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Trans Mountain : Kinder Morgan se tourne vers la bourse pour financer son projet

Photo d'un tanker pétrolier recevant son chargement de pétrole du pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan à Burnaby en Colombie-Britannique, le 4 juin 2015.

Un navire reçoit son chargement de pétrole du pipeline Trans Mountain de Kinder Morgan à Burnaby en Colombie-Britannique, le 4 juin 2015.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

La Presse canadienne

Le plan de Kinder Morgan d'avoir recours à un premier appel public à l'épargne (PAPE) pour financer l'expansion de son oléoduc Trans Mountain survient à un moment de grande incertitude.

Aux contestations juridiques et manifestations contre ce projet s'ajoute un dépouillement final des voix dans le cadre des élections provinciales de Colombie-Britannique, qui se sont tenues le 9 mai. Si la balance du pouvoir est maintenue par les verts et qu'ils s'allient aux néo-démocrates, le projet de 7,4 milliards de dollars pourrait s'enliser.

À la demande de Greenpeace, les autorités albertaines en matière de réglementation des valeurs mobilières se penchent également sur les documents déposés par Kinder Morgan. Greenpeace croit que ces documents surestiment la croissance de la demande de pétrole en Asie en plus de négliger les risques découlant des changements climatiques.

Un obstacle considérable se dresse devant le géant de l'énergie, qui a pour objectif d'amasser ainsi 1,75 milliard de dollars. Son PAPE s'avérerait donc un des plus importants de l'histoire de la Bourse de Toronto.

L'analyste de Goldman Sachs Theodore Durbin a parlé d'une décision « surprise », puisque la direction de Kinder Morgan semblait initialement tendre vers l'option d'une coentreprise.

Tracé de l'oléoduc Transmountain de l'entreprise Kinder Morgan. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tracé de l'oléoduc Transmountain de l'entreprise Kinder Morgan.

Photo : Radio-Canada

Adam Scott, du groupe environnemental Oil Change International, estime que cette volte-face signifie qu'aucune société d'investissement ne s'était manifestée en raison des risques sur le plan juridique, entre autres.

Selon Terry Marshall des services aux investisseurs de Moody's, un PAPE permettrait à Kinder Morgan de garder un plus grand contrôle sur son projet et sur les profits qui en découleront, en plus d'en obtenir une évaluation probablement plus importante.

Pressions sur les grandes banques

Les opposants à l'expansion de l'oléoduc ont accentué leurs moyens de pression en s'attaquant aux institutions financières qui appuient Trans Mountain. Ils désinvestissent notamment de BMO, de RBC, de la Banque TD, de CIBC et de la Banque Scotia.

Robert Johnston, de la firme de consultation en risques politiques Eurasia Group, perçoit cette campagne comme étant gênante, mais pas menaçante. Il souligne toutefois que le réchauffement climatique, lui, constitue un enjeu qui pèse de plus en plus sur le plan financier.

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie renouvelable (IRENA), Adnan Amin, signale qu'investir dans d'imposantes infrastructures pour l'exploitation à long terme d'énergies fossiles représente un risque grandissant.

La décision d'investissement définitive de Kinder Morgan se fait toujours attendre, mais l'entreprise dit vouloir amorcer les travaux en septembre. Le projet d'expansion triplerait la capacité de l'oléoduc existant.

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