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Shakti Ramsurrun reconnu coupable de deux meurtres prémédités

Shakti Ramsurrun

Shakti Ramsurrun est accusé de triple meurtre.

Photo : Police de Gatineau

Radio-Canada

Shakti Ramsurrun a été reconnu coupable, vendredi à Gatineau, des meurtres prémédités de ses deux beaux-parents et du meurtre non prémédité de son ancienne conjointe.

Le verdict est rendu après trois jours de délibération, environ cinq ans après les faits. L'ex-conjointe de M. Ramsurrun, Anne-Katherine Powers, 21 ans, sa mère, Louise Leboeuf, 63 ans, et le conjoint de cette dernière, Claude Lévesque, 58 ans, avaient été retrouvés morts dans leur résidence du secteur d'Aylmer le 23 mai 2012.

La peine de M. Ramsurrun est au minimum la prison à vie sans possibilité de libération avant 25 ans. Il pourrait même passer 60 ans derrière les barreaux avant de pouvoir demander une libération conditionnelle, puisque ses trois peines, soit deux de 25 ans et une de 10 ans, pourraient être additionnées. Cela est permis par la Loi protégeant les Canadiens en mettant fin aux peines à rabais en cas de meurtres multiples, qui a modifié le Code criminel en décembre 2011.

C'est la première fois qu'il est possible que des peines consécutives soient imposées dans un dossier de meurtre à Gatineau. La Couronne a jusqu'au 12 juin pour décider si elle en fera la demande. Deux jurés ont recommandé que l'accusé passe au moins 60 ans en prison. Par contre, la défense a signifié que si la Couronne en faisait la demande, elle contesterait la constitutionnalité de cet article de loi.

Un soulagement pour les proches

Anne-Marie Lévesque à la sortie du palais de justice de GatineauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Anne-Marie Lévesque, fille de Claude Lévesque, une victime de Shakti Ramsurrun

Photo : Radio-Canada

La fille de Claude Lévesque, Anne-Marie Lévesque, s'est dite soulagée par l'issue du procès.

« J’ai assisté presque tous les jours à un processus très drainant. C'est très difficile d’assister à ça, de revivre les événements sans pouvoir s’exprimer et dire la vérité qu’on connaît », a commenté Mme Lévesque.

Il a présenté des excuses, j’apprécie. Par contre, ce qu’il a fait ne se pardonne pas.

Anne-Marie Lévesque, fille d'une des victimes de Shakti Ramsurrun

La Couronne a pour sa part accueilli favorablement le verdict. « Le jury a rendu un verdict qui est tout à fait satisfaisant dans les circonstances, qui représente la série d’événements qui ont pu se produire », a estimé le procureur de la Couronne, Sylvain Petitclerc.

Rappel des faits

Shakti Ramsurrun, alors âgé de 28 ans, a été arrêté le 24 mai 2012 par le Service de police de la Ville de Gatineau. L'accusé a obtenu son statut de résident permanent en décembre 2011 et n'était pas connu des autorités policières au moment des faits. Il demeurait avec ses beaux-parents et son ex-conjointe.

Shakti Ramsurrun a plaidé non coupable, le 12 avril dernier, aux trois chefs d'accusation de meurtre prémédité. Notons qu'il ne pouvait être innocenté, puisqu'il a admis d'emblée avoir tué les trois personnes. Les délibérations portaient sur les intentions de l'accusé.

Anne-Katherine Powers et Shakti RamsurrunAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Anne-Katherine Powers et Shakti Ramsurrun

Photo : Radio-Canada / Facebook

Il s'agit de la fin d'un long procès, qui a duré sept semaines et qui a mis en lumière des récits troublants. Des témoins ont relaté durant le procès que l'homme originaire de l'île Maurice avait notamment donné au moins quatre versions des événements.

La meilleure amie d'Anne-Katherine Powers a raconté que celle-ci avait été assassinée par son ex-conjoint la veille d'un premier rendez-vous amoureux prévu avec un autre homme.

Le prévenu a même témoigné pour sa propre défense, expliquant qu'il n'avait jamais voulu faire du mal à cette famille « qu'il aimait », et qu'il avait perdu toute maîtrise de lui-même en apprenant que sa femme ne l'aimait plus.

Une idylle qui tourne au vinaigre

Le couple Ramsurrun-Powers s'était formé en décembre 2009, lors d'une croisière. En mai 2010, cinq mois après leur première rencontre, Mme Powers et son amoureux s'étaient rendus à l'île Maurice, où ils avaient élu domicile. Dans l'espace d'un an, ils se sont fiancés, mariés et sont devenus parents d'un petit garçon.

Alors que le bambin n'était âgé que de quelques mois, en 2011, la femme était rentrée au Canada avec son fils, puis son mari les avait rejoints quelques mois plus tard.

Le couple habitait alors dans la demeure de Mme Leboeuf et de M. Levesque, à Aylmer. La relation entre l'homme et sa belle-famille se serait rapidement effritée au fil des mois, jusqu'au drame de mai 2012.

Du sang, des messages et des couteaux

Dès le début du procès, la technicienne en identité judiciaire du Service de police de la Ville de Gatineau Roxanne Fillion a raconté en détail son intervention lorsqu'elle s'est rendue sur la scène du crime, au 64, rue Félix-Leclerc, dans le secteur d'Aylmer, en mai 2012.

Plus de 300 photos ont été présentées à la cour par la policière. Bon nombre d'entre elles montraient seulement quelques taches de sang dans la résidence. On pouvait y voir une bouteille d'un produit nettoyant vide, des lingettes tachées de sang et des touffes de cheveux sur le plancher de la cuisine.

Parmi les pièces à conviction déposées en cour, on compte notamment des couteaux, des guenilles et une longue série de prélèvements faits sur la scène de crime.

Des messages troublants au procès de Shakti Ramsurrun à GatineauAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des messages troublants au procès de Shakti Ramsurrun à Gatineau

Photo : Radio-Canada / Pascale-Marie Dufour

L'accusé a été arrêté au Club de golf Rivermead, où il travaillait. Le coffre arrière de sa voiture était rempli de vêtements d'homme et de bébé. Les policiers y ont trouvé des jouets et de la nourriture pour le poupon. Plusieurs objets étaient tachés de sang.

Plusieurs messages troublants ont été découverts dans la résidence des victimes. On peut notamment lire : « Je les ai touchés parce que je les aime. J’ai mis quelques couvertures. J’ai pleuré. Je les aime, croyez-moi, ce n’est pas moi. »

Les photos présentées en cour montrent aussi des tableaux blancs sur lesquels était inscrit : « Je ne suis pas un tueur. »

De longues procédures judiciaires

En février 2017, le juge Éric Downs de la Cour supérieure du Québec a rejeté la requête en arrêt de procédures de Shakti Ramsurrun en vertu de l'arrêt Jordan. L'avocat de la défense, Me Richard Dubé, avait réclamé un arrêt de toutes les procédures contre lui, en raison des délais de justice trop longs.

Au total, un peu plus de 58 mois se sont écoulés entre les faits et le début du procès. L'avocat avait invoqué l'arrêt Jordan pour faire libérer son client. En vertu de cette décision de la Cour suprême du Canada, il ne devrait pas s'écouler plus de 30 mois entre l'inculpation de l'homme et le verdict en cour.

Près d'une trentaine de personnes ont témoigné tout au long du procès, qui devait initialement se dérouler jusqu'en juin.

Avec les informations de Pascale-Marie Dufour

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