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La Suède abandonne l'enquête pour viol contre Julian Assange

La justice suédoise a annoncé le 19 mai 2017 l'abandon de l'enquête préliminaire sur les accusations de viol visant Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks.

Photo : Twitter

Radio-Canada

La justice suédoise a annoncé vendredi l'abandon de l'enquête préliminaire pour viol contre Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks. Cette décision met fin à une saga judiciaire qui durait depuis 2010.

« La procureure en chef Marianne Ny a décidé aujourd'hui de classer sans suite l'enquête pour viol présumé concernant Julian Assange », a annoncé le service des procureurs suédois dans un communiqué.

Selon un extrait de la décision de la magistrate, citée par l'agence de presse suédoise TT, la longueur de la procédure explique l’abandon de l'enquête.

Toutes les possibilités pour faire avancer l'enquête ont été épuisées.

Marianne Ny, procureure en chef de la justice suédoise

« Il n'apparaît plus proportionné de maintenir la demande de placement en détention provisoire par défaut de Julian Assange ni le mandat d'arrêt européen », mentionne-t-elle.

La procureure en chef de la justice suédoise, Marianne Ny

La procureure en chef de la justice suédoise, Marianne Ny, en conférence de presse vendredi à Stockholm.

Photo : Reuters

Julian Assange, un Australien de 45 ans, vit reclus dans l'ambassade de l'Équateur à Londres depuis le 19 juin 2012.

Il espérait ainsi échapper à un mandat d'arrêt européen lancé par la Suède. Il a toujours nié les accusations de viol portées contre lui en août 2010 par une Suédoise d'une trentaine d'années.

Le lanceur d’alerte a atteint le statut de célébrité mondiale après avoir divulgué sur WikiLeaks en 2010 des centaines de milliers de documents confidentiels concernant les guerres en Irak et en Afghanistan qui ont placé l’administration américaine dans l’embarras.

La source de Julian Assange, le soldat Bradley Manning devenu depuis Chelsea Manning, a été relâchée cette semaine aprè avoir purgé sept des 35 années de sa peine de prison.

L’ancien président des États-Unis Barack Obama l’avait graciée quelques jours avant de quitter la Maison-Blanche.

« Je ne pardonne pas et je n'oublie pas »

Julian Assange assure qu'il « ne pardonne pas et n'oublie pas » d'avoir été « détenu pendant sept ans » dont cinq à l'ambassade d’Équateur à Londres, dans un message diffusé sur Twitter vendredi.

Détenu pendant sept ans sans accusation pendant que mes enfants grandissaient et que mon nom était diffamé. Je ne pardonne pas et je n'oublie pas.

Julian Assange, fondateur de WikiLeaks

Il a aussi publié sur Twitter une photo d'archive de lui-même tout sourire.

L’avocat suédois de M. Assange, Per Samuelsson, a déclaré à l'agence de presse TT qu’il s’agit d’une « victoire totale » pour son client.

« Il est libre de quitter l'ambassade quand il veut. [...] Il est naturellement heureux et soulagé. Mais il critique le fait que cela ait duré aussi longtemps », a-t-il dit.

Un autre de ses avocats, Juan Branco, a avancé que M. Assange pourrait demander à la France de lui accorder l'asile politique.

Dans un communiqué, le juriste explique que son client est « le seul prisonnier politique officiellement reconnu par l'ONU en Europe de l'Ouest » et appelle le président français Emmanuel Macron à intervenir politiquement afin de lui offrir l'asile politique.

Julian Assange, la star dans l'ombre 

« Prêt à discuter avec Londres et Washington »

M. Assange a refusé d'être extradé vers la Suède de peur d'être ensuite extradé vers les États-Unis, où il risque d'être poursuivi pour la publication de documents militaires et diplomatiques confidentiels sur WikiLeaks.

Il s’est toutefois dit prêt à entamer des discussions avec Londres et Washington.

« Mes avocats ont contacté les autorités britanniques et nous espérons engager un dialogue qui nous conduira sur la meilleure voie à suivre », a-t-il déclaré en levant le poing en signe de victoire, lors d'une allocution sur le balcon de l'ambassade d'Équateur à Londres.

Même si des propos très menaçants ont été prononcés à mon égard, je suis toujours enchanté d'engager un dialogue avec le département de la Justice (des États-Unis) sur ce qu'il s'est passé.

Julian Assange

Le ministre de la Justice des États-Unis, Jeff Sessions, a en effet déclaré à la fin d'avril que l’arrestation du fondateur de WikiLeaks est une « priorité » de l'administration Trump.

Des médias américains ont aussi affirmé que Washington serait en train d'établir des chefs d'inculpation en vue de son arrestation.

De son côté, la police britannique se dit « obligée » d'arrêter Julian Assange s'il sort de l'ambassade parce qu’il a transgressé en 2012 les conditions de sa liberté sous caution au Royaume-Uni.

« Maintenant que les autorités suédoises ont abandonné leur enquête, M. Assange reste recherché pour un délit bien moins grave. La police londonienne fournira des moyens proportionnels à ce délit », dit-elle dans un communiqué.

La plaignante « choquée »

La femme qui accuse Julian Assange de viol considère l'abandon des poursuites comme « un scandale ». Elle se dit « choquée » et maintient ses accusations, affirme son avocate Elisabeth Fritz.

Aucune décision pour classer l'affaire ne peut changer le fait qu'Assange a commis sur elle un viol.

Elisabeth Fritz, avocate de la plaignante

« C'est un scandale qu'un violeur présumé puisse échapper à la Justice et par là éviter les tribunaux », a déclaré l'avocate dans un courriel envoyé à l'Agence France-Presse.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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