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Analyse : vers un Parti conservateur uni en Alberta

Jason Kenney et Brian Jean

Jason Kenney et Brian Jean se serrent la main après avoir signé l’accord de fusion entre leurs deux partis.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'opposition officielle, le Wildrose, et l'ancien parti au pouvoir en Alberta, le Parti progressiste-conservateur (PPC), ont conclu un accord pour unir les deux partis. Mais le chemin vers la création du Parti conservateur uni en Alberta sera ardu et comportera son lot d'embûches. Voici l'analyse qu'en font des experts.

Un texte de Mario De Ciccio

La mission d’unir la droite albertaine se poursuit pour Jason Kenney et se concrétise de plus en plus. Il a réussi son premier pari en devenant chef du Parti progressiste-conservateur de l'Alberta et vient maintenant de signer un accord d'union avec le chef du Wildrose, Brian Jean.

Un accord qui n’a pas surpris des experts du monde politique albertain.

Duane Bratt
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Duane Bratt est professeur de science politique de l’Université Mount-Royal

Photo : Radio-Canada

« Je n’avais aucun doute que les deux partis allaient en venir à une entente », dit le professeur de sciences politiques de l’Université Mount Royal, de Calgary, Duane Bratt. « Il y a eu beaucoup de conflits entre le Wildrose et le PPC, mais ils ont à présent un ennemi commun. Cet ennemi, c’est le NPD. »

Selon lui, les deux partis détestent énormément les politiques du gouvernement de Rachel Notley, comme celles de la taxe carbone, l’élimination du charbon et l’augmentation de l’impôt sur les grandes entreprises.

Frédéric Boily, professeur de sciences politiques au Campus Saint-Jean, à Edmonton, s’attendait aussi à ce dénouement, mais croyait que cela allait prendre un peu plus de temps.

« Ce n’est pas simple, le projet que M. Kenney propose » explique-t-il. « Compte tenu notamment de tout ce qui s’est passé auparavant, c’est-à-dire lorsque Danielle Smith et les députés du Wildrose ont quitté [leur parti] pour les progressistes-conservateurs, la fracture qui s’était produite était très importante, et donc, qu’on parvienne assez rapidement à cette entente, c’est de bon augure pour la droite. »

La ratification de l’entente

Malgré l’entente entre les deux hommes politiques, le parti n’est pas encore créé. Les deux chefs doivent maintenant convaincre les membres de leurs partis respectifs de ratifier l’accord avant le 22 juillet.

Pour que le plan soit adopté, il faudra que 75 % des membres du Wildrose votent pour l'union et que les progressistes-conservateurs en viennent à une majorité de 50 % des voix plus une. Une chose qui devrait se faire sans problème, selon Duane Bratt.

Une fois l’accord ratifié, le nouveau parti devra choisir un nouveau chef. Brian Jean et Jason Kenney ont tous deux déjà dit vouloir se présenter.

Frédéric Boily
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Frédéric Boily est professeur de sciences politiques au Campus Saint-Jean

Photo : Radio-Canada

« On a là deux personnalités », affirme Frédéric Boily. « Brian Jean, qui a très bien fait pour le Wildrose et qui a permis de maintenir cette formation politique en bon état et, d’un autre côté, Jason Kenney, qui avec tout son potentiel développé sur la scène politique fédérale vient sur la scène politique provinciale, non pas pour être dans l'ombre ou jouer un second rôle, mais pour être le premier. »

Duane Bratt considère aussi que les deux hommes politiques sont deux grands noms du paysage politique albertain. Il donne toutefois un avantage à Jason Kenney.

« Je considère Jason Kenney comme étant un membre du Wildrose qui a remporté la direction du PPC », explique-t-il, faisant référence à ses idées plus conservatrices. « Au sein du gouvernement conservateur de Stephen Harper, Brian Jean était un député d’arrière-plan, alors que Jason Kenney était un lieutenant [expérimenté]. »

Il n’enlève toutefois pas ses chances à Brian Jean, qu’il voit comme étant un homme aimé du public conservateur grâce à son travail au sein du parti et à sa vie personnelle.

Vaincre le NPD?

Les trois chefs des principaux partis politiques en Alberta
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Les trois chefs des principaux partis politiques en Alberta

Photo : Radio-Canada

La vraie mission d’un Parti conservateur uni serait de détrôner le gouvernement majoritaire néo-démocrate de Rachel Notley.

Ce sera sa raison d’être, et la première ministre a de quoi se méfier, selon Frédéric Boily. « L’avantage qu’elle avait sur la scène politique albertaine, c’était cette division de la droite », dit-il. Là, elle se retrouverait avec une formation de la droite beaucoup plus solide, déjà dans les régions, mais aussi à Calgary. »

« Même sans une droite unie, Rachel Notley est déjà en danger »

— Une citation de  Duane Bratt, professeur de sciences politiques de l’Université Mount Royal

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