•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Logos des équipes sportives : la balle dans le camp des conseils scolaires de l'Ontario

Le logo des Blackhawks de Chicago, qu'arbore ici le gardien Scott Darling, est utilisé par de nombreuses équipes de hockey mineur.

Le logo des Blackhawks de Chicago, qu'arbore ici le gardien Scott Darling, est utilisé par de nombreuses équipes de hockey mineur.

Photo : Associated Press / Jeffrey T. Barnes

Radio-Canada

Le ministère ontarien de l'Éducation invite les conseils scolaires à s'assurer que les noms, logos et mascottes des équipes sportives de leurs écoles ne portent pas préjudice aux Premières Nations, mais il n'entend pas leur imposer de mesures particulières.

« Les noms, logos ou mascottes offensants n'ont pas leur place dans les écoles et si des noms qui pourraient l’être sont identifiés, les commissions devraient entreprendre ou poursuivre des discussions avec les élèves et les communautés autochtones afin de s’entendre sur des mesures à prendre pour rendre les écoles inclusives », a indiqué la ministre Mitzie Hunter dans une déclaration écrite adressée à CBC.

« Nous nous attendons à ce que les commissions prennent davantage conscience des conséquences que peut avoir la propagation de stéréotypes sur les individus, le personnel et les communautés, et qu’elles changent les noms, logos ou mascottes jugées insultantes », a-t-elle ajouté.

Ces décisions relèvent des commissions scolaires, qui sont les mieux placées pour travailler auprès des autochtones de leurs collectivités.

Mitzie Hunter, ministre de l'Éducation de l'Ontario

Le ministère de l’Éducation demande donc que soit rejetée une plainte déposée contre lui auprès du Tribunal des droits de la personne de l’Ontario au sujet des uniformes que portent les membres des équipes de certaines écoles.

Il fait valoir qu’il n’est pas responsable des codes vestimentaires des écoles, qui relèvent plutôt des commissions scolaires.

L'origine de la plainte

La plaignante, Lynne Courchene, qui fait partie de la Première Nation manitobaine de Sagkeeng, a vécu la majeure partie de sa vie à Ottawa.

Elle avait été stupéfaite, alors qu’elle se trouvait avec sa famille dans une boutique de jouets de la région de la capitale fédérale, de voir arriver plusieurs membres de l’équipe de hockey mineur des Redmen de Copper Cliff, une municipalité de la banlieue de Sudbury. Leur logo est le même que celui des Blackhawks de Chicago.

« Personne dans le magasin n’a réagi en les voyant avec ces chandails, a-t-elle raconté. Que ça puisse être raciste ou dérangeant d’une manière ou d’une autre ne leur a même pas traversé l’esprit. »

Mme Couchene a enjoint les dirigeants de l’équipe de changer son nom. Elle a aussi entrepris de faire pression sur ses commanditaires.

« Comme je n’ai reçu de réponse de personne, ce qui était très frustrant, j’en suis venue à me dire : "Si personne ne prend cette question au sérieux, on va passer au niveau supérieur." »

Les Redmen de Copper Cliff ne sont affiliés à aucune école, mais Lynne Courchene a tout de même décidé de réclamer un geste significatif du ministère provincial de l’Éducation, en passant par le Tribunal des droits de la personne de l’Ontario.

Nous lui demandons d’interdire tout nom ou logo offensants, car ils peuvent avoir des effets néfastes sur nos enfants. Cela inclut l’interdiction de produire ou vendre des vêtements ou accessoires sur lesquels figurent ces logos.

Lynne Courchene, expliquant sa plainte sur Facebook
Les Redmen de Copper Cliff utilisent le logo des Blackhawks de Chicago depuis des décennies.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les Redmen de Copper Cliff utilisent le logo des Blackhawks de Chicago depuis des décennies.

Photo : Radio-Canada / Erik White

Prochaine étape : la médiation

Lynne Courchene ne comprend pas pourquoi le ministère de l’Éducation se lave les mains de ce dossier, alors qu’il a n’a pas hésité à imposer sa volonté aux commissions scolaires sur d’autres questions dans le passé.

Il s’est servi de son autorité pour faire accepter les alliances gais-hétéros dans les commissions scolaires catholiques. J'en suis heureuse pour eux. C’est très bien. Tout ce qu’on veut, c’est le même traitement.

Lynne Courchene, au sujet du ministère de l'Éducation de l'Ontario

Mme Courchene et son conjoint doivent participer le 6 septembre prochain à une séance de médiation avec le ministère.

D’autres plaintes semblables à celle de Mme Couchene ont visé les Redmen de Copper Cliff de même que d’autres formations de sa région.

Le club d’une école d’Arnprior, près d’Ottawa, qui portait elle aussi le nom de Redmen, a été rebaptisé les Rapids, plus tôt cette année, même si cette décision n'a pas fait l'affaire de tout le monde. Et une équipe de football, les Redskins de Nepean, dans la même région, était devenue les Eagles en 2014.

 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Autochtones

Société