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Î.-P.-É. : situation de crise dans le traitement des maladies mentales

Une femme atteinte de dépression.
À l'Île-du-Prince-Édouard, le personnel soignant en santé mentale doit gérer une situation de crise, selon la chef des services en santé mentale de la province. Photo: iStock

Les temps d'attente pour rencontrer un psychiatre sont très longs et le gouvernement n'investit pas au bon endroit, selon la chef des services en santé mentale de l'Île-du-Prince-Édouard.

L'unité des soins psychiatriques de la province déborde et les spécialistes se font rares. Le personnel soignant en santé mentale doit gérer une situation de crise.

« Nous n'avons pas de psychiatre en gérontologie. Alors c'est moi qui suis sur appel 24 heures sur 24 », affirme Heather Keizer, chef des services en santé mentale de l’Île-du-Prince-Édouard.

Mauvais investissement

Son constat : le traitement des maladies mentales est sous-financé. Et le gouvernement n'investit pas à la bonne place. « C'est comme planter un jardin, quand on doit éteindre des feux. »

Elle fait référence aux 400 000 dollars du gouvernement fédéral dédiés à la santé mentale qui seront utilisés dans le système scolaire. Avec cet investissement, la province souhaite embaucher des infirmières en santé publique dans les écoles. Heather Keizer voudrait plutôt miser sur une unité mobile d'intervention en cas de crise. « Cette unité pourrait agir sur plus d'un front, incluant dans le système scolaire. »

Heather Keizer montre son téléphone cellulaire pour expliquer qu'elle est sur appel 24 heures sur 24. L'unité des soins psychiatriques de la province déborde et les spécialistes se font rares, selon Heather Keizer, chef des services en santé mentale de l’Île-du-Prince-Édouard. Photo : Radio-Canada

Exagérer ses symptômes pour se faire soigner

Selon Josh Lewis, qui suit un traitement contre la dépression, le manque de ressources cause des délais inacceptables. Il est revenu dans sa province natale en 2015 après avoir vécu en Saskatchewan. Il a dû attendre deux ans avant de rencontrer un spécialiste et ajuster sa médication.

La seule manière d'avoir accès à un psychiatre a été de me rendre à l'urgence et d'exagérer mes symptômes. Je savais que mon cas n'aurait pas été jugé prioritaire.

Josh Lewis

Le recrutement : un long processus

Heather Keizer est bien consciente que les prochains mois présenteront des défis. Mais elle reste optimiste. « Nous vivons une situation difficile, lance-t-elle. Je dirais que dans le dernier mois, nous avons frappé un mur. La bonne nouvelle, c'est que nous recrutons de bons candidats. Mais c'est un processus qui prend du temps. »

Sur les réseaux sociaux, la grogne monte d'un cran. La page Facebook How Many Wade, en référence au premier ministre Wade MacLauchlan, diffuse depuis peu des témoignages contre l'inaction politique en santé mentale.

De son côté, la province dit explorer différentes options, incluant des unités mobiles d'intervention.

Selon le reportage de Jean-Luc Bouchard.

Île-du-Prince-Édouard

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