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Une image noir et rouge avec un signe de dollar qui représente le système de paye Phénix.

Le système de paye Phénix

Photo : Radio-Canada / Isabelle Plamondon

Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le système de paye Phénix a tellement connu de problèmes depuis son implantation, au printemps 2016, que certains fonctionnaires se sont surpris à souhaiter un retour à l'ancien système de paye. Même si, au premier abord, cela semble une bonne idée, un retour à l'ancien système n'est pas du tout souhaitable, selon certains experts avec qui nous avons discuté de la question.

Phénix pour plusieurs fonctionnaires est synonyme de douleur, d'échec et de frustration. Le système de paye qu'il remplace, toutefois, comportait son lot de difficultés et de misères.

Le Système régional de paye, cela vous dit quelque chose? C'est l'ancienne plateforme sur laquelle se basaient les quelque 100 ministères et organismes fédéraux pour payer leurs employés.

Cet ancien système, vieux de 40 ans, fournissait un service de paye à plus de 300 000 employés et gérait plus de 100 conventions collectives différentes.

Un tableau décrivant les principales caractéristiques de l'ancien système de paye du gouvernement fédéral.
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Les principales caractéristiques de l'ancien système de paye du gouvernement fédéral.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Plamondon

« Le système fonctionnait, mais il était à la fin de sa vie utile », rappelle Louis Martin, professeur et directeur des programmes en Génie logiciel à l'UQAM. « Le système était très exigeant en main d'oeuvre et était basé sur une technologie désuète, de plus en plus difficile à entretenir. »

De plus, le Système régional de paye faisait plusieurs erreurs comptables qui coûtaient un bras au gouvernement.

« Dans l'ancien système, il y avait régulièrement des paiements qui étaient faits en trop », souligne le professeur Martin. « On parle de 15 millions de dollars de payer en trop à la fin de 2013, 20 millions à la fin de 2014 et 14 millions à la fin de 2015. »

« C'était un système vieillissant qui demandait beaucoup de saisies de données à un seul endroit pour faire les choses correctement », résume-t-il. « Il fallait avoir une très bonne connaissance des forces et des faiblesses du système [de manière à le contourner| pour qu'il fasse ce qui devait être fait. »

« Il n'y a pas de système parfait! »

— Une citation de  Louis Martin, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Le système régional de paye était complexe. Il n'était pas parfait, mais au moins, il fonctionnait... c'est peut-être ce que regrettent certains fonctionnaires qui aimeraient retourner en arrière.

« Le Système régional de paye comportait un certain nombre de problèmes, mais au moins ces problèmes étaient connus », admet Louis Martin.

« C'est comme une commode dont le tiroir ne ferme pas. On s'habitue aux défauts. »

Au moins une douzaine de fonctionnaires en faillite
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La faillite chez les fonctionnaires

Photo : Radio-Canada

Un changement inévitable

Compte tenu des nombreux problèmes de l'ancien système de paye, le gouvernement n'a pas eu le choix de migrer vers autre chose. Ce choix s'est arrêté sur le système Phénix.

« Dans ma compréhension des choses, on ne peut pas dire que Phénix est un mauvais choix. »

— Une citation de  Louis Martin, Université du Québec à Montréal (UQAM)

« Je pense que Phénix était un bon choix. J'ai l'impression que les responsables du gouvernement ont dû faire des analyses et le choix de base me semble correct », indique Jean-Pierre Aubry, économiste et fellow associé au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO).

Un tableau décrivant les caractéristiques du système de paye Phénix.
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Les caractéristiques du système de paye Phénix

Photo : Radio-Canada / Isabelle Plamondon

Le problème souligne-t-il, ce n'est pas le logiciel, mais la gestion du projet de transition. Le gouvernement a voulu aller vite et faire ça à faible coût, alors que l'ampleur de la tâche nécessitait de prendre tout son temps.

« On aurait pu intégrer ça au fur et à mesure. On semble avoir décidé de faire un Grand Débarquement, un jour J, où tout le monde embarque [presque en même temps] », dit-il.

« C'est incroyable les risques qu'on a pris! »

— Une citation de  Jean-Pierre Aubry, Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO)

De plus, le gouvernement a laissé aller une main d'oeuvre clé. Des centaines de fonctionnaires qualifiés en rémunération de personnel ont été presque forcés de prendre leur retraite.

Cette expertise aurait dû être là pour aider à régler des problèmes, vérifier des calculs et rectifier le tir, estime l'économiste, qui a été sept ans contrôleur de la Banque du Canada.

« On a laissé ça à une gang de néophytes qui ne connaissaient pas trop la rémunération... et le volume de la tâche était énorme », déplore M. Aubry.

« Le problème, c'est que le système peut être parfait, mais si les gens qui mettent l'information dedans le font tout croche, cela donne des résultats tout croche. »

« On est parti presque de zéro! C'est complexe, la rémunération. Il y a des centaines de programmes, des gens avec différentes situations, des contrats, ce n'est pas simple! »

— Une citation de  Jean-Pierre Aubry, Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO)

Malheureusement pour les quelques fonctionnaires nostalgiques qui aimeraient retrouver l'ancien système de paye, le gouvernement ne pense pas revenir en arrière. Et pour M. Aubry, c'est une bonne chose.

« Revenir en arrière avec les vieux systèmes, c'est impossible, notamment parce qu'il y a bien du monde de parti », indique-t-il. « Il faudra prendre sa pilule! »

« Il faut que le gouvernement corrige, teste, corrige et teste de nouveau jusqu'à temps qu'il atteigne les niveaux de performances désirés. » Un exercice qui peut prendre plusieurs années.

Qu'on le veuille ou non, conclut-il, Phénix est là pour rester.

La feuille d'érable du drapeau canadien avec, en fond, une calculatrice, un stylo et des formulaires de comptabilité.

Le système de paye du gouvernement fédéral canadien.

Photo : Radio-Canada

On embauche!

Le ministère des Services publics et de l'Approvisionnement a lancé cette semaine une nouvelle ronde d'embauche pour aider à régler les nombreux problèmes liés au système de paye Phénix.

Ces nouvelles embauches aideront également le gouvernement à mettre en place les dispositions des nouvelles conventions collectives qui devront être appliquées rétroactivement. Le ministère a lancé une ronde d'embauche pour des contrats d'environ six semaines.

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