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Le président vénézuélien lance son projet controversé d'Assemblée constituante

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a signé le décret de sa nouvelle Assemblée constituante devant des milliers de partisans, le 23 mai 2017.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a signé le décret de sa nouvelle Assemblée constituante devant des milliers de partisans.

Photo : Reuters / Carlos Barria

Radio-Canada

Alors que les manifestations ont fait 53 morts en 53 jours au Venezuela, le président Nicolas Maduro a entamé mardi son processus d'Assemblée constituante populaire.

L’opposition dénonce ce projet polémique, qui serait une façon de la chasser du Parlement et de façonner une constitution sur mesure pour l'héritier d'Hugo Chavez. Bien que Maduro est élu pour être président jusqu'en 2018, 7 Vénézuéliens sur 10 rejettent son administration.

Signé devant des milliers de partisans, le décret détaille les modalités d’élection de 540 membres de cette nouvelle assemblée, qui devra rédiger un nouveau texte fondateur.

De ce nombre, 364 seront élus selon un découpage de circonscriptions municipales. Les 176 autres seront choisis par les syndicats, étudiants et autres groupes sociaux, que les critiques accusent d’être au service du président socialiste.

L’Assemblée constituante dont rêve Maduro siégera dans le Parlement, délogeant au passage les élus de l’opposition qui contrôlent la chambre depuis 2015.

Ce n'est rien d'autre que la continuation du coup d'État contre la Constitution.

Julio Borges, président du Parlement

C'est « une élection sur-mesure, un processus conçu pour que le vote chaviste vaille plus que celui de l'opposition », a dit sur Twitter le journaliste spécialisé en politique Eugenio Martinez.

Unique solution « vers la paix », selon Maduro

Les manifestations anti-Maduro, tout comme la violence, se multiplient depuis le 1er avril. Pas moins de 53 personnes y ont trouvé la mort et des milliers d’autres ont été blessés.

Que ce soit le peuple qui remette [le décret aux autorités électorales]. Des élections, vite! Une Constituante démocratique, pas de haine, de fascisme, de bandes armées qui pillent et volent.

Nicolas Maduro

En plus d'accuser l'opposition « d'actes de terrorisme », le président Maduro se dit victime de persécution internationale depuis que l'ONU, l'Union européenne et l'Organisation des États américains ont dit s'inquiéter de la situation.

Cette manoeuvre survient au lendemain de manifestations antichavistes durant lesquelles des bâtiments gouvernementaux, ainsi que la maison d’enfance d’Hugo Chavez, ont été pillés et incendiés dans l’État de Barinas. Trois personnes ont été tuées par balle.

Dimanche, un homme de 21 ans a été aspergé d'essence puis brûlé. La victime aurait volé des participants à une manifestation antigouvernement, mais les circonstances de l'immolation demeurent nébuleuses. Une enquête a été ouverte.

« Mercredi, nous retournons dans la rue, a annoncé le député de l’opposition José Manuel Olivares. Est-ce que ça va continuer? Oui, ça va continuer au nom de ceux qui sont tombés [morts] et pour les enfants qui meurent faute d'antibiotiques. »

Une importante crise politique et sociale secoue le pays depuis que les cours du pétrole ont chuté, rendant ainsi difficile l’accès à la nourriture et aux médicaments.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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