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Convergence politique : la grande fracture entre QS et le PQ

Les nouveaux porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois
Les nouveaux porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois Photo: Québec Solidaire
Radio-Canada

Les militants de Québec solidaire ont massivement rejeté toute idée de convergence avec le Parti québécois. Ce rapprochement se serait probablement traduit par un pacte électoral permettant de faire élire, dans certaines circonscriptions, un candidat qualifié de progressiste et indépendantiste, et d'éviter par le fait même l'élection d'un candidat libéral ou caquiste.

Une analyse de Sébastien Bovet

Avec ce rejet, un constat s'impose : le mandat du gouvernement péquiste en 2012 a laissé de profondes cicatrices idéologiques qui ont éloigné Québec solidaire du Parti québécois. Une fracture si importante que même la perspective de chasser les libéraux du pouvoir en 2018 n'a pu réparer.

Un congrès politique est souvent réglé comme du papier à musique. Les leaders du parti orientent les discussions, leur point de vue s’impose par la persuasion, mais aussi par le sentiment qu'« ils savent ce qu’ils font ». Or, un congrès de Québec solidaire est une boîte à surprise. Ses membres ont des opinions bien arrêtées.

Prenez la boîte à lunch « végétarienne » servie aux militants, samedi. Elle contenait du houmous israélien. Scandale. Des militants se sont plaints. « Comment peut-on manger du houmous qui vient d’un pays qui persécute les Palestiniens? » Ils n’ont fait ni une ni deux! Les sachets de houmous ont pris la direction de la Maison du Père.

Pour éviter la perte de temps avec les applaudissements, les solidaires agitent les mains en l’air. J’avoue, c’est bizarre au début, mais pas mal efficace en fin de compte.

On m’avait taquiné quand j’avais annoncé que j’irais au congrès de Québec solidaire. « Tu vas voir, ils brassent leur café avec des spaghettis pour éviter d’utiliser des bâtonnets de plastique », m’avait-on dit. Mais là, j’ai eu beau chercher les pâtes, je n’ai trouvé que des cuillères en métal. Gros changement! Il y avait tout de même des bacs d’eau savonneuse pour faire sa vaisselle.

Au congrès de Québec solidaire, les femmes vont à un micro, les hommes à un autre. On m’avait dit qu’il y avait un troisième micro : pour les trans. Je n’ai pas pu vérifier, personne ne s’y est présenté quand j’y étais.

Les solidaires font les choses autrement. Amir Khadir met son poids politique pour faire pencher la balance vers la convergence? Il fait de savants calculs qui disent qu’une trentaine de circonscriptions de plus pourraient élire un progressiste indépendantiste avec un pacte électoral? Sa propre association de circonscription le contredit.

Gabriel Nadeau Dubois affirme que QS ne devrait pas porter l’odieux de l’échec de la convergence? Qu’importe, les militants votent contre.

Ce n’est pas la tentative de persuasion des figures de proue de QS qui a échoué en fin de semaine. C’est le rejet du Parti québécois qui s’est exprimé et surtout de l’héritage du PQ pendant son bref passage au pouvoir en 2012.

Les militants ont parlé de l’exploitation pétrolière sur Anticosti, de l’obsession de l’équilibre budgétaire et… de la charte des valeurs. Autant de décisions du Parti québécois qui ont éloigné Québec solidaire de la convergence. Son rejet est un geste d’affranchissement et d’indépendance sans équivoque. Une question de principe, noble peut-être, qui chagrinera le chef du PQ, Jean-François Lisée, mais qui réjouira probablement les libéraux. Parce que tant qu’aucun parti ne sera capable de fédérer le mécontentement envers le gouvernement, le PLQ restera au gouvernement.

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