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Commissaire aux langues officielles : les Franco-Ontariens réclament eux aussi davantage de transparence

Carol Jolin donne une entrevue à l'extérieur en été, au centre-ville d'Ottawa.

Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La pression s'accentue sur le gouvernement Trudeau pour qu'il révèle le processus qui a mené à la sélection de Madeleine Meilleur comme prochaine commissaire aux langues officielles du Canada. L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), l'organisme provincial qui représente les Franco-Ontariens, réclame à son tour davantage de transparence.

Un texte de Catherine Lanthier

Le président de l’AFO, Carol Jolin, demande au gouvernement de rendre publiques toutes les étapes du concours lancé pour pourvoir cette prestigieuse fonction, par exemple le nombre de candidats retenus et le système de points utilisé pour les évaluer.

C’est extrêmement important pour que les Canadiens et les Canadiennes croient à l’intégrité et à l’indépendance du poste.

Une citation de : Carol Jolin, président, AFO

L’AFO joint ainsi sa voix à celle de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), qui a réclamé, samedi, que « le premier ministre Trudeau explique comment le processus a été mené en toute impartialité et en plein respect des dispositions de la Loi sur les langues officielles ».

Tout comme la FCFA, l’AFO avait d’abord accueilli favorablement le choix de l’ancienne procureure générale de l’Ontario pour occuper cette prestigieuse fonction.

« L’Assemblée de la francophonie, on était très heureux du choix. Madeleine Meilleur est une Franco-Ontarienne convaincue, passionnée de la francophonie », explique M. Jolin.

Cependant, la controverse entourant sa sélection et les questions soulevées par les partis d’opposition à Ottawa mènent l’AFO à réclamer du gouvernement fédéral qu’il lève le voile sur ce processus.

L'appel semble avoir été entendu, puisque l'attaché de presse de la ministre du Patrimoine a expliqué mardi après-midi le processus qui a été suivi.

Madeleine Meilleur lors d'une activité publique dans une salleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'ancienne ministre ontarienne Madeleine Meilleur

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Doit-on tout recommencer?

Le choix de Madeleine Meilleur est aussi fortement contesté en Atlantique, région qui espérait voir un premier Acadien à la tête du Commissariat aux langues officielles.

La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) va jusqu’à demander au fédéral qu’il reprenne le processus de sélection, puisqu’il s’agit d’une « nomination partisane » aux yeux du président de l’organisme, Kevin Arseneau.

Pour le politologue franco-ontarien Martin Normand, basé à l’Université d’Ottawa, ce poste « doit être au-dessus de tout doute en matière de partisanerie ou de conflit d’intérêts ».

Qu’on soit Franco-Ontarien, anglo-québécois, de l’Acadie… Tous souhaitent une indépendance complète de la commissaire.

Une citation de : Martin Normand, politologue, Université d’Ottawa

Selon le chercheur, le gouvernement fédéral doit rendre publiques toutes les étapes du processus et, si des doutes persistent, aller jusqu’à « retirer la candidature de Mme Meilleur et reprendre le processus sur de nouvelles bases ».

Autrement, le politologue craint que cette méfiance ait « des incidences négatives sur le type de relation que les organismes de la société civile pourraient entretenir avec le poste de commissaire ».

Le président de l’AFO juge toutefois cette approche précipitée, préférant attendre que les détails entourant le processus de sélection soient dévoilés par le gouvernement.

Le gouvernement Trudeau s'était engagé à rendre le processus de nomination des officiers du Parlement plus transparent, afin de mettre fin aux nominations partisanes.

Selon M. Normand, il s'agit d'un premier test inquiétant, puisque le gouvernement devra sélectionner d'autres commissaires au cours des prochains mois.

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