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Les matériaux de construction verts du SEREX

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Echantillon de colle à base d'épinette blanche Photo: Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Radio-Canada

Le Service de recherche et d'expertise en transformation des produits forestiers (SEREX), situé à Amqui, compte bien profiter des quatre millions de dollars consentis par Québec pour développer les panneaux et les bois de composites.

Un texte de Jean-François Deschênes

La technicienne en chimie du SEREX, Claudia Deroy mélange des produits qui gonflent comme un gâteau. Une fois introduit dans un moule, le produit se transforme en panneau isolant pour les maisons.

Son ingrédient de base n’est pas le sucre, mais plutôt des molécules d’écorce d’arbre. « [je veux] réussir à faire des polyuréthanes avec ces molécules-là. Qui ont d'aussi bonnes propriétés, sinon meilleures que les polyuréthanes traditionnels, qui eux sont faits avec des dérivés du pétrole. »

En remplaçant ces dérivés-là, on diminue notre dépendance au pétrole.

Claudia Deroy, technicienne en chimie
Claudia Deroy tient un produit entre ses mains.Claudia Deroy tente de fabriquer des panneaux isolants pour un bâtiment à base d'écorce. Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Fabriquer des produits de construction plus verts, c’est un des objectifs des chercheurs du projet, qui regroupe les forces du SEREX, FP Innovations et l’Université Laval.

Les chercheurs veulent, par exemple, que les prochaines maisons ou meubles soient fabriqués avec panneaux qui contiennent plus de résidus des usines transformation de bois et des matériaux de déconstruction, comme ceux qui proviennent d’une résidence démolie. Ils veulent donner une deuxième vie à ces matériaux, au lieu de les jeter.

panneaux.Voici des exemples de panneaux de particules fabriqués par le SEREX Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Le défi sera de taille, selon le coordonnateur du service à l’industrie au SEREX, Denis Pineault. « Le gros challenge, c’est de garder les caractéristiques qu’on a besoin pour le panneau.[...] On a besoin de rencontrer des normes. Donc il faut garder les caractéristiques déjà mises en place et tenter de substituer doucement les produits. »

Chercheur à son laboratoire.Les chercheurs tentent de diminuer l'empreinte environnementale des panneaux et bois de composites Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Une nouvelle chaire de recherche

Il faut aussi assurer l’avenir commercial de ces nouveaux produits. Ce sera un des nombreux rôles de l’Université Laval, qui sera à la tête d’une nouvelle chaire de recherche supervisée par le professeur au département des sciences du bois et de la forêt, Alain Cloutier.

Le conflit du bois d’œuvre avec les États-Unis et les fermetures des papetières des dernières années, font la vie dure aux industriels. Il faut trouver de nouvelles alternatives, ajoute-t-il « Ce qu'on va faire, c'est renforcer leur position ou leur positionnement stratégique au niveau des marchés internationaux. »

Les aider à se développer au niveau de leur technologie, des produits qu'ils vendent, qu'ils développent et ainsi créer plus d'emplois, plus de richesse pour les Québécois.

Alain Cloutier, professeur au département des sciences du bois et de la forêt, Université Laval
Alain CloutierLe professeur estime que la fabrication de panneaux donne de l’emploi à 8000 personnes au Québec. Photo : Radio-Canada

La différence entre ouvrir ou fermer

Les résidus des usines du Groupe Damabois, situées au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et à Montréal, entrent dans la composition de ces panneaux.

Si les copeaux trouvent preneur à l’usine Tembec de Matane, on ne peut pas en dire autant des écorces et sciures de bois qui doivent être jetées.

Trouver un acheteur pour ces sous-produits fait parfois la différence entre garder une usine ouverte ou la fermer, selon le PDG du Groupe Martin Lavoie, qui suit de près les innovations des chercheurs.

Plutôt que nous coûter de l’argent, elle va nous créer des revenus dans notre organisation. Donc il va aussi inévitablement avoir un impact environnemental [parce qu’il nous évite] d’enfouir nos produits.

Martin Lavoie, PDG, Groupe Damabois
Les résidus de Damabois sont l'écorce, la sciure et les copeaux.Archives : les résidus de Damabois sont l'écorce, la sciure et les copeaux. Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Le SEREX profitera d'une somme de 300 000 $ par an, pour les quatre prochaines années, ce qui permettra d’engager jusqu’à deux travailleurs et consolider la quinzaine d’autres.

Usine.Uniboard de Sayabec est une des 15 usines de la province qui fabriquent des panneaux de particules. Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

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