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Les ingénieurs de l'État en grève pour contrer l'exode vers le privé

Route en construction

Travaux routiers (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les ingénieurs de l'État québécois mettront à exécution mercredi leur menace de grève afin d'obtenir de Québec qu'il embauche davantage et offre de meilleurs salaires pour lutter contre l'exode du personnel et de l'expertise vers le privé.

L'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), qui négocie avec Québec depuis 2014, avait reporté son débrayage général jusqu’ici en raison des inondations qui ont touché le Québec au début du mois.

Expliquant que des pourparlers se poursuivent malgré tout avec le Conseil du Trésor, le président de l’APIGQ, Marc-André Martin, déplore que le gouvernement ne veuille parler que de son cadre financier et non de l’exode des ingénieurs de l’État vers les firmes privées en raison, selon lui, de conditions salariales désavantageuses.

Les ingénieurs réclament par conséquent une augmentation salariale de 20 %, de façon à combler une partie de l'écart qui les sépare de leurs collègues du secteur privé.

« Nous sommes ouverts à négocier la rémunération globale avec nos ingénieurs, explique le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau. Mais tous doivent comprendre que le gouvernement ne dérogera pas du cadre financier qui lui a permis de s’entendre avec 95 % du personnel de la fonction publique. » Selon cet ancien ministre des Transports, la rémunération globale et la diversité des expertises rendent déjà compétitifs les emplois au sein de la fonction publique.

Le syndicat affirme qu'un rattrapage est nécessaire pour préserver l'expertise des ingénieurs au sein de la fonction publique, comme le recommandait par ailleurs la commission Charbonneau. Mais, selon l’APIGQ, Québec ne veut pas aborder cette question.

Marc-André Martin (à droite), président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du QuébecAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marc-André Martin, président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement, à la merci des firmes de génie-conseil?

« La problématique de la vulnérabilité du gouvernement se matérialise tous les jours par un poids écrasant de l’expertise des firmes de génie-conseil dans la gestion des travaux et des chantiers, par une incapacité à recruter des ingénieurs expérimentés et par de graves faiblesses en matière d’ingénierie au sein des ministères », écrit l’APIGQ dans un communiqué.

Selon l'APIGQ, le gouvernement dépense entre 200 et 300 millions de dollars chaque année en contrats accordés à des firmes de génie-conseil privées.

Force est de reconnaître que le gouvernement Couillard n’a ni l’intention ni la volonté d’assurer l’expertise en ingénierie de sa fonction publique.

Marc-André Martin, président de l'APIGQ

L'affirmation étonne Pierre Moreau. « Le gouvernement est résolument engagé à augmenter son expertise interne en matière d’ingénierie et il a pris des mesures considérables pour y arriver depuis le 1er avril 2012 », a-t-il rétorqué dans un communiqué.

Selon les données du ministère des Transports (MTQ), le nombre d'ingénieurs est passé de 557 à 898, soit une hausse de 61 %, depuis le mois d'octobre 2011. Entre les périodes couvrant 2012-2013 et 2015-1016, la proportion de la surveillance des chantiers assurée à l'interne serait passée de 16 % à 38 %, et celle des inspections des structures, de 43 % à 71 %, .

L’été s’annonce chaud sur les chantiers du Québec, car en plus des ingénieurs de l'État, 175 000 travailleurs de la construction au Québec menacent eux aussi de débrayer à partir du 24 mai.

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