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Gouvernement minoritaire : quel est le rôle de la lieutenante-gouverneure?

La lieutenante-gouverneure Judith Guichon.

La lieutenante-gouverneure Judith Guichon lors de la présentation du discours du Trône en février 2015.

Photo : ICI Radio-Canada

Radio-Canada

La lieutenante-gouverneure Judith Guichon pourrait avoir à jouer un rôle important à l'issue des élections provinciales en Colombie-Britannique, dont les résultats finaux doivent être connus d'ici mercredi.

En tant que représentante de la reine du Canada en Colombie-Britannique, l’ancienne propriétaire de ranch nommée lieutenante-gouverneure en 2012 par Stephen Harper, doit déterminer qui a la capacité de gouverner la province. Elle n’a pas accordé d’entrevue au sujet de la possibilité qu’un gouvernement minoritaire soit confirmé à l’issue du dépouillement définitif des votes.

« Elle doit agir dans le plus grand intérêt du public et non dans celui d’aucun parti ni d’aucune façon partisane », explique le politologue Max Cameron, de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC).

Différents scénarios sont envisageables.

1. Christy Clark s’entend avec les verts

Les libéraux négocient présentement avec les verts pour présenter un discours du trône et un budget qui seraient appuyés par le parti d’Andrew Weaver.

Ce scénario pourrait signifier que des changements soient apportés au mode de scrutin, au financement des partis politiques et au statut du Parti vert qui souhaite obtenir le titre de parti officiel.

Dans ce cas, la décision de Judith Guichon serait facile, selon M. Cameron. « Mme Clark dirait : "J’ai l’appui, je peux faire fonctionner l’Assemblée.", et je pense que ce qui serait attendu serait que la lieutenante-gouverneure accepte cet avis et convoque l'Assemblée législative », précise-t-il.

2. Le NPD et le Parti vert s’entendent avant que l'Assemblée législative ne soit convoquée

Il s’agit du cas de figure le plus complexe et qui mettrait le plus de pression sur Judith Guichon.

Si le chef du NPD, John Horgan, et Andrew Weaver, du Parti vert, s’entendent, Christy Clark pourrait aller voir Judith Guichon pour l’aviser qu’elle n’a plus la capacité de gouverner. À ce moment, Christy Clark pourrait dire à la lieutenante-gouverneure que la meilleure option est de dissoudre l’Assemblée législative et de refaire des élections.

Judith Guichon pourrait dès lors ignorer ce conseil et inviter John Horgan à expliquer comment il formerait le gouvernement. Si les arguments de ce dernier la convainquaient, elle pourrait convoquer de nouveau l'Assemblée législative et donner l'occasion au NPD de gouverner.

« Dans ce cas, je m’attendrais à ce qu’elle soit conseillée par les meilleurs constitutionnalistes du pays et qu’elle prenne le temps de réfléchir à ces décisions difficiles », explique Max Cameron.

La troisième possibilité dans ce scénario serait que Christy Clark dise à la représentante de la reine qu’elle ne croit pas que l’entente entre les verts et le NPD soit assez forte et qu’elle souhaite avoir l'occasion de présenter un discours du Trône auquel un des verts pourrait se rallier. « Ce serait peu probable que la lieutenante-gouverneure refuse, mais elle a ce pouvoir », soutient l’universitaire.

3. Les libéraux sont défaits sur un vote confiance

Si Christy Clark décidait de présenter un discours du Trône, mais que celui-ci ne recevait pas l’appui de la majorité à l’Assemblée législative, Judith Guichon devrait à ce moment décider ce qu’elle fait.

« Elle a le choix. Je pense qu’elle aimerait avoir les conseils de Christy Clark. Mais je pense qu’elle aurait le choix de les accepter, ce qui pourrait être de dissoudre l’Assemblée et de déclencher de nouvelles élections », explique Max Cameron.

Il est aussi d’avis que Judith Guichon s’entretiendrait avec John Horgan pour avoir son avis.

Avec les informations de Richard Zussman

Colombie-Britannique et Yukon

Politique provinciale