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Québec solidaire : les membres rejettent la convergence avec le PQ

Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé sont les nouveaux porte-parole de Québec solidaire.

Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé sont les nouveaux porte-parole de Québec solidaire.

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Radio-Canada

Les membres de Québec solidaire ont voté contre une éventuelle alliance avec le Parti québécois (PQ), alors qu'ils ont accepté d'ouvrir le dialogue sur une possible fusion avec Option nationale (ON) et de discuter d'un rapprochement avec le Parti vert.

Manon Massé, élue plus tôt dimanche comme porte-parole de Québec solidaire avec Gabriel Nadeau-Dubois, n'était pas surprise.

« Si les membres de QS expriment une méfiance envers le PQ, et bien ils ne sont pas les seuls. La population aussi, en général, indique de toutes sortes de façons au PQ qu’il n’est plus ce véhicule rassembleur », a-t-elle déclaré en point de presse.

Je pense que nos membres ne disent pas seulement ''non''' au Parti québécois, ils disent avant tout ''oui'' à Québec solidaire.

Manon Massé

La nouvelle porte-parole a ajouté que son parti est le seul qui peut voler des votes au Parti libéral du Québec (PLQ).

Gabriel Nadeau-Dubois a souligné le fait que QS ait tendu la main à Option nationale, aux mouvements sociaux, citoyens et écologistes du Québec. « On n’en a pas vu depuis longtemps au Québec un parti qui vise à rassembler les gens qui sont sérieux dans leur volonté de transformer la société québécoise […] c’est ça qui se dégage aujourd’hui, la volonté de créer ce grand mouvement politique », a-t-il dit.

Cette convergence aurait pris la forme d’un pacte électoral dans certaines circonscriptions en vue des élections générales de 2018 pour permettre à un candidat progressiste et indépendantiste d’être élu à la place d’un député du Parti libéral ou de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Après la journée d’aujourd’hui, on peut dire que Québec solidaire embarque dans une vague […] de renouveau politique où de plus en plus de gens veulent en finir avec la vieille manière de faire la politique.

Gabriel Nadeau-Dubois

Déception au PQ

Une dame aux cheveux bruns et aux yeux bruns est vêtue d'un chandail rose et se tient sur un podium.

La députée péquiste Véronique Hivon

Photo : Radio-Canada

Après avoir pris le temps de féliciter les nouveaux porte-parole, la députée péquiste de Joliette Véronique Hivon a déclaré en conférence de presse que le PQ était déçu par la décision des membres de QS. « Ce n’est pas la décision que nous souhaitions, mais surtout nous sommes convaincus que ce n’est pas la décision que les Québécois, la population attendait », a-t-elle dit.

Nous aurions aimé pouvoir offrir cette nouvelle voie, ce nouveau chemin, cette nouvelle manière de faire hors des cadres habituels aux Québécois, pour vraiment s’élever et défendre le bien commun et l’intérêt commun. Maintenant QS doit expliquer son choix.

La députée péquiste de Joliette Véronique Hivon

Elle a par ailleurs mentionné que Gabriel Nadeau-Dubois et Amir Khadir avaient déjà reconnu à plusieurs reprises cette volonté d'amorcer un dialogue avec le PQ.

Débat mouvementé

Le débat a retenu l'attention toute la fin de semaine, lors du congrès du parti. Même avant le vote, plusieurs militants avaient déjà manifesté leurs réserves.

Dalila Awada, une jeune femme portant le voile, a estimé qu'il s'agissait d'une « loterie risquée » puisque les communautés racisées pourraient perdre confiance en Québec solidaire s'il s'alliait au PQ, qui a tendance à aborder les questions identitaires, selon elle.

« Si on se fait confiance, on va avoir de belles surprises dans les prochaines années », a-t-elle assuré.

Marc-Olivier Cyr a pour sa part rappelé que le succès de la gauche dans le monde s'était fait à l'aide d'un discours « anti-establishment ». « Qui, au Québec, rêve la nuit de s'associer au Parti québécois? C'est tout sauf un rêve envoûtant », a-t-il lancé.

D'autres ont insisté sur le fait qu'il s'agissait d'une stratégie ponctuelle, le temps d'une élection, qui ne compromettait pas le parti.

« Il faut forcer un changement dans lequel on serait partie prenante. On troque le [mode de scrutin] proportionnel. On ne lie pas notre destin à celui du PQ. On fait une entente ponctuelle, le temps d'une élection », a déclaré Nima Machouf, qui est la femme du député Amir Khadir.

Le militant Jean-François Lessard a pour sa part incité les délégués à profiter de la « position de force » du parti pour entamer des pourparlers et faire avancer ses priorités.

Les délégués ont accepté d'ouvrir un dialogue sur une éventuelle fusion avec Option nationale. La foule a chaudement applaudi lorsqu'il a été annoncé que la proposition avait été adoptée. Les porte-parole se sont réjouis de la nouvelle.

« Les discussions partent bien. On a un beau mandat qui nous permet d'aller nous asseoir et de revenir auprès de nos membres à l'automne pour une proposition claire », a déclaré Manon Massé en mêlée de presse.

Nadeau-Dubois et Massé, porte-parole

Plus tôt dans la journée, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé sont devenus, sans grande surprise, les nouveaux porte-parole de Québec solidaire, lors du congrès du parti à Montréal. Ils ont insisté, dans leurs discours de victoire, sur le fait que leur parti se renouvelle.

J'en suis plus convaincu que jamais. Nous sommes déjà dans une nouvelle étape de notre histoire. Le petit parti d'hier doit devenir le grand parti de demain.

Gabriel Nadeau-Dubois

« Je suis très motivée [d'être] avec un gars avec qui, je suis certaine, nous saurons vous donner bien d'autres printemps », a ajouté Mme Massé, en rappelant le rôle majeur qu’a joué Gabriel Nadeau-Dubois durant la crise étudiante de 2012.

Gabriel Nadeau-Dubois a affirmé que Québec solidaire veut « gouverner le Québec de manière différente, de manière progressiste ». Toutefois, il faudra surmonter certains défis, notamment en région, pour démontrer que QS, qui a des élus seulement sur l'île de Montréal, est « réellement un parti d’envergure nationale ».

Il a aussi déclaré qu’il voulait faire de la formation politique de gauche un « mouvement » pour se distinguer des partis traditionnels. Il a cité l’exemple de Bernie Sanders, aux États-Unis, et de Jean-Luc Mélenchon, en France.

« Il y a des exemples autour de nous, d’acteurs politiques qui jusqu’à tout récemment étaient considérés comme des marginaux, comme des tiers partis et qui ont réussi à s’approcher du pouvoir parce qu’ils sont restés fidèles à leurs principes et parce qu’ils ont proposé un projet de société mobilisant », a-t-il dit.

Mme Massé, une militante de longue date du parti, a aussi exprimé sa volonté de faire de Québec solidaire « un parti du 21e siècle ».

Avec les informations de La Presse canadienne

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