économique et sociale, et même à une meilleure santé générale.

Malgré le fait que l’hérédité est jugée importante dans la transmission de l’intelligence, seulement un petit nombre de gènes lui ont été associés à ce jour, et la fiabilité des travaux pour l'établir ne fait pas l’unanimité.

La présente étude a été réalisée par la Pre Danielle Posthuma et son équipe de la Vrije Universiteit Amsterdam, aux Pays-Bas. Elle révèle l’existence de 52 gènes associés à l'intelligence, dont 40 qui n’avaient jamais été associés aux capacités mentales jusqu’à maintenant.

La plupart de ces gènes sont principalement exprimés dans le tissu cérébral.

« Nos résultats sont très excitants, car ils fournissent des associations très solides avec l'intelligence », explique la Pre Posthuma, auteure principale des travaux.

Les gènes que nous avons détectés sont impliqués dans la régulation du développement cellulaire et sont particulièrement importants dans la formation des synapses, l'orientation des axones et la différenciation neuronale.

Danielle Posthuma, professeure

En outre, selon elle, ces résultats fournissent pour la première fois des indices clairs sur les mécanismes biologiques sous-jacents à l’intelligence.

Ils permettent aussi de montrer que les influences génétiques de l'intelligence sont fortement associées au niveau de scolarité et, à un degré moindre, à l'arrêt du tabagisme, au volume intracrânien, à la circonférence de la tête dans la petite enfance, au trouble du spectre autistique et à la taille.

Des corrélations génétiques inverses ont été signalées avec la maladie d'Alzheimer, les symptômes dépressifs, les antécédents de tabagisme, la schizophrénie, le rapport de la taille aux hanches, à l'indice de masse corporelle et au tour de taille.

Ces corrélations génétiques aident à mieux comprendre les voies biologiques communes pour l'intelligence et d'autres traits.

Sept gènes pour l'intelligence sont également associés à la schizophrénie; neuf gènes également à l’indice de masse corporelle, et quatre gènes ont également été associés à l'obésité. Ces trois traits montrent une corrélation négative avec l'intelligence.

Suzanne Sniekers, Vrije Universiteit Amsterdam

Ainsi, il existe des variantes génétiques qui ont un effet positif sur l'intelligence, et d’autres, comme ceux associés à la schizophrénie, à l'indice de masse corporelle ou à l'obésité, qui ont l’effet contraire.

D’autres travaux devront clarifier le rôle exact de ces gènes dans l'intelligence afin d'obtenir une image plus complète de la façon dont les différences génétiques conduisent à des différences dans l'intelligence.

Les résultats génétiques actuels expliquent jusqu'à 5 % de la variance totale dans l'intelligence.

Danielle Posthuma

Ainsi, bien qu'il s'agisse d'une grande quantité de variations pour le trait d'intelligence, il existe encore beaucoup de mystère compte tenu de son héritabilité élevée.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Nature Genetics (Nouvelle fenêtre).

Science