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Québec solidaire : divergences sur la convergence

Le reportage d'Hugo Lavallée

Alors que les militants de Québec solidaire sont appelés à se prononcer cette fin de semaine sur la convergence avec le Parti québécois, des divergences apparaissent entre le point de vue des militants du parti et celui de simples électeurs.

Un texte d'Hugo Lavallée

Jeudi soir, dans une brasserie de la circonscription de Gouin, à Montréal. La foule est jeune et éclectique. Peu de gens doutent ici de la victoire de Gabriel Nadeau-Dubois le 29 mai prochain, y compris parmi ceux qui n'ont pas l'intention de voter pour lui.

Pour dire vrai, l'élection partielle à venir dans une dizaine de jours ne semble pas passionner grand monde. C'est davantage celle qui aura lieu l'an prochain - générale cette fois celle-là - qui inspire les gens lorsqu'on leur tend le micro.

Alors que les membres de Québec solidaire sont sur le point de se prononcer sur l'épineuse question de la convergence avec le Parti québécois (PQ), plusieurs citoyens souhaitent un rapprochement entre les deux formations politiques, sans trop y croire.

« Battre les libéraux, c'est toujours une bonne idée », répète à deux reprises une jeune femme, visiblement exaspérée par le gouvernement Couillard.

« Je pense qu'ils ont beaucoup en commun. Il y a beaucoup de militants d'un parti qui sont passés de l'un à l'autre [...] C'est gagnant pour les deux », dit un homme un peu plus vieux, mais tout aussi découragé par l'état actuel de l'échiquier politique.

Plusieurs clients demeurent toutefois sceptiques. « Est-ce qu'ils vont être capables de laisser tomber les stratégies, les ego? Je ne sais pas », se demande un homme dans la trentaine. « Sérieusement ni d'un côté de l'autre, ils ne vont faire ce qu'ils ont à faire », déplore un autre, un peu plus jeune.

Les logos de Québec solidaire et du Parti québécoisLes logos de Québec solidaire et du Parti québécois Photo : Radio-Canada

Ce qui frappe surtout, c'est que les électeurs ne semblent pas accorder beaucoup d'importance aux différences – pourtant nombreuses – qui séparent le Parti québécois de Québec solidaire.

« C'est comme un couple, va même jusqu'à dire une jeune femme. [Il faut] faire des compromis dans son couple pour pouvoir arriver à une solution. C'est de savoir qui met de l'eau dans son vin pour avoir un programme dont les deux partis sont satisfaits. »

Contre le néolibéralisme

Ceux qui souhaitent voir la convergence réussir citent surtout des raisons d'ordre socio-économiques pour justifier leur position.

« Moi, j'en suis à dire : la destruction néolibérale, ça se fait à la vitesse grand V. [...] Il y a tellement de choses qui détruisent notre Québec comme on le connaît et on ne peut pas se permettre de continuer à ce que ce soit comme ça », explique une militante de Québec solidaire rencontrée le même jour dans le cadre d'une table ronde sur l'avenir du parti.

À l'évidence, ceux qui placent les questions socio-économiques au sommet de l'affiche estiment que le Parti québécois serait mieux placé que le Parti libéral pour défendre les valeurs qui leur sont chères.

Une question d'identité

À l'inverse, ceux qui expriment le plus de doutes sur l'opportunité de converger avec le PQ mettent de l'avant, pour justifier leur opinion, les positions défendues par le Parti québécois en matière d'identité. De leur point de vue, l'ennemi à abattre n'est pas tant le Parti libéral que la politique identitaire défendue par le PQ et la Coalition avenir Québec.

« Leur idée de l'ethnonationalisme et de la politique identitaire [...],ça me dégoûte franchement », déclare sans détour une autre militante rencontrée à la même occasion.

Des employés de Québec solidaire ont eux aussi noté la même dichotomie : la convergence semble disposer de meilleurs appuis en région, où on est d'abord et avant tout préoccupé par les questions socio-économiques, qu'à Montréal, où d'autres enjeux, comme la politique identitaire, brouillent les cartes.

Pendant ce temps, les simples électeurs paraissent plus intéressés par l'issue du congrès de Québec solidaire, et du vote sur la convergence, que par celle de l'élection dans Gouin.

« Pour gagner, il faut gagner ensemble, sinon on va perdre ensemble. Et perdre ensemble, on l'a déjà fait plusieurs fois », résume un homme dans la trentaine. Visiblement désabusé, malgré son âge. Il dit tout de même garder espoir.

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