•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Manchester : le kamikaze a préparé le complot avec son frère, soutient la police libyenne

Un soldat et des policiers montent la garde devant l'entrée du ministère britannique de la Défense.

Photo : Reuters / Neil Hall

Radio-Canada
Mis à jour le 

Selon les forces de sécurité libyennes, un frère de l'auteur présumé de l'attentat du Manchester Arena, arrêté hier en Libye, a avoué être membre de l'État islamique et avoir organisé l'attentat qui a fait 22 morts lundi soir. Londres n'a pas confirmé cette information. De son côté, la police britannique a arrêté une septième personne à Manchester, mercredi, liée à l'attentat.

Le frère de l'auteur présumé de l'attentat de Manchester, prénommé Hachem, a avoué après son arrestation mardi par la Force de dissuasion libyenne, qu’il était au courant du projet d’attentat de son frère et qu’il l’avait aidé à le réaliser, selon des informations relayées par l'Agence France-Presse (AFP).

D’après la page Facebook de l'organisation libyenne, qui fait office de police loyale au gouvernement d'union nationale de Libye, Hachem a expliqué que lui et son frère Salman étaient membres de l’État islamique et qu’il était présent en Grande-Bretagne pendant la période de préparation de l’attentat.

Le frère de Salman Abedi « était surveillé depuis un mois et demi », a souligné la Force de dissuasion libyenne, et « les équipes d'investigation ont fourni des renseignements selon lesquels il préparait un acte terroriste dans la capitale, Tripoli ».

Un jeune homme portant une petite moustache et vêtu d'une blouse bleue regarde la caméra, sans sourire. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Hachem Abedi, le frère de l'auteur de l'attentat de Manchester

Photo : Associated Press / Courtoisie : Ahmed Ben Salem

Hachem Abedi a été appréhendé mardi à 20 h, heure locale, alors qu'il venait de récupérer 4500 dinars libyens (environ 4350 dollars canadiens) provenant de son frère Salman, indique une source à l'AFP.

Pour ce qui est de leur père, il est toujours détenu en Libye, après son arrestation mercredi. Il a affirmé à Reuters que « tout était normal », lors de sa dernière conversation téléphonique avec son fils Salman, qui s'est tenue il y a cinq jours.

Il soutient par ailleurs que Salman n'a pas d'idéologie extrémiste, ne fait pas partie du groupe armé État islamique. « La famille est un peu ébranlée parce que Salman n'a pas cette idéologie, il n'a pas ces croyances », a-t-il dit.

Sept arrestations au Royaume-Uni

Pendant ce temps, les arrestations se multiplient en sol britannique. Une septième personne a été arrêtée après un raid à Nuneaton. Un peu plus tôt, la police britannique avait mis en état d'arrestation une femme après avoir effectué un raid dans un immeuble à Blackley, au nord de Manchester.

Quelques heures avant cette arrestation, un autre individu avait été appréhendé près de la localité de Wigan. Il était, selon la police, en possession d'un « paquet » dont le contenu est actuellement analysé.

Plus tôt mercredi, trois autres individus ont été arrêtés dans le sud de Manchester. Les autorités britanniques sont très discrètes sur les liens qu'ils auraient avec l'attentat à la bombe qui a fait 22 morts et 59 blessés, dont de nombreux enfants.

Une autre arrestation avait aussi été effectuée mardi, à Chorlton, toujours au sud de Manchester.

« À l'heure actuelle, six hommes et une femme ont été arrêtés dans l'enquête et restent en garde à vue pour être interrogés », a indiqué dans un communiqué la police.

L'auteur de l'attentat, identifié comme Salman Ramadan Abedi, 22 ans, est un Britannique d'origine libyenne. Ses parents sont tous les deux nés en Libye et ont fui le régime de Mouammar Kadhafi pour trouver refuge au Royaume-Uni.

Salman Abedi n’a pas agi seul, croit la police

Bien qu’il semble avoir mené seul l’attaque de lundi soir au Manchester Arena, les autorités britanniques sont convaincues que Salman Abedi a été aidé par d’autres personnes dans la préparation de ce carnage. Londres n'a toutefois pas confirmé les informations révélées par les autorités libyennes sur la participation du frère de Salman Abedi.

Le chef de la police de Manchester, Ian Hopkins, a pour sa part confirmé en début d'après-midi enquêter « clairement » sur un réseau autour du kamikaze.

Selon la ministre de l'Intérieur, Amber Rudd, Abedi était « connu » des services de sécurité et il « n’a probablement pas agi seul » pour commettre cet attentat « plus élaboré que d'autres ». La bombe qu’il a fait sauter lundi soir dans le foyer du Manchester Arena avait été cachée dans un sac déposé par terre, selon le Times.

Une thèse qu’appuie le ministre de l’Intérieur français, Gérard Colomb, selon qui Salman Abedi s’était radicalisé « après un voyage en Libye, puis sans doute en Syrie ».

Entre-temps, l’armée britannique a été mobilisée pour épauler les forces policières et pour assurer la sécurité lors de grands événements publics. Plus de 3800 soldats sont prêts à intervenir en cas de besoin, selon Londres. Aucun soldat n'est actuellement déployé dans les rues, a tenu à préciser le chef de la police du Grand Manchester, Ian Hopkins.

Le pays est depuis mardi soir en état d’alerte « critique » par crainte d’une nouvelle attaque. Un niveau jamais atteint depuis l’attentat à l'aéroport international de Glasgow en 2007.

Nous ne pouvons ignorer la possibilité qu'un groupe d'individus plus large soit lié à l'attentat de Manchester.

Theresa May, première ministre du Royaume-Uni

Un habitant de Manchester plutôt discret

Selon les médias britanniques, Salman Abedi serait né à Manchester en 1994 dans une famille musulmane pieuse. Il serait le troisième d’une famille de quatre enfants. Il habitait la banlieue de Fallowfield, au sud de Manchester, depuis une dizaine d'années et fréquentait la mosquée locale de Didsbury.

Des voisins interrogés par les médias locaux l’ont décrit comme un garçon discret, respectueux et réservé.

Son père, bien connu au sein de la communauté libyenne de Manchester, se trouverait actuellement à Tripoli, en Libye, selon le quotidien The Guardian.

Selon le Times, Salman Abedi s'était rendu récemment en Libye. Il était parti il y a trois semaines et était rentré il y a quelques jours, d’après le journal, qui cite un ami de classe du kamikaze.

Salman Abedi avait entamé des études de commerce et de gestion à l'Université de Salford, à Manchester, mais les aurait abandonnées après deux ans.

Des moments difficiles pour les blessés et les proches des victimes

Des Britanniques déposent des fleurs à la mémoire des victimes de l'attentat de Manchester.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des Britanniques déposent des fleurs à la mémoire des victimes de l'attentat de Manchester.

Photo : Radio-Canada / twitter.com/Frédéric Arnould

Une vingtaine de personnes gravement blessées luttent toujours pour leur vie dans les hôpitaux.

Les experts judiciaires poursuivent par ailleurs sans relâche leur travail d’identification des victimes.

Il faudra encore compter quatre ou cinq jours, en raison du nombre élevé de victimes, pour que les médecins légistes puissent terminer les autopsies et l'identification formelle des victimes, a expliqué Ian Hopkins, du service de police du Grand Manchester.

Un policier qui était en service le soir de l'attentat, une petite fille de huit ans, deux adolescentes et un homme de 28 ans sont au nombre des personnes décédées, ainsi qu'un couple de Polonais venus récupérer leurs deux filles à la sortie du concert.

Avec les informations de Associated Press, Reuters, et Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Terrorisme

International