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Des fonctionnaires épuisés par le stress numérique

Un téléphone cellulaire

Des fonctionnaires disent passer beaucoup trop de temps à consulter leurs courriels à l'extérieur des heures de travail.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le stress numérique gagne du terrain chez les fonctionnaires du gouvernement fédéral et la situation est criante, selon l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC).

Un texte de Marie-Pier Leboeuf

Le syndicat soutient que la conciliation travail-famille peut représenter un défi pour ses membres qui sont victimes de stress numérique. Le flot de courriels, les appels et les textos à caractère professionnel gêneraient leurs activités à l'extérieur du travail.

« On a constaté que la plupart des intervenants en milieu de travail soulevaient l’épuisement professionnel comme une forme de problème de santé mentale qui affectait l’ensemble des fonctionnaires, tant les syndiqués qu’au niveau de la haute gestion », affirme l'agent national en santé et sécurité au travail de l’AFPC, Denis St-Jean.

M. St-Jean soutient que le stress numérique est un des facteurs importants de cet épuisement. Ce dernier avance que près de la moitié des réclamations d’invalidité à long terme touchent des enjeux relatifs à la santé mentale.

Il rajoute que dans leur requête, les employés affirment qu'ils ont souvent besoin d’être disponibles et de répondre aux exigences de l'employeur, ce qui les affecte psychologiquement.

De fait, il s'agirait là de critères récurrents dans l’apparition des symptômes de l'épuisement, selon Denis St-Jean.

Les commentaires de Santé publique Ottawa (SPO) vont dans le même sens. Selon l’infirmière en santé mentale Julie Turcotte, cette situation semble être un problème dans de nombreux milieux de travail de la région de la capitale nationale.

La demande de formation sur la gestion de stress dans les entreprises augmente considérablement et Mme Turcotte constate que l’arrivée du numérique en est l'une des principales raisons.

Le monde a l’impression de ne pas avoir de repos.

Une citation de : Julie Turcotte, infirmière en santé mentale, Santé publique Ottawa

Un sujet tabou

Vue de la Place-du-PortageAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Place du portage

Photo : Lévy L Marquis

Les autorités soutiennent que les victimes du stress numérique n'ont pas tendance à s'exprimer ouvertement sur leur situation.

Pour sa part, le conseiller régional au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Dino Lemay, admet qu’il est lui-même touché par ce phénomène. Il raconte avoir dû arrêter de travailler neuf mois en 2012 pour épuisement.

En dépit de cela, il demeure aujourd'hui joignable en tout temps pour satisfaire les exigences de l’instantané.

« Je réponds le soir, les fins de semaine, pendant mes vacances. Les gens s’attendent à une réponse dans les 15 minutes qui suivent », rapporte-t-il.

Retour en arrière

Dino Lemay estime qu’il devrait y avoir des discussions entre les employeurs et les employés « avant que la vie personnelle soit complètement hypothéquée ».

« Si on continue, on va tomber sur le 24 heures [de travail] et on va mettre nos cadrans pour répondre à nos courriels. Il va falloir qu’il y ait un équilibre, qu’on recule. Ça va prendre des pressions sur les employeurs », soutient-il.

Au Québec, de nombreuses initiatives ont déjà été entamées.

Denis St-Jean imagine mal une recette parfaite, mais, selon lui, les entreprises doivent contribuer à la culture organisationnelle pour changer des comportements ancrés qui ne favorisent pas le décrochage.

« Ça prend un engagement et un leadership pour démontrer qu’une telle initiative va non seulement être utilisée ou mise en place, mais qu’elle va être endossée par les différents intervenants dans les ministères ou dans les milieux de travail », insiste M. St-Jean.

Il ne serait d'ailleurs pas surpris de voir l'enjeu du stress numérique s'inviter dans les prochaines négociations pour le renouvellement de la convention collective des fonctionnaires fédéraux.

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