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Décès d’Autochtones à Thunder Bay : une pétition réclame caméras et lampadaires

Deux portraits de jeunes Autochtones

Josiah Begg et Tammy Keeash

Photo : Courtoisie police de Thunder Bay

Radio-Canada

La population de Thunder Bay est exaspérée de la réaction léthargique des autorités envers les disparitions à répétition de jeunes autochtones dans la ville. C'est pourquoi une nouvelle pétition, lancée dernièrement, a été signée par environ 1000 personnes en une seule journée.

Cette pétition, mise en ligne sur le site Change.org (Nouvelle fenêtre) par Robyn Oram, de Thunder Bay, demande à ce que la Ville installe des caméras de sécurité ainsi que des lampadaires au bord de chacun des cours d’eau des environs.

C’est que la majorité des corps des victimes sont retrouvés dans les cours d’eau, notamment la rivière McIntyre. L’an dernier, une enquête du coroner, déclenchée à la suite de la mort de sept Autochtones en 2010 et 2011, a eu comme résultat une série de 145 recommandations pour éviter que cette situation ne s’aggrave. Cinq des sept cadavres avaient été repêchés dans la rivière.

Malgré ces recommandations, lors des deux dernières semaines, deux autres corps ont été extraits des mêmes eaux. Encore une fois, il s’agit de jeunes Autochtones - Josiah Begg et Tammy Keeash – qui avaient quitté leur Première Nation pour étudier à Thunder Bay.

Le dernier cas fait toujours l'objet d'une enquête. Tous les autres cas sont considérés comme des morts accidentelles ou de cause indéterminée.

Une résidente de Thunder Bay en a assez

Robyn Oram, une résidente de Thunder Bay, est exaspérée de l’inaction des autorités. C'est pourquoi qu'elle lance une pétition pour demander à la Ville d'installer des caméras et des lampadaires près des cours d'eau.

En une journée, la pétition a obtenu environ 1000 signatures.

L'idée a du mérite, pense le maire de Thunder Bay, mais il doute de son efficacité.

« Souvent, vous savez, les caméras ne capturent pas ce qui se passe, surtout le soir », selon Keith Hobbs. Le maire admet toutefois que quelque chose ne va pas dans sa ville. Il affirme que le racisme est un problème à Thunder Bay.

M. Hobbs offre une autre solution : il privilégie des patrouilles de citoyens.

« Beaucoup de résidents sont fâchés. Je les comprends. J’ai parlé avec un représentant de la Première Nation Nishnawbe Aski, vendredi, et on parle d’une patrouille communautaire qui serait dans les rues 24 heures sur 24, sept jours sur sept, 365 jours par année. »

La police de Thunder Bay la cible de critiques

L'an dernier, suite aux révélations-choc qui avaient été faites durant l'enquête du coroner, le Bureau du directeur indépendant de l'examen de la police a ouvert une enquête sur le service de police de Thunder Bay.

On reproche aux policiers de boucler trop rapidement les dossiers sur les décès de personnes autochtones.

Et cette semaine, l'examinateur indépendant a confirmé que les deux cas des dernières semaines – ceux de Josiah Begg et Tammy Keeash - ont été ajoutés à l'enquête sur les pratiques de la police de Thunder Bay.

Dans une publication Facebook jeudi, le service de police se défend, en particulier vers les critiques virulentes et presqu’unanimes qui les cible dans le cas du décès de Josiah Begg.

Les policiers affirment vouloir de tout cœur résoudre cette affaire. Ils ajoutent que personne ne devrait blâmer qui que ce soit (« now is not the time to point fingers »).

 

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